Questions pratiques
Lois du endeuillé avant l’enterrement dans la prière
Réponse
Si une personne perd un proche parmi les sept pour lesquels elle doit observer le deuil à la sortie de Chabbat et n'a pas encore prié Arvit, et que l'enterrement a lieu le lendemain après la mi-journée, elle ne peut pas prier Chaharit et priera Min'ha. Il n'est pas nécessaire de prier deux fois Min'ha pour compenser Chaharit, car au moment de Chaharit elle était dispensée de l'obligation de prier. Si toutefois elle se sent suffisamment posée pour se concentrer dans la prière, elle peut prier deux fois Min'ha, en précisant avant la seconde prière qu'elle la fait à titre de nedava (offrande volontaire). Certains disent que si le décès survient un autre jour après l'heure de Chaharit et que l'enterrement a lieu juste avant Min'ha, il faut alors rattraper Chaharit par une prière supplémentaire, car au lever du jour, l'obligation de prier était déjà en vigueur. Là aussi, cela dépend de sa capacité à se concentrer : si elle le peut, elle dira la condition de nedava et priera une prière de rattrapage.
Réponse
Si le défunt est décédé et enterré un jour de Roch Hodech, l'endeuillé peut prier Moussaf même après sept heures depuis le lever du soleil, car la prière de Moussaf peut être récitée toute la journée.
Réponse
Certains estiment que si l'onène a eu besoin d'aller aux toilettes, il doit réciter la bénédiction Asher Yatsar après l'enterrement, même plusieurs heures plus tard. Cependant, la halakha ne suit pas cet avis. De plus, il a déjà été expliqué que même si le défunt est enterré dans le délai d'une marche d'une parsa après que l'onène ait fait ses besoins, il ne doit pas réciter Asher Yatsar.
Réponse
Un onène qui habite près de la synagogue et entend le Kaddich ou la Kedoucha n'est pas obligé de quitter l'endroit, même s'il ne répond pas avec l'assemblée. L'onène peut être compté dans le minyan pour la récitation du Kaddich. Un onène à Roch Hodech peut réciter le Halel après l'enterrement, à n'importe quel moment de la journée.
Réponse
Un onène qui se trouve à la synagogue ne dispense pas l’assemblée de dire le Vidouï. Cependant, si la prière a lieu dans la maison de l’onène, il ne faut pas du tout dire le Vidouï.
Réponse
Dès que l’on a fermé le cercueil, c’est-à-dire que l’on a posé les briques sur le défunt, même avant d’avoir jeté la terre, les endeuillés ne sont plus considérés comme onène et les lois du deuil s’appliquent à eux. Par conséquent, si le temps de la Kriat Chema et de la tefila n’est pas encore passé, ils liront la Kriat Chema et prieront. Mais si plus de quatre heures se sont écoulées depuis le lever du soleil, ils réciteront les berakhot hachahar et les berakhot haTorah, « Baroukh Cheamar » jusqu’à la fin de « Yishtabah », puis la Kriat Chema et la Amida, sans réciter les bénédictions de la Kriat Chema. Si le milieu de la journée est déjà passé, ils ne peuvent plus prier Chaharit.
Réponse
L’onène qui est cohen ne fait pas la nesiat kapayim, même s’il est le seul cohen présent, car il n’est pas moins concerné que l’endeuillé qui ne fait pas la nesiat kapayim. Toutefois, s’il est déjà monté, il ne redescend pas. Un onène pendant Yom Tov, si l’enterrement n’a lieu qu’après Yom Tov, fait la nesiat kapayim.
Réponse
Certains estiment que l'onène est tenu de réciter la Kriat Chema sur le lit et peut également réciter la berakha hamapil. En pratique, il est préférable de s’abstenir, car en cas de doute sur une bénédiction, on adopte la position indulgente. Cependant, si l'onène souhaite réciter la berakha hamapil et qu’il a confié le défunt aux porteurs, on ne l’en empêche pas.
Réponse
Si le défunt est enterré après quatre heures depuis le lever du soleil et que les endeuillés n’ont pas encore prié Chaharit, ils peuvent prier après ces quatre heures, jusqu’au milieu de la journée. Ils réciteront les berakhot hachahar et les berakhot haTorah, diront la paracha de l’Akeda et les autres chants jusqu’à « Yishtabah », et ils peuvent réciter « Baroukh Cheamar » et « Yishtabah » avec la mention du Nom et de la royauté. Ils sauteront les bénédictions de la Kriat Chema (« Yotser Or » et « Ahavat Olam »), liront la Kriat Chema, sauteront la bénédiction « Emet Veyatsiv », puis feront la Amida et le reste de la prière.
Réponse
L’onène pendant Hanouka ne doit pas allumer la ner Hanouka ; c’est sa femme, ou l’un de ses fils ou filles majeurs, qui doit l’allumer. S’il n’a ni femme ni enfants, il ne doit pas allumer la ner Hanouka avec bénédiction cette nuit-là, et il ne peut pas non plus nommer un délégué pour allumer à sa place, car il est exempt de toutes les mitsvot.
Réponse
Un onen qui doit circoncire son fils doit d'abord enterrer son défunt avant la mila, car sinon il ne pourra pas réciter la berakha « lehakhniso bivrito » et les autres, puisque l'onen n'est pas en mesure de réciter aucune berakha.
Introduction aux lois de la prière – obligation et importance de la prière
Réponse
Il existe une mitsva positive de la Torah de prier chaque jour, comme il est dit : « Et vous servirez Hachem votre D.ieu. » Selon la tradition orale, ce service désigne la tefila, comme il est écrit : « Et pour Le servir de tout votre cœur. » Les Sages ont expliqué que le service du cœur, c’est la tefila. Ezra et son tribunal ont institué dix-huit bénédictions : les trois premières sont des louanges à Hachem, les trois dernières sont des remerciements, et les bénédictions intermédiaires contiennent toutes les demandes, qui englobent les besoins de chaque individu et de la communauté, afin que chacun puisse les exprimer aisément. Selon la Torah, il n’y a d’obligation de prier qu’une fois par jour, mais d’après les Sages, il faut prier chaque jour trois tefilot, selon le texte qu’ils ont institué.
Réponse
Les décisionnaires sont partagés pour savoir si l’obligation de prier est d’ordre toranique ou rabbinique, et cela entraîne plusieurs conséquences pratiques. Par exemple, concernant l’obligation des femmes dans la tefila : si l’on considère que l’obligation de prier est de la Torah, les femmes doivent prier une fois par jour seulement. Mais si l’on considère que l’obligation est d’ordre rabbinique, et puisque nous avons tous besoin de miséricorde, les femmes aussi ont besoin de miséricorde, elles devront donc prier aussi bien Chaharit que Min’ha. Voir plus loin au siman 106 pour la halakha détaillée.
Réponse
Une autre conséquence de la question de savoir si l’obligation de la tefila est toranique ou rabbinique concerne le cas d’une personne qui, contrainte, n’a pas prié pendant toute une période de vingt-quatre heures jusqu’à peu avant le coucher du soleil, et qu’ensuite une autre mitsva d’ordre rabbinique se présente à elle. Si la tefila est une obligation de la Torah, alors la mitsva de la Torah prime sur celle des Sages. Mais si l’obligation de la tefila est rabbinique, il est permis de donner la priorité à l’une ou l’autre selon son choix.
Réponse
Une autre conséquence concerne un garçon de treize ans dont il n’est pas établi s’il a développé deux poils, et s’il peut acquitter un adulte de son obligation de tefila tant qu’il n’est pas certain qu’il a eu deux poils. Selon ceux qui estiment que l’obligation de la tefila est rabbinique, on peut s’appuyer sur la présomption de Rava selon laquelle il a développé deux poils.
Réponse
Même si la Torah n’énonce pas explicitement l’obligation de prier chaque jour, il est néanmoins logique que l’obligation de la tefila soit quotidienne. De même qu’une personne a besoin de nourriture et de boisson chaque jour, elle doit aussi chaque jour demander et prier pour ses besoins.
Réponse
Dans la Guemara Berakhot, il est dit que « ce qui est faussé ne peut être redressé » s’applique à celui qui a annulé la lecture du Chema du soir, du matin, ou la tefila du matin ou du soir. Même selon l’opinion que l’obligation de la tefila est de la Torah et qu’une seule tefila quotidienne suffit, celui qui annule la tefila de Chaharit est tout de même considéré, d’après les Sages, comme « ce qui est faussé ne peut être redressé ». S’il était empêché, il prie une tefila de rattrapage.
Réponse
Certains ont écrit que même selon ceux qui estiment que l'obligation de la tefila est d'ordre rabbinique, lorsqu'on se tient pour prier, on accomplit ainsi une mitsva de la Torah, à savoir « et de Le servir de tout votre cœur ». Cependant, il ne s'agit pas d'une mitsva obligatoire à accomplir chaque jour, mais d'une mitsva de type « kiyoumit » : si l'on prie, on accomplit la mitsva. D'autres contestent et affirment que, selon ceux qui considèrent que l'obligation de la tefila est d'ordre rabbinique, même lorsqu'on prie, on n'accomplit qu'une mitsva rabbinique et non une mitsva de la Torah.
Réponse
Bien que la mitsva de la tefila soit une mitsva de la Torah, [et selon Tosafot et le Ramban, elle est au moins une mitsva d’ordre rabbinique], il n’a pas été institué de réciter une berakha sur cette mitsva, pour plusieurs raisons. Certains expliquent que c’est parce qu’elle n’a pas de moment fixe. De plus, on ne récite pas de berakha sur les mitsvot qui sont obligatoires en permanence, sans moment où l’on en est exempt. Par ailleurs, on ne trouve pas de berakha sur une mitsva qui consiste elle-même en une berakha, comme pour la berakha du Birkat Hamazon, ou pour le Kiddouch et la Havdala, qui sont eux-mêmes des berakhot. Enfin, l’essentiel de la tefila réside dans la kavana du cœur, et bien qu’il faille prononcer les paroles, puisque l’essentiel est dans l’intention du cœur, il n’est pas approprié de réciter une berakha sur une chose dont l’essence est la kavana du cœur.
Réponse
Bien que la manière d’agir du Créateur ne soit pas comparable à celle des êtres humains, qui peuvent regretter des décisions prises, la tefila récitée avec kavana a le pouvoir de modifier les décrets. Par la tefila, la personne se transforme, se rapproche d’Hachem, se sanctifie et s’élève devant Lui, plaçant sa confiance en Lui. Ainsi, sa destinée change, car un tel décret n’a pas été prononcé sur une personne de ce niveau. De plus, Hachem désire la tefila d’Israël. L’essentiel de la tefila est que l’homme prenne conscience, par son intelligence, que tout est entre les mains du Créateur, ce qui l’amène à la crainte et à l’humilité. Il est approprié de multiplier les prières devant Hachem afin qu’Il renforce la crainte du Ciel et la crainte de la faute.

