Questions pratiques
Lois des tefiline
Réponse
On s'acquitte de l'obligation des tefiline selon la Torah même en les portant une seule fois dans la journée, et il n'est pas obligatoire de les garder toute la journée.
Réponse
Si la récitation du "Léchem yihoud" éveille la kavana, il est bon de le dire avant de mettre les tefiline, afin que la mitsva ne soit pas accomplie machinalement. Il est bon et correct d'inclure dans le texte du "Léchem yihoud" l'intention requise lors de la pose des tefiline, à savoir, en lien avec le cerveau, se souvenir des miracles et merveilles que Hachem a accomplis lors de la sortie d'Égypte, qui témoignent de Son unicité, et soumettre à Hachem l'âme qui est dans le cerveau, ainsi que le cœur, siège principal des désirs et des pensées. Il est également approprié d'ajouter dans le "Léchem yihoud" l'intention de s'acquitter par la berakha de la mitsva de mettre les tefiline de Rabbénou Tam. Il faut veiller à ne pas prononcer les lettres du Nom divin dans leur ordre exact lors de la phrase "leyaheda chem yod hé vav hé", car cela constitue une grave interdiction de prononcer le Nom comme il s'écrit. Il convient donc de dire : "leyaheda chem yod ké vav ké".
Réponse
On commence par se draper dans le tsitsit, puis on met les tefiline, car on élève dans la sainteté et on ne rétrograde pas. De plus, grâce au tsitsit, on se souvient de toutes les mitsvot, ce qui nous rappelle aussi d'accomplir la mitsva des tefiline.
Réponse
Même si l'obligation du talit n'est que d'ordre rabbinique, comme dans le cas d'un talit emprunté après trente jours, il faut tout de même le mettre avant les tefiline.
Réponse
De même, si l’on s’enveloppe dans un talit emprunté pendant moins de trente jours, il faut également mettre d’abord le tsitsit puis ensuite poser les tefiline.
Réponse
Ceux qui rangent la pochette des tefiline avec le talit doivent veiller à ne pas placer les tefiline au-dessus, afin de ne pas tomber d’abord sur eux.
Réponse
Si l’on a pris le talit en main et récité la bénédiction « … qui nous a sanctifiés… », mais qu’avant de dire « léhitatef betsitsit » on s’aperçoit que le talit est invalide, et que les tefiline se trouvent devant soi, on terminera la bénédiction par « lehaniah tefiline », on mettra les tefiline, puis on cherchera un talit valide pour s’en envelopper.
Réponse
Si l’on s’est trompé et que l’on a mis les tefiline avant de s’envelopper dans le tsitsit, il n’est pas nécessaire d’enlever les tefiline ; dans ce cas, on s’enveloppera dans le tsitsit après avoir mis les tefiline. Si l’on a touché d’abord les tefiline avant de s’envelopper dans le tsitsit et qu’on ne les a pas encore mis, il faut alors mettre d’abord les tefiline puis s’envelopper dans le tsitsit. Bien que certains kabbalistes pensent qu’il faudrait malgré tout mettre d’abord le tsitsit puis les tefiline, la règle principale selon Maran du Choulhan Aroukh est de mettre d’abord les tefiline puis de s’envelopper dans le tsitsit. Certains ont écrit que si l’on a déjà pris les tefiline en main, il faudrait les poser de côté, détourner son attention, puis s’envelopper dans le tsitsit et ensuite mettre les tefiline, mais en pratique cela n’est pas valable.
Réponse
Si l’on a touché les tefiline avant de s’envelopper dans le tsitsit et que l’on se trouve dans une maison d’étude, et que l’on a honte de mettre les tefiline avant de s’envelopper dans le tsitsit – par exemple si l’on est une personne importante ou un rabbin de communauté, et qu’il y a ici une question de respect des personnes –, dans ce cas on peut s’appuyer sur l’opinion expliquée dans le paragraphe précédent : on détournera son attention des tefiline, on lira la paracha des korbanot, puis après un certain temps on s’enveloppera dans le tsitsit et ensuite on mettra les tefiline.
Réponse
Si l’on ne dispose pas d’un talit valide pour s’envelopper et que l’on craint de manquer le temps de la tefila, ou de ne pas trouver un autre minyan, ou de rater la tefila au lever du soleil en attendant le talit, dans tous ces cas il n’est pas nécessaire d’attendre le talit et l’on mettra les tefiline. En effet, la règle de « monter en sainteté et ne pas descendre » ne s’applique que lorsque le talit et les tefiline sont tous deux devant soi. Toutefois, si l’on sait avec certitude que l’on aura un tsitsit dans un court délai, on attendra un peu pour le mettre avant les tefiline. Si l’on a mis les tefiline et qu’ensuite on apporte un talit pour s’envelopper, certains disent qu’il n’est pas nécessaire d’enlever les tefiline au moment de mettre le talit. D’autres disent que si l’on porte déjà les tefiline et qu’on reçoit ensuite un talit, il faut retirer les tefiline, s’envelopper dans le talit, puis remettre les tefiline sans bénédiction. Mais selon la règle principale, il n’est pas nécessaire d’enlever les tefiline.
Réponse
Celui qui n'a pas les moyens d'acheter à la fois un tsitsit et des tefiline doit donner la priorité à l'achat des tefiline. A plus forte raison, s'il a le choix entre acheter un talit de qualité ou des tefiline de qualité, il doit préférer acquérir des tefiline de qualité. Cependant, s'il peut emprunter des tefiline, il achètera un tsitsit, à condition d'être certain de pouvoir emprunter des tefiline chaque jour et de ne jamais manquer la mitsva des tefiline. Sinon, il risquerait de manquer la mitsva des tefiline, qui est prioritaire sur celle du tsitsit. Même s'il ne peut acheter qu'un seul tefiline, soit celui du bras, soit celui de la tête, cela passe avant le tsitsit. S'il a de quoi acheter soit le tefiline chel yad, soit le tefiline chel roch, certains estiment qu'il faut d'abord acheter le tefiline chel yad et, lorsqu'il aura les moyens, acheter celui de la tête. D'autres pensent qu'il faut d'abord acheter le tefiline chel roch.
Réponse
Si une personne a besoin à la fois de tefiline et de mezouza, mais n'a pas les moyens d'acheter les deux, les tefiline sont prioritaires. Toutefois, si elle peut emprunter des tefiline chaque jour, la mezouza passe en priorité.
Réponse
Celui qui possède déjà des tefiline de Rachi et souhaite acheter des tefiline de Rabbénou Tam à la place d'un talit, mais n'a pas les moyens d'acheter les deux, doit privilégier l'achat des tefiline de Rabbénou Tam. Il empruntera un talit à d'autres, à condition de pouvoir en obtenir un chaque jour à la synagogue.
Réponse
Celui qui obtient un talit et des tefiline juste avant la nuit, et ne peut accomplir les deux avant la tombée de la nuit, doit assurément donner la priorité aux tefiline, car il s'agit d'une mitsva qui incombe à la personne.
Réponse
Certains estiment que celui qui n'a ni tsitsit ni tefiline n'est pas obligé de faire la quête de porte en porte pour obtenir de l'argent afin de les acheter. Toutefois, il est préférable de mettre sa dignité de côté et de solliciter de l'aide pour acquérir des tefiline, et il y a une mitsva de lui en donner. Même s'il n'est pas tenu de mendier pour acheter des tefiline, il est en tout cas tenu de demander à emprunter des tefiline à autrui afin de ne pas manquer la mitsva des tefiline ne serait-ce qu'un seul jour.
Réponse
Le Roch avait l'habitude de réciter les berakhot du matin jusqu'à la berakha "Oter Israël betifara", puis il mettait les tefiline et récitait cette berakha, car les tefiline sont appelés "parure", comme il est dit : "Ta parure soit sur toi". Les tefiline témoignent que la Présence divine réside sur Israël, comme il est écrit : "Tous les peuples verront que le nom d'Hachem est invoqué sur toi et ils te craindront". Après avoir mis les tefiline, il terminait les autres berakhot. Certains mettent les tefiline avant les berakhot du matin et touchent leurs tefiline lors de la berakha "Oter Israël betifara". Selon notre coutume, basée sur l'enseignement du Ari zal, on récite d'abord toutes les berakhot du matin et les berakhot de la Torah, puis on s'enveloppe dans le tsitsit et on met les tefiline.
Réponse
Lorsqu'une personne a la possibilité d'arriver à la synagogue parmi les dix premiers, mais que, si elle s'enveloppe du talit et met les tefiline chez elle, elle ne pourra pas faire partie des dix premiers, il est préférable qu'elle vienne à la synagogue déjà revêtue du talit et des tefiline, plutôt que d'être parmi les dix premiers arrivés.
Réponse
Il faut porter les tefiline au moment où l'on récite le Chema et où l'on prie. A priori, il convient de les mettre avant la paracha de l'Akeda, afin de les avoir également lors de la récitation du Chema des korbanot. Cependant, selon la stricte loi, il est permis de réciter le verset du Chema des korbanot sans tefiline.
Réponse
De même, lorsqu'on lit les passages "Kadech Li", "Vehaya Ki Yeviacha" ou "Vehaya Im Shamoa" dans le cadre de la lecture de "Chnayim Mikra Vééhad Targoum", il n'est pas nécessaire de porter les tefiline, et cela n'est pas considéré comme témoigner faussement contre soi-même.
Réponse
Ceux qui se lèvent tard le matin et se dépêchent de réciter le Chema sans tefiline, de peur de dépasser le temps prescrit pour le Chema, peuvent agir ainsi, et il n’y a pas là la crainte d’être considéré comme quelqu’un qui témoigne faussement contre lui-même, du moment qu’il a l’intention de mettre les tefiline ensuite. À condition toutefois qu’il ait l’intention de relire le Chema plus tard avec les tefiline. Toutefois, s’il lui reste encore un peu de temps avant la fin du temps du Chema, il est préférable de mettre d’abord les tefiline puis de réciter le Chema, car il y est fait mention du verset « Et tu les attacheras comme un signe sur ta main et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux ». Cependant, ce n’est pas une obligation stricte. Ainsi, s’il craint qu’en mettant les tefiline et en récitant le Chema il arrive en retard à la synagogue, il peut s’appuyer sur l’avis des décisionnaires qui estiment que, tant qu’il n’agit pas par mépris ou rejet du joug de la mitsva des tefiline, et qu’il les mettra plus tard dans la journée, il n’est pas considéré comme témoignant faussement contre lui-même, puisqu’il a l’intention de réciter à nouveau le Chema ensuite avec les tefiline.

