Questions pratiques
Mitsva d’honorer père et mère en cas de transgression
Réponse
Si quelqu'un est occupé à accomplir la mitsva de kiboud av vaem dans un domaine, et qu'il se présente à lui la mitsva de hachavat aveda, il est exempté de la restitution, car celui qui est occupé par une mitsva est dispensé d'une autre mitsva. Dans ce cas, l'ordre du père n'a aucune incidence, car il n'est tout simplement pas soumis à l'obligation de restitution.
Réponse
Si un parent ordonne à son enfant de ne pas accomplir une mitsva qui n'est pas obligatoire, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'obligation de la réaliser mais que celui qui la fait accomplit une mitsva, par exemple si une mère demande à son fils de ne plus louer sa maison à personne, alors qu'auparavant un talmid hakham et homme de bien y a résidé en location pendant un an, certains estiment qu'il est tenu d'obéir à sa mère, car il n'y a pas ici d'ordre de transgresser la Torah. Même s'il est bon et juste de louer la maison à un talmid hakham pour qu'il puisse y étudier assidûment, ce n'est pas une obligation. D'autres pensent qu'il n'est pas tenu d'écouter sa mère pour annuler une mitsva, même si elle n'est pas obligatoire mais seulement une mitsva d'accomplissement. De toute façon, la majorité des décisionnaires estiment que lorsqu'il n'y a pas de bénéfice direct pour le parent, il n'y a pas de mitsva de kiboud av vaem. Et dans tous les cas, si le fils a besoin de l'argent du loyer, il n'est pas tenu d'écouter sa mère, car la mitsva de kiboud av vaem doit être accomplie avec les biens du parent et non avec ceux du fils, et même lorsqu'il n'y a pas de bénéfice direct pour le parent, il n'y a pas d'obligation de kiboud av vaem.
Réponse
Si une femme ordonne à son fils de ne pas louer son appartement à qui que ce soit, et qu'une personne souhaite louer ce logement, le fils n'est pas tenu de l'écouter.
Réponse
Si un père ordonne à son fils de ne pas être tuteur d'orphelins, certains estiment qu'il doit l'écouter, car s'occuper des besoins des orphelins relève certes de la guemilout hesed, mais ce n'est pas une obligation qui lui incombe spécifiquement. D'autres ne sont pas de cet avis. En pratique, il semble que, selon la halakha, puisque le père n'a aucun bénéfice direct de cette affaire, le fils n'est pas tenu de l'écouter au titre du kiboud av vaem.
Réponse
Si un père demande à son fils de ne pas porter de vêtements noirs lors du décès de sa mère, il doit l'écouter, d'autant plus qu'il est de toute façon approprié et correct de ne pas changer la coutume d'Erets Israël, qui est de ne pas porter de noir lors du décès d'un père ou d'une mère. Cela est d'autant plus vrai si le père souffre du fait que son fils porte du noir pour le décès de sa mère.
Réponse
Si un père demande à son fils de lui donner à boire, et qu'il a devant lui une mitsva qui ne peut être accomplie que maintenant, comme l'enterrement ou l'accompagnement d'un défunt, si la mitsva peut être réalisée par d'autres, il devra s'occuper de l'honneur de son père. Mais s'il n'y a personne d'autre pour accomplir la mitsva, il devra s'occuper de la mitsva et laisser de côté l'honneur de son père. Si le père cherche par là à mépriser les mitsvot, il ne devra en aucun cas l'écouter.
Réponse
Si un père ordonne à son fils de ne pas jeûner lors des jeûnes obligatoires, comme le 17 Tamouz ou le 10 Tevet, parce qu'il estime que son fils est faible, mais que le fils pense qu'il peut jeûner, il n'est pas tenu d'écouter son père.
Réponse
Si un père demande à son fils de ne pas étudier la Torah avec une certaine personne, le fils ne doit pas l'écouter. Cependant, si le père craint que ce camarade ne le détourne de l'étude ou lui fasse perdre en crainte du Ciel et en bonnes qualités, et que cela cause une grande peine au père, il faudra l'écouter, à condition qu'il y ait un fondement réel à ses propos et qu'il ne décide pas ainsi sur la base de ses propres suppositions.
Réponse
Si un père a du ressentiment et de la colère contre son beau-père au sujet d'une dot ou d'une question similaire, et qu'il ordonne à son fils de ne pas parler à son beau-père ou à sa belle-mère, ni d'aller chez eux, le fils ne doit pas écouter son père et ne doit pas entretenir la discorde ni manquer de respect envers son beau-père, car il s'agirait d'une injonction de transgresser la Torah, en particulier lorsqu'il y a un risque de porter atteinte à la paix dans le foyer. Toutefois, il devra agir de manière à ne pas irriter son père, et il multipliera les amis proches pour expliquer au père qu'il n'est pas possible d'obéir à son ordre dans ce cas.
Réponse
Dans le cas d'une femme malade qui sort dans la rue la tête découverte et qui demande à son fils de l'accompagner pour une promenade dans le jardin, certains avis permettent au fils de l'accompagner, même si elle transgresse l'interdiction de sortir ainsi dans l'espace public.
Réponse
Si une femme malade demande à son fils de l'emmener chez sa fille pour s'y rétablir, et que le fils sait que cela entraînera une profanation du Chabbat par la mère, notamment pour le trajet aller et retour en voiture pendant Chabbat, certains avis permettent malgré tout au fils de l'emmener chez sa sœur.
Réponse
Un médecin appelé à porter secours dans une localité proche de la frontière où il existe un léger risque, et dont les parents craignent pour sa sécurité et lui ordonnent de ne pas s'y rendre, n'est pas tenu de leur obéir si le danger est minime.
Conduite du père envers ses enfants
Réponse
Il est interdit à une personne d’imposer un fardeau excessif à ses enfants, d’être trop pointilleux sur le respect qui lui est dû, ou de leur demander trop d’efforts, afin de ne pas les amener à trébucher. Il convient plutôt de renoncer à son honneur, même sans qu’ils le sachent, et de détourner son regard de leurs manquements pour ne pas qu’ils soient punis par le Ciel, car lorsqu’un père renonce à son honneur, son honneur est effectivement annulé. Les parents doivent veiller à ne pas exiger de leurs enfants des choses difficiles à accomplir, risquant ainsi de les faire fauter. Ainsi, si un père a besoin d’un service de la part de son fils et craint que celui-ci ne l’écoute pas, il ne devra pas s’exprimer sous forme d’ordre, mais plutôt comme un conseil bienveillant. Toutefois, le père doit prendre garde à ne pas renoncer à son honneur dans une situation où cela risquerait d’enseigner le mépris du respect dû au père. Il est évident que si, après avoir renoncé à son honneur, le père revient sur sa décision, le fils est à nouveau tenu de le respecter.
Réponse
Il ne convient pas à une personne d’instaurer une crainte excessive dans son foyer. Il faut s’adresser à ses fils et filles avec douceur et sans colère, car rien ne détériore autant la relation entre un père et son fils qu’une autorité trop marquée.
Réponse
Il ne faut jamais qu’une personne fasse de différence entre ses enfants, mais il doit les traiter de façon égale en ce qui concerne la nourriture, la boisson, l’argent, les cadeaux et l’héritage. Toutefois, il est permis à un père de rédiger un testament léguant la majorité de ses biens à son fils qui est talmid hakham, et le reste à ses autres héritiers qui ne sont pas talmide hakhamim. Il est d’ailleurs recommandé que le père soutienne son fils qui étudie la Torah avec assiduité, car c’est un grand mérite pour lui d’aider un fils qui se consacre à l’étude de la Torah.
Réponse
Ceux qui se comportent avec leurs enfants comme avec des amis, pensant ainsi les rendre indépendants, n’agissent pas correctement. Il faut enseigner à l’enfant la soumission envers ses parents et envers ses frères aînés. Cependant, il doit considérer ses fils adultes comme ses frères.
Réponse
Les parents doivent prendre garde de ne pas maudire leurs enfants, même dans un moment de colère ou de dispute, car cela peut leur nuire à eux-mêmes et à leurs enfants.
Réponse
Certains estiment qu’une mère ne doit pas dire à son fils « que je sois une expiation pour toi », car cela pourrait ouvrir la bouche à l’accusateur. D’autres ont justifié la pratique des femmes qui s’expriment ainsi, considérant qu’il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Par conséquent, celui qui entend sa femme dire cette phrase n’a pas besoin de l’en empêcher.
Réponse
Il ne faut pas effrayer un enfant en évoquant une chose impure, par exemple en lui disant qu’un chat ou un chien viendra le prendre, car il existe une force dans les paroles prononcées.
Réponse
Un enfant doit faire très attention à ne pas se disputer ni insulter ses frères et sœurs, car cela cause de la peine à ses parents. Même après le décès des parents, il faut continuer à veiller à ce comportement.

