Questions pratiques
Adopter une attitude de sainteté avec les tefiline
Réponse
Dans une pièce où se trouvent des tefiline, il est interdit d'y avoir des relations conjugales, à moins de les sortir ou de les placer dans un récipient à l'intérieur d'un autre récipient, à condition que le second récipient ne soit pas destiné spécifiquement aux tefiline. Si le second récipient est réservé à cet usage, même cent récipients sont considérés comme un seul.
Réponse
Même en plaçant les tefiline dans un récipient à l'intérieur d'un autre récipient, il est interdit de les poser sous ses pieds. Il est également interdit de les placer sous son oreiller du côté de la tête, même avec deux récipients, et même si sa femme n'est pas avec lui. En revanche, si ce n'est pas du côté de la tête et que sa femme n'est pas avec lui, cela est permis. Si sa femme est avec lui, il faut deux récipients.
Réponse
Celui qui entre pour un repas régulier doit retirer ses tefiline et les poser sur la table jusqu'à la bénédiction, puis les remettre. Pour une consommation occasionnelle, il n'est pas nécessaire de les retirer.
Réponse
Celui qui a l'habitude d'étudier un certain temps fixe avec les tefiline et souhaite goûter un peu de nourriture légère ou boire du café, il lui est permis de manger ou de boire tant qu'il porte les tefiline, à condition de veiller à ne pas détourner son attention de ceux-ci. Tout cela concerne celui qui a un temps d'étude après la tefila avec les tefiline ; sinon, il ne faut pas permettre même un repas léger. Cependant, il ne faut pas manger un repas fixe avec les tefiline, de crainte d'en venir à l'ivresse, et il est également interdit de boire une quantité de reviit d'une boisson enivrante lorsqu'on porte les tefiline. Mais il est permis de boire un peu de vin ou de bière, comme c'est l'usage dans certaines communautés de distribuer à l'assemblée après la tefila lors d'un jour de yahrzeit, pour réciter une berakha à la mémoire du défunt.
Réponse
Celui qui fixe un temps d'étude après la tefila et a l'habitude de fumer une cigarette pour mieux se concentrer dans son étude, il lui est permis de fumer même lorsqu'il porte les tefiline.
Changer un tefiline de la tête en tefiline du bras
Réponse
Il est interdit de transformer des tefiline de tête pour en faire des tefiline de bras, et même de prendre une lanière des tefiline de tête pour l'utiliser dans celles de bras, cela est interdit, car on ne fait pas passer un objet d'une sainteté supérieure à une sainteté inférieure. La sainteté des tefiline de tête est plus élevée, car la majeure partie du nom Chaddaï s'y trouve. Cependant, si l'on ne possède pas de tefiline de bras et qu'il n'est pas possible d'en emprunter, il est possible que ce soit permis de prendre la lanière des tefiline de tête pour celles de bras, car dans un tel cas, l'interdiction de diminuer la sainteté n'est que d'ordre rabbinique, et comment annulerait-on une mitsva positive des tefiline à cause d'une interdiction rabbinique. Toutefois, selon le Choulhan Aroukh du Gaon Rabbi Zalman, il ne semble pas en être ainsi.
Réponse
Il est interdit de modifier les lanières ou les boîtiers des tefiline selon l'ordre de Rachi pour en faire des tefiline selon l'ordre de Rabbénou Tam, et a fortiori il est interdit de transformer des tefiline de Rabbénou Tam pour en faire des tefiline de Rachi. De même, il ne faut pas utiliser la pochette destinée aux tefiline de Rachi pour y placer celles de Rabbénou Tam, ni l'inverse, car chaque paire de tefiline possède sa propre sainteté.
Réponse
Si la lanière des tefiline de bras s'est rompue près du nœud, il est permis de retourner l'extrémité inférieure de la lanière, d'y faire le nœud en forme de youd, et de la placer en haut, tandis que la partie supérieure qui portait le nœud sera placée en bas. Il est préférable de procéder ainsi, en utilisant la lanière pour une sainteté moindre, plutôt que de la mettre à la geniza.
Réponse
Certains permettent de placer des objets profanes dans la pochette des tefiline. D'autres estiment que cela n'est permis que dans une grande pochette où se trouve également le talit, et où les tefiline sont dans une housse séparée. Mais il n'est pas permis de le faire dans la housse même des tefiline. En pratique, il convient d'être rigoureux a priori.
Interdiction de dormir avec les tefiline et tefiline tombés de la main
Réponse
Tant que l’on porte les tefiline sur la tête ou sur le bras, il est interdit de dormir avec, même pour un sommeil léger. Cependant, il est permis de dormir si l’on place un tissu sur les tefiline, ou si on les recouvre complètement avec un talit, et que l’on pose sa tête entre ses genoux en étant assis pour dormir. Il faut toutefois veiller à ne pas s’allonger sur un lit, de crainte de s’endormir profondément.
Réponse
Il faut veiller à ce que les tefiline ne tombent pas des mains au sol. Si les tefiline du bras ou de la tête tombent par terre, même d’une hauteur inférieure à dix tefahim, il faut jeûner un jour pour expier cette négligence. Il est préférable d’accepter ce jeûne le jour même lors de minha et de jeûner le lendemain, sans repousser ce jeûne de plusieurs jours. Si cela arrive un Chabbat ou un jour de fête, on reportera le jeûne au jour suivant. De nos jours, où la faiblesse est répandue, si le jeûne est difficile, ou s’il risque de diminuer l’étude de la Torah, ou s’il s’agit d’un salarié qui risquerait de moins bien travailler, ou d’un enseignant, ou d’un étudiant en yeshiva dont l’étude est sa principale occupation, il pourra racheter le jeûne par un don à la tsedaka équivalent à un repas, et cela suffira pour l’expiation. Si les tefiline étaient dans leur étui au moment de la chute, il suffira pour toute personne de donner de l’argent à la tsedaka.
Réponse
Celui qui voit les tefiline tomber des mains d’autrui n’a pas besoin de jeûner. Cela s’applique a fortiori à un étudiant en yeshiva qui ne doit pas jeûner. Il est bien de donner une pièce à la tsedaka.
Réponse
Celui qui a rêvé que ses tefiline ou un Sefer Torah sont tombés de ses mains n’a pas besoin de se montrer strict et de jeûner.
Réponse
Un aveugle qui a perçu grâce à son ouïe que les tefiline sont tombés au sol n’a pas besoin de jeûner. A plus forte raison, si quelqu’un n’a fait qu’entendre la chute des tefiline, il n’a pas à jeûner, car même celui qui voit les tefiline tomber des mains d’autrui n’a pas à jeûner.
Réponse
Si un Sefer Torah tombe au sol, l’assemblée qui a assisté à la chute doit jeûner. Toutefois, ce n’est pas une obligation stricte, et il est donc permis d’alléger cette règle pour les personnes faibles, les érudits, les étudiants en yeshiva, les enseignants, ainsi que pour les salariés qui risqueraient de moins bien accomplir leur travail, ce qui pourrait entraîner un risque de vol en diminuant le travail dû au propriétaire. Dans ces cas, il convient de racheter le jeûne par un don à la tsedaka. Il est souhaitable que toute la communauté de la synagogue concernée se réunisse pour une "taanit dibour", en étudiant toute la journée, ce qui est bien plus important qu’un jeûne, car l’essentiel n’est pas de s’affliger par la privation, mais de maîtriser sa parole et ses désirs.
Réponse
Celui qui est hospitalisé dans un service de maladies contagieuses et demande qu’on lui apporte des tefiline, et que, selon la loi, tous les objets utilisés pendant la maladie sont brûlés lorsque le malade quitte l’hôpital, certains estiment qu’il est permis de lui remettre les tefiline afin qu’il accomplisse la mitsva, même si cela entraînera ensuite la destruction des tefiline. D’autres pensent qu’il ne faut pas lui apporter les tefiline, sauf s’il y a un risque que la tristesse de ne pas pouvoir les mettre aggrave son état de santé et le mette en danger, auquel cas il est permis de les lui apporter, même si l’on sait qu’elles seront brûlées. Et s’il fait en sorte que la destruction soit réalisée par un non-juif, il est permis d’alléger et d’apporter les tefiline même sans qu’il y ait de danger, afin qu’il ne soit pas empêché d’accomplir la mitsva des tefiline.
Statut des tefiline au cimetière et au bain public
Réponse
Il est interdit d’entrer dans un cimetière ou dans un rayon de quatre coudées autour d’un mort en portant les tefiline sur le bras ou sur la tête, en raison de l’interdit de se moquer des morts. Cependant, si les tefiline sont recouverts, cela est permis. Dans une pièce où se trouve un mort, certains estiment qu’il est interdit d’y rester avec des tefiline même à plus de quatre coudées du mort. D’autres pensent que l’interdiction ne s’applique que dans les quatre coudées autour du mort.
Réponse
Il est interdit d’entrer avec les tefiline, que ce soit en les portant ou dans leur étui, dans la pièce intérieure d’un bain public, car tous ceux qui s’y trouvent sont nus, et même s’il n’y a personne, le statut du bain public est assimilé à celui des toilettes en raison de la chaleur et de la saleté, ce qui contredit l’exigence que « ton camp soit saint ». Même pour y prendre un objet, il ne faut pas y entrer avec les tefiline, que ce soit en les portant ou dans leur étui. En revanche, dans un mikvé où l’eau est toujours froide et où il n’y a pas de saleté liée à la toilette, il est permis d’y entrer avec les tefiline lorsqu’il n’y a pas de personnes nues. Dans la pièce intermédiaire où certains sont habillés et d’autres nus, il ne faut pas mettre les tefiline a priori, mais si on les porte déjà sur la tête, il n’est pas nécessaire de les retirer. Dans la pièce extérieure où tous sont habillés, il est permis d’y mettre les tefiline a priori.
Tsitsit et Tefiline le 9 Av
Réponse
Le minhag de Jérusalem est de prier Cha'harit à Tich'a Beav avec la communauté à la synagogue en portant le talit et les tefiline, et cette coutume a une base solide dans la tradition, il ne faut donc pas changer ce minhag. Ceux qui souhaitent agir ainsi et rétablir cette pratique font bien. Dans certains endroits, on a l'habitude de prier Cha'harit à Tich'a Beav sans tsitsit ni tefiline, et ce n'est qu'à Min'ha que l'on porte le tsitsit et que l'on met les tefiline à la synagogue. Ceux qui suivent cette coutume, il est bien qu'ils fassent en sorte que chacun porte le tsitsit et mette les tefiline chez lui avant la prière de Cha'harit, et lise avec eux le Chema, puis enlève le talit et retire les tefiline, et aille à la synagogue pour Cha'harit. À la prière de Min'ha, il remettra le tsitsit et les tefiline avec leurs bénédictions. Sur ce point, il ne faut pas changer du minhag afin d'éviter la dispute. Mais il ne faut pas qu'une partie de la communauté agisse d'une manière et une autre partie d'une autre manière ; il convient de s'accorder et d'unifier leur pratique afin de ne pas former des groupes séparés. On récite les bénédictions sur le tsitsit et les tefiline lorsqu'on les porte à Tich'a Beav.
Réponse
Ceux qui mettent les tefiline de Rabbénou Tam chaque jour doivent aussi les mettre à Tich'a Beav. Si, dans leur lieu, on a l'habitude de mettre les tefiline à Cha'harit à Tich'a Beav, ils mettront également les tefiline de Rabbénou Tam à Cha'harit. Si, dans leur lieu, on a l'habitude de mettre les tefiline à Min'ha à Tich'a Beav, il convient qu'ils mettent les tefiline de Rachi et de Rabbénou Tam chez eux avant la prière de Cha'harit, et qu'ils lisent avec eux le Chema, puis qu'ils remettent les tefiline de Rachi à la prière de Min'ha à la synagogue.

