Questions pratiques
Le principal acquitte l’accessoire
Réponse
Lorsqu'on mange un plat ou du riz, et qu'il y a dans l'assiette un morceau de poulet, ou un schnitzel, ou de la viande, si la viande est mélangée avec le riz, elle est considérée comme secondaire par rapport au riz, et on ne fait la berakha que sur le riz. Ceci est d'autant plus vrai si les deux ont été cuits ensemble dans la même marmite. Mais si la viande est posée séparément sur le côté de l'assiette, et qu'on la mange ensuite seule, sans le riz, on fera également la berakha sur la viande, surtout si elle a été cuite dans une autre marmite. Si l'on mange du riz mélangé avec des pois, ou du riz avec des carottes et des raisins secs, on ne fait que la berakha "Boré miné mezonot". De même, si l'on mange du riz avec un cornichon ou des olives confites, et que l'on mange le cornichon en même temps que le riz, on ne fait pas de berakha sur le cornichon, car il est considéré comme secondaire. Mais si l'on mange le cornichon ensuite, seul, sans en avoir mangé avec le riz, il n'est pas considéré comme secondaire et on fera sur lui la berakha "Boré péri haadama", et sur les olives "Boré péri haets". Cela, tant que la consommation du cornichon n'a pas pour but de neutraliser le goût du riz, car dans ce cas il serait considéré comme secondaire.
Réponse
Il a déjà été expliqué que si l'on mange un gâteau et que l'on boit du thé ou du café avec, on fait la berakha "Boré miné mezonot" sur le gâteau, et "Chéakol nihya bidvaro" sur la boisson, car il ne s'agit pas d'un cas de principal et secondaire. Il convient de commencer par faire la berakha "Boré miné mezonot" sur le gâteau, puis, après en avoir goûté, de faire la berakha "Chéakol" sur le thé.
Réponse
Bien que la halakha établie soit que la berakha sur l'aliment principal dispense celle sur l'aliment secondaire, si l'aliment secondaire est aussi apprécié que le principal, certains estiment qu'il est permis de faire d'abord la berakha sur le secondaire, puis sur le principal. D'autres craignent que cela ne constitue une berakha inutile, et qu'il ne soit pas permis de faire la berakha sur le secondaire seul.
Réponse
Celui qui mange des fruits avec un "pat haba bekisnin" et n'a pas d'autre accompagnement, et utilise ces fruits pour accompagner le gâteau, même s'il mange des fruits seuls au milieu, ne fera pas de berakha sur les fruits. En effet, puisque son intention en mangeant les fruits est uniquement d'accompagner le gâteau, les fruits sont considérés comme secondaires par rapport au gâteau, et il ne faut pas faire de berakha sur eux, car en cas de doute sur les berakhot, on adopte la position indulgente. Cependant, si l'on mange les fruits seuls pendant qu'on mange le "pat haba bekisnin", sans les utiliser comme accompagnement, alors l'un ne dispense pas l'autre, et ce n'est que lorsqu'on les utilise comme accompagnement qu'on ne fait pas de berakha. Il en va de même pour la viande, le poisson ou le fromage. Sauf si l'on mange du pain après le poisson pour neutraliser le goût salé du poisson, dans ce cas on ne fait pas de berakha sur le pain, comme cela a été expliqué.
Réponse
Celui qui mange du couscous avec les légumes qui l'accompagnent fait la berakha "Mezonot" sur le couscous et ne fait pas de berakha sur les légumes. Certains ont l'habitude de faire d'abord la berakha sur les légumes, d'en manger quelques-uns seuls, puis de faire la berakha sur le couscous et de manger le tout ensemble. D'autres craignent que cela ne constitue une berakha inutile, puisque les légumes sont considérés comme secondaires par rapport au couscous. Chaque coutume a sur quoi s'appuyer.
Celui qui est déjà quitte peut-il acquitter les autres
Réponse
Celui qui récite une berakha sur un plaisir matériel ne peut acquitter d'autres personnes que s'il mange ou boit avec elles. Dans ce cas, les autres sont acquittés en écoutant la berakha avec l'intention de s'en acquitter, même s'ils ne répondent pas Amen. Lorsque l'on récite une berakha pour acquitter d'autres personnes, il faut qu'ils soient assis. Il convient donc de prévenir l'assemblée de s'asseoir lors de l'écoute des berakhot de la Havdala, lorsque le chaliah tsibour les récite avec l'intention d'acquitter l'assemblée. Concernant la berakha finale sur les fruits, comme bore nefashot ou al ha'ets et similaires, où il n'y a pas de zimoun, a priori chacun doit réciter la berakha pour lui-même et ne s'acquitte pas par l'écoute de la berakha d'autrui. Si l'auditeur ne sait pas réciter cette berakha par cœur, il dira mot à mot avec celui qui la récite.
Réponse
On ne s'acquitte de la berakha en l'écoutant d'autrui que si l'on a entendu la berakha du début à la fin, avec l'intention de s'en acquitter, et que celui qui récite la berakha a également l'intention d'acquitter les auditeurs.
Réponse
Si quelqu'un écoute une berakha de son prochain, que le récitant a l'intention de l'acquitter, que lui-même a l'intention de s'acquitter et qu'il répond Amen, puis décide finalement de ne pas manger ou boire, il n'a pas le droit de changer d'avis : il doit goûter au moins un peu afin que la berakha ne soit pas vaine pour lui. Il n'est pas non plus autorisé à réciter la berakha lui-même, car selon la règle de "chomea keone" et puisqu'il a répondu Amen, c'est comme s'il avait lui-même prononcé la berakha, et s'il la récite à nouveau, ce serait une berakha vaine. Mais s'il n'a pas répondu Amen après la berakha, il lui est permis de changer d'avis et de ne pas manger, ou de réciter la berakha lui-même.
Réponse
Celui qui doute s'il est tenu de réciter une berakha peut écouter la berakha d'une autre personne qui est certainement tenue de la réciter, à condition que les deux aient l'intention de s'acquitter par cette berakha. Il n'y a alors aucun risque de berakha vaine, car c'est comme s'il avait posé une condition dès le départ : si jamais il est tenu de la réciter, il s'acquitte par la berakha de l'autre, sinon, il n'a pas l'intention de s'en acquitter puisqu'il n'en a pas besoin.
Réponse
La règle "af al pi sheyatsa motzi" (même s'il s'est déjà acquitté, il peut acquitter autrui) ne s'applique qu'aux berakhot des mitsvot. Mais pour les berakhot de louange, comme la tefila, les berakhot du Chema, la berakha "asher yatsar et haadam bechochma", "asher yatsar etchem bedin", "osé maassé bereshit", "hagomel" et similaires, celui qui s'est déjà acquitté ne peut pas réciter à nouveau la berakha pour acquitter autrui.
Mention du Nom et de la Royauté dans les berakhot
Réponse
Toute berakha qui ne comporte pas la mention du Nom divin et de la royauté n'est pas considérée comme une berakha. Si l'on a omis le Nom ou la royauté, il faut recommencer et réciter à nouveau la berakha. Certains estiment que même si l'on n'a omis que le mot "olam" dans la formule "Melekh haolam", il faut recommencer, car "Melekh" seul ne constitue pas une royauté. D'autres ne sont pas de cet avis, et en pratique, en cas de doute sur les berakhot, on adopte une attitude indulgente et on ne recommence pas la berakha. De même, si l'on a dit le Nom "Adnout" mais omis le mot "Elohénou", ou si l'on a dit "Elohénou" mais omis "Adnout", on est quitte a posteriori et il n'est pas nécessaire de recommencer la berakha.
Réponse
Il est interdit de réciter une berakha ou de prononcer le Nom divin la tête découverte. À plus forte raison, il est interdit de prier la Amida la tête découverte. Même en dehors du moment de la prière, il est interdit de marcher quatre coudées la tête découverte, et même si l’on ne marche pas, il est interdit de rester la tête découverte pendant le temps nécessaire pour parcourir quatre coudées. Certains considèrent que cela est interdit selon la stricte loi, d'autres pensent qu'il ne s'agit que d'une attitude de piété. Bien que l'opinion principale soit que ce n'est qu'une mesure de piété, malgré tout, à notre époque, il faut être plus strict à ce sujet, car le fait de se couvrir la tête témoigne de l'appartenance au camp de ceux qui observent la Torah et les mitsvot, et non l'inverse, à D.ieu ne plaise. C'est pourquoi quiconque est Yere Chamaïm doit faire attention à se couvrir la tête lorsqu'il marche dans le domaine public, afin qu'il y ait une distinction entre celui qui sert D.ieu et celui qui ne Le sert pas. Il y a là plus qu'une simple mesure de piété. La kippa portée par une personne craignant le Ciel est un symbole et un exemple de son appartenance au camp religieux et de sa crainte du Ciel. Au contraire, celui qui marche la tête découverte donne lieu à une suspicion, car on pourrait penser qu'il s'agit d'une personne qui rejette le joug de la royauté divine.
Réponse
Si l'on ne dispose pas de quoi se couvrir la tête, il ne suffit pas de poser simplement la paume de sa main sur sa tête à la place d'une couverture. Il faut plutôt tirer la manche de son vêtement et poser la main avec la manche sur la tête pour pouvoir réciter la berakha. Certains ont écrit qu'il n'est pas nécessaire de tirer la manche, et que même poser l'avant-bras sur la tête suffit pour pouvoir réciter la berakha. Cependant, cette opinion n'est pas conforme à celle de Maran le Beit Yossef.
Réponse Amen après les berakhot
Réponse
On ne répond pas Amen après ses propres berakhot, sauf lorsqu’on récite deux berakhot ou plus et que l’on arrive à la fin de la série, comme à la fin de la berakha de Yehaleloukha, de Yichtabakh, de Chomer et amo Israël la'ad, de HaPores Soukat Chalom, de HaMevarekh et amo Israël baChalom, de Bone Yerouchalayim, ou à la conclusion des berakhot de la haftara.
Réponse
Celui qui entend un Juif réciter une berakha, même s’il n’a pas entendu toute la berakha du début à la fin, et même s’il n’est pas lui-même concerné par cette berakha, doit répondre Amen après lui. Mais si celui qui récite la berakha est un apikoros ou un kouti, on ne répond pas Amen après lui, même si l’on a entendu la berakha en entier. Cette règle s’applique à un chrétien, mais si l’on entend une berakha d’un musulman, on répond Amen. De même, si l’on entend une berakha d’un Juif qui profane le Chabbat de nos jours, on répond Amen. Par contre, si l’on entend une berakha d’un rabbin réformé, par exemple lors d’une cérémonie de mariage, il ne faut pas répondre Amen après lui.
Réponse
Celui qui a récité une berakha en modifiant la formulation habituelle, ou en omettant la mention du Nom divin, on ne répond pas Amen après lui.
Réponse
Celui qui entend une berakha de son prochain par téléphone ou à la radio lors d’une diffusion en direct, répond Amen après lui, même s’il ne s’acquitte pas de son obligation par la règle de "chomea keone" dans ce cas. Même si le son est transmis avec quelques secondes de décalage, on répond Amen au Kaddich, à la Kedoucha et aux berakhot lors d’une diffusion en direct. A plus forte raison, si l’on entend une berakha par haut-parleur, on répond Amen après celui qui la récite, même si sans le haut-parleur on n’aurait pas entendu la berakha. Par contre, celui qui entend une berakha ou un Kaddich à partir d’un enregistrement ou d’une rediffusion, ne répond pas Amen.
Réponse
Si l’on voit son prochain marmonner une berakha sans entendre laquelle il récite, on ne répond pas Amen après lui, sauf si l’on voit ce qu’il tient dans sa main et que l’on comprend ainsi de quelle berakha il s’agit ; dans ce cas, lorsque l’on voit qu’il termine de marmonner la berakha, on répond Amen, car on sait ce qu’il a récité. Il est toutefois préférable de tendre l’oreille et d’entendre une partie de la berakha afin d’être certain de laquelle il s’agit.
Réponse
Il est bon de répondre "Baroukh Hou ouvaroukh chemo" lors de l’audition d’une berakha après la mention du Nom divin. Si celui qui récite la berakha va vite et qu’il y a un risque qu’en répondant "Baroukh Hou ouvaroukh chemo" on ne puisse pas répondre Amen à temps, il faut privilégier la réponse Amen plutôt que "Baroukh Hou ouvaroukh chemo". Il a déjà été mentionné que certains ont l’usage de répondre Amen après chaque phrase du "HaRahaman" dans le Birkat Hamazon, ainsi que dans la berakha des années et dans "Yaale véyavo", etc. Notre coutume est de répondre Amen après la récitation du "Mi Sheberakh" faite à la synagogue lors de l’ouverture de l’arche ou après la lecture de la Torah. Dans tous ces cas, répondre Amen n’est pas une obligation mais une bonne coutume ; ainsi, celui qui est absorbé dans son étude n’a pas besoin d’interrompre pour répondre Amen dans ces cas.
Réponse
Lorsqu'un enfant récite une berakha, que ce soit une berakha de jouissance ou une berakha relative aux mitsvot, s'il la récite au moment de manger ou d'accomplir la mitsva, on répond "Amen" après lui. Cependant, s'il récite la berakha dans le cadre de l'apprentissage à l'école, on ne répond pas "Amen". Cela concerne un enfant qui a atteint l'âge de six ans et qui sait à qui l'on adresse la berakha. Il en va de même en cas de doute sur le fait qu'il ait atteint six ans : on répond "Amen" après lui. Pour un enfant dont on sait qu'il n'a pas encore six ans, mais qui a au moins cinq ans et sait à qui l'on adresse la berakha, celui qui répond "Amen" après lui a sur quoi s'appuyer, mais ce n'est pas une obligation. Mais en dessous de cet âge, ou s'il ne sait pas à qui l'on adresse la berakha, on ne répond pas du tout "Amen" à ses berakhot, même s'il les récite avant de manger ou d'accomplir une mitsva. Il n'y a aucune différence entre un garçon et une fille pour toutes ces règles. Tout ce qui précède concerne un enfant qui sait se nettoyer correctement afin que son corps soit propre. Mais si son corps n'est pas propre, il existe une divergence d'opinion sur le fait de répondre "Amen" à ses berakhot, et il vaut mieux s'abstenir.

