Questions pratiques
Lois de la priere de rattrapage
Réponse
Il n'est possible d'accomplir la prière de rattrapage (tachloumin) que durant la période de la prière suivante, qui lui est immédiatement adjacente. Par exemple, si quelqu'un n'a pas prié Arvit et que, le lendemain, il a tardé à prier Chaharit jusqu'à ce que quatre heures soient passées, il peut encore accomplir la prière de rattrapage jusqu'à midi. Idéalement, il faut veiller à ce que la prière de rattrapage soit accomplie immédiatement après la prière obligatoire, en ne faisant qu'une courte pause équivalente à la marche de quatre coudées. Si, après avoir accompli la prière obligatoire, la personne est partie à ses occupations, ou a mangé et bu, puis souhaite ensuite accomplir la prière de rattrapage, si le temps de cette prière n'est pas encore écoulé (par exemple, il n'a pas prié Minha, a prié Arvit au début de la nuit, et souhaite ensuite, après plusieurs heures dans la nuit, accomplir la prière de rattrapage pour Minha), il devra alors prier la prière de rattrapage en formulant au préalable une condition de prière volontaire (nedava) : il dira « Si je suis tenu de rattraper, que cette prière soit considérée comme obligatoire, sinon qu'elle soit considérée comme une prière volontaire. » Cependant, si la personne est encore engagée dans la prière et les supplications, comme dans le cas où elle n'a pas prié Minha et qu'à Arvit elle officie comme chaliah tsibour et, pour ne pas faire attendre l'assemblée, souhaite terminer toute la prière et les kaddichim avant d'accomplir la prière de rattrapage pour Minha, il lui est permis de procéder ainsi même a priori, sans avoir à formuler la condition de prière volontaire. Il en va de même pour tout particulier qui retarde la prière de rattrapage pour Minha afin d'entendre les kaddichim qui suivent la Amida de Arvit : il est autorisé à agir ainsi.
Réponse
Certains avis estiment que la prière de rattrapage (tachloumin) ne s'applique qu'à la prière immédiatement précédente. Ainsi, si quelqu'un a été empêché et n'a pas prié ni Chaharit ni Minha, il priera seulement deux fois lors de Arvit : la première pour Arvit et la seconde en rattrapage de Minha. Mais il ne pourra pas rattraper Chaharit, car son temps est déjà passé. Il en va de même pour les autres prières. D'autres opinions divergent. En pratique, il est recommandé, après avoir prié la prière de rattrapage de la prière la plus proche, de compléter également les prières plus anciennes à titre de nedava, et d'y introduire un élément nouveau. Si quelqu'un a déjà prié Arvit mais n'a pas encore fait le rattrapage de Minha et a commencé à manger, il est correct d'interrompre son repas et de prier la prière de rattrapage à titre de nedava, afin de rapprocher autant que possible la prière de rattrapage de la prière principale.
Réponse
Si quelqu'un a commis une erreur ou a été empêché et n'a pas prié la minha la veille de Chabbat, il devra prier deux fois la arvit de Chabbat : la première pour la arvit et la seconde en rattrapage pour la minha. Si cette personne est chaliah tsibour pour la arvit de la nuit de Chabbat, il devra avoir l'intention de s'acquitter de l'obligation de rattrapage de la minha lors de la berakha me'en cheva, et il sera ainsi quitte de son obligation. Mais un particulier qui a oublié de prier la minha la veille de Chabbat, a priori, ne devra pas avoir l'intention de s'acquitter par la berakha me'en cheva qu'il entend du chaliah tsibour, mais devra prier une seconde fois la arvit de la nuit de Chabbat en rattrapage pour la minha. Toutefois, a posteriori, s'il a eu l'intention de s'acquitter par la berakha me'en cheva, et que le chaliah tsibour a également eu cette intention de l'acquitter, il est quitte de son obligation de rattrapage de la minha, car la règle du rattrapage est comme celle de la arvit qui est facultative, et il est valable de s'acquitter par la berakha me'en cheva.
Réponse
Si quelqu'un a omis ou a été empêché de prier Arvit le vendredi soir, il devra réciter deux Amida lors de Chaharit du Chabbat, et dans les deux il dira "Yismah Moché". Si, par erreur, il a dit dans l'une d'elles, que ce soit la première ou la seconde, "Ata Kidashta", il est quitte. A plus forte raison, s'il a dit "Ata Kidashta" dans les deux, car celui qui se trompe dans les prières du Chabbat et échange l'une avec l'autre est quitte. De même, si quelqu'un a omis ou a été empêché de prier Chaharit du Chabbat, il devra réciter deux Amida lors de Minha et dire dans les deux "Ata Ehad". S'il s'est trompé et a dit dans l'une ou dans les deux "Yismah Moché" ou "Ata Kidashta", il est quitte.
Réponse
Celui qui a omis ou a été empêché de prier Minha le Chabbat doit prier deux fois la Amida de semaine lors de la sortie de Chabbat, c'est-à-dire à Arvit. Il doit dire la havdala (le passage "Ata honantanu") dans la bénédiction de "Honen hadaat" lors de la première prière, qui est la prière principale d'Arvit. Dans la seconde prière, qui est celle de rattrapage pour Minha, il ne dira pas "Ata honantanu". Si toutefois il a mentionné la havdala dans les deux prières, ou s'il ne l'a pas dite dans aucune des deux, il est quitte, et il pourra compter sur la havdala qu'il fera sur le verre de vin. Ainsi, s'il a oublié de mentionner la havdala dans la première prière, il ne devra pas la mentionner dans la seconde. Si, par erreur, il n'a pas dit la havdala dans la première prière et l'a dite dans la seconde, cela montre qu'il considère la première comme la prière de rattrapage et la seconde comme la prière principale d'Arvit. Dans ce cas, puisqu'il a inversé l'ordre, il n'est pas quitte de la prière de rattrapage et devra prier une troisième fois pour rattraper Minha. Cependant, s'il a eu explicitement l'intention que la première prière soit Arvit et la seconde la prière de rattrapage, mais qu'il s'est trompé en ne disant pas la havdala dans la première et l'a dite dans la seconde, il n'a pas besoin de recommencer à prier.
Réponse
Si quelqu'un a oublié de dire Ata Honantanu dans la tefila et a goûté à quelque chose avant de faire la havdala sur le vin, certains estiment qu'il doit recommencer la tefila afin d'inclure la havdala dans la prière. C'est également l'avis du Choulhan Aroukh. D'autres sont en désaccord, et il est possible que ce soit aussi l'opinion du Rambam. Même s'il ne faut pas s'écarter de la décision du Choulhan Aroukh, lorsqu'on recommence la prière, il est préférable de formuler une condition de nedava : si la répétition n'est pas nécessaire, la prière sera considérée comme une prière volontaire. Il semble que si quelqu'un n'a pas prié Minha le Chabbat, et qu'il vient prier deux Arvit le samedi soir, mais qu'il a oublié de dire Ata Honantanu dans la première prière (qui correspond à Arvit), puis a fait la prière de rattrapage sans dire Ata Honantanu, et ensuite a goûté à quelque chose avant de faire la havdala sur le vin, il devra seulement recommencer la prière de Arvit en y incluant Ata Honantanu, sans avoir besoin de refaire également la prière de rattrapage. Même si, rétrospectivement, il s'avère qu'il a fait la prière de rattrapage avant la prière de Arvit, du moment qu'au moment où il a fait la prière de rattrapage il aurait pu s'acquitter de la havdala en la faisant sur le vin, mais qu'il s'est trompé et a goûté avant, il n'a pas à refaire la prière de rattrapage.
Réponse
Si quelqu'un a omis ou a été empêché de prier Arvit à la sortie de Chabbat, il devra réciter deux fois la Chaharit. Il n'est pas nécessaire d'inclure la mention de la Havdala dans la Amida, ni dans la première ni dans la seconde, à condition qu'il ait déjà fait la Havdala sur une coupe de vin. Cependant, s'il n'a pas encore fait la Havdala sur la coupe, il devra dire "Ata Honantanu" dans la prière de rattrapage d'Arvit.
Réponse
Si quelqu'un a oublié de prier Minha la veille de Roch Hodech, il devra prier deux fois Arvit le soir de Roch Hodech, et il devra mentionner "Yaale véyavo" dans les deux prières. Si "Yaale véyavo" n'a pas été mentionné dans les deux prières, ou s'il ne l'a pas mentionné dans la seconde prière, il est quitte de son obligation. Mais si "Yaale véyavo" a été mentionné dans la seconde prière et non dans la première, selon la stricte loi il n'est pas nécessaire de recommencer la prière. Toutefois, il est préférable de refaire la prière de rattrapage en formulant une condition de nedava : il dira "si je suis tenu de recommencer, que cette prière soit pour l'obligation, sinon qu'elle soit considérée comme une prière volontaire".
Réponse
Si quelqu'un a été empêché et n'a pas prié Arvit la veille de Roch Hodech, puis a rattrapé la Arvit manquée lors de Chaharit en récitant une deuxième Amida, mais a oublié d'y dire Yaale Véyavo, il convient de recommencer la prière à condition de nedava (prière facultative). Si Roch Hodech dure deux jours, et que l'on a oublié de prier Minha le premier jour, puis a récité deux Arvit le soir suivant pour rattraper, mais a omis de mentionner Roch Hodech dans la prière de rattrapage, on ne recommence pas, même s'il s'agit d'une prière de rattrapage pour Minha où, en cas d'oubli, on aurait dû recommencer. En effet, la prière de rattrapage ne peut pas être plus exigeante que la prière principale, et donc on ne recommence pas.
Réponse
Si quelqu'un a oublié ou a été empêché de prier Minha, puis a prié Arvit deux fois, et qu'après avoir terminé la deuxième prière il se souvient qu'il a oublié de demander tal ou matar dans la bénédiction des années (birkat hachanim) lors de la première prière, il doit recommencer la prière. Certains disent que même la deuxième prière, qui était pour rattraper, ne compte pas, car s'il ne recommence que la première prière, il se trouve qu'il a précédé la prière de rattrapage à la prière obligatoire du moment. D'autres pensent qu'il n'a besoin de recommencer que la première prière dans laquelle il s'est trompé. Et c'est cela la règle principale. Toutefois, il peut aussi prier la prière de rattrapage en posant explicitement une condition de nedava.
Réponse
Si quelqu'un a oublié de mentionner "Yaale véyavo" lors de la prière de Min'ha de Roch Hodech et ne s'en rend compte que le soir, après la sortie de Roch Hodech, il existe une divergence parmi les décisionnaires. Certains estiment qu'il est considéré comme s'il n'avait pas du tout prié et qu'il doit donc réciter la Amida de Arvit deux fois. D'autres pensent que, puisqu'il a prié mais a simplement omis la mention de l'événement, la prière supplémentaire du soir ne servirait à rien et il n'y a donc pas de rattrapage à faire. En pratique, il convient de faire une condition de nedava : il dira que si je suis tenu de refaire la prière, celle-ci sera pour m'acquitter de mon obligation, et sinon, elle sera considérée comme une prière volontaire (nedava). De même, si quelqu'un s'est trompé lors de la prière de Min'ha de Chabbat et a récité la prière des jours de semaine sans mentionner Chabbat, puis s'en rend compte après la sortie de Chabbat, il récitera la Amida de Arvit deux fois, en mentionnant la havdala dans la première et pas dans la seconde, et il fera également la condition de nedava.
Réponse
Si Roch Hodech dure deux jours et que l’on a oublié de mentionner Yaale véyavo lors de la prière de Minha du premier jour de Roch Hodech, selon tous les avis, il faut alors prier deux fois Arvit du Roch Hodech, en disant Yaale véyavo dans les deux prières.
Réponse
Si Roch Hodech tombe un vendredi et que l’on a oublié de dire Yaale véyavo à Min’ha, puis que l’on s’en souvient le soir de Chabbat, ou après avoir répondu Barékhou lors de l’acceptation de Chabbat, il n’est pas possible de réciter la prière de rattrapage (tefilat tachloumin) pour Min’ha de Roch Hodech après la sortie de Roch Hodech, sauf à la condition de la considérer comme une prière volontaire (nedava), comme cela a été expliqué plus haut. Or, il est établi dans les propos du Rambam au nom des Gueonim qu’il est interdit de réciter une prière volontaire les jours de Chabbat et de fête, car on n’y offre que les sacrifices obligatoires du jour. C’est également la décision du Maran dans le Choulhan Aroukh. Par conséquent, on ne fera pas de prière de rattrapage, mais il orientera son intention lors de la bénédiction Me’ein Chéva qu’il entend du chalia’h tsibour, et cela suffira.
Réponse
Si quelqu'un a oublié de demander la pluie et la rosée (tal oumatar) dans la bénédiction des années lors de la prière de minha la veille de Chabbat, et qu'il s'en souvient le soir de Chabbat, il ne peut pas réciter deux fois la arvit de Chabbat. En effet, on ne mentionne pas tal oumatar dans les prières de Chabbat, et il ne gagnerait donc rien à prier deux fois arvit. De plus, il n'est pas possible de prier une prière supplémentaire à titre de don volontaire (nedava) pendant Chabbat. Par conséquent, il devra se concentrer lors de la bénédiction "me'ein cheva" que le chaliah tsibour récite, et cela suffira.
Réponse
Celui qui a oublié de dire Yaale Véyavo lors de la minha du dernier jour de Hol Hamoed Soukot, alors que la nuit suivante est Chemini Atseret, ne doit pas réciter la tefila de rattrapage (tachloumin) pour minha pendant la nuit de Yom Tov, car il n'y a pas de nedava le jour de fête. Cependant, la veille du septième jour de Pessah, puisque dans la tefila de Yom Tov on mentionne "ce jour de la fête des matsot" dans Yaale Véyavo, il y a un intérêt à réciter la tefila de rattrapage la nuit de Yom Tov, car cela permet de réparer l'omission de la mention de Yaale Véyavo à minha, en rapport avec l'événement du jour.
Réponse
Si quelqu'un se trompe dans sa tefila et mentionne un événement propre à d'autres jours à un moment inapproprié, par exemple s'il pense que Roch Hodech dure deux jours alors qu'il n'y en a qu'un, et qu'il dit "Yaale véyavo" le deuxième jour qui est en réalité un jour de semaine, puis termine sa tefila, certains estiment que cela constitue une interruption et qu'il doit recommencer la tefila. D'autres pensent que ce n'est pas considéré comme une interruption, que ce soit dans la tefila habituelle ou dans la tefila de rattrapage (tefilat tachloumin). En pratique, s'il s'en rend compte après, par exemple au milieu de "Modim" ou "Sim Chalom", il terminera sa tefila, et s'il souhaite satisfaire tous les avis, il pourra recommencer la tefila à condition de la faire à titre volontaire (nedava). En cas de doute parmi les décisionnaires sur la validité de la tefila, il est permis même de nos jours de refaire la tefila à titre de nedava sous condition. De même, s'il s'en rend compte après avoir terminé la tefila et qu'il a mentionné "Yaale véyavo" un jour de semaine, il recommencera la tefila à titre de nedava sous condition, comme expliqué plus haut. Si cela s'est produit dans la tefilat tachloumin, où il a mentionné un événement d'autres jours, il ne recommencera pas la tefila.
Réponse
Tout ce qui a été dit concerne le cas où l’on a mentionné l’événement particulier d’un autre jour dans la prière. Mais si l’on a mentionné l’événement du jour même à un autre endroit de la prière, par exemple si l’on a dit Al Hanissim pendant Hanouka ou Pourim dans la bénédiction de Avoda au lieu de l’endroit habituel, et que l’on a terminé la prière, selon tous les avis cela n’est pas considéré comme une interruption et il n’est pas nécessaire de recommencer la prière. Si l’on s’en souvient pendant Modim, on doit alors redire Al Hanissim à sa place. Si l’on s’est trompé à Chaharit ou à Minha de Roch Hodech et que l’on a dit Yaalé Véyavo dans Choméa Tefila, ou que l’on a dit Yaalé Véyavo à la place où l’on dit Al Hanissim, on n’est pas quitte et il faut recommencer et dire Yaalé Véyavo à l’endroit fixé par les Hakhamim, avant Retse.
Particulier qui recite la Kedousha avec le Chaliah Tsibour
Réponse
Celui qui récite la Amida en même temps que la répétition de l'officiant, lorsqu'il arrive à la fin de la bénédiction « Mehayé hametim », dit avec l'officiant tout le texte de la Kedoucha, « Nekadishakh ve-na'aritsakh » et ainsi de suite, jusqu'à la fin de la Kedoucha. Il en est de même pour celui qui prie Mousaf en même temps que la répétition de l'officiant : il dira avec lui « Keter yitnou lekha » jusqu'à la fin. Il en est de même pour celui qui prie la Amida avec un autre minyan, et qui, en arrivant à la fin de la bénédiction « Mehayé hametim », entend la Kedoucha d'un autre minyan, il répondra avec eux, même s'il va dire la Kedoucha plus tard lors de la répétition de l'officiant, ou s'il l'a déjà dite auparavant. Malgré tout, il doit s'interrompre et dire la Kedoucha avec l'assemblée.
Réponse
En revanche, si l'on prie Chaharit et qu'à la fin de la bénédiction « Mehayé hametim » on entend d'un autre minyan la Kedoucha de Mousaf, « Keter yitnou lekha » et ainsi de suite, il n'est pas permis de s'interrompre pour la dire avec eux, car toutes les Kedoucha ne sont pas identiques. Il faut alors se taire et avoir l'intention sur ce que dit l'officiant, car écouter équivaut à répondre. A plus forte raison, si l'on entend la Kedoucha de Yotser ou celle de « Ouva leTsion », il n'est pas permis de s'interrompre pour répondre avec l'assemblée.
Réponse
De même, celui qui prie Arvit avant la nuit, après le plag haminha, et qui, en arrivant à la fin de la bénédiction « Mehayé hametim », entend la Kedoucha de Minha, n'est pas autorisé à s'interrompre pour répondre avec eux. Il doit se taire, écouter et avoir l'intention sur ce que dit l'officiant.

