Questions pratiques
Sur quel vin réciter le Kiddouch
Réponse
Si l'on ne dispose que de raisins secs sans pépins, on peut s'appuyer sur les décisionnaires indulgents pour en faire du vin pour le kiddouch et la havdala, et réciter la bénédiction "boré péri haguéfen", car en l'absence de coutume, on ne craint pas un doute sur les bénédictions. Il en va de même pour le jus de raisin.
Réponse
Il est permis de faire le kiddouch sur du jus de raisin, et on récite dessus la bénédiction "boré péri haguéfen". De même, pour les vins ayant subi un processus de pasteurisation ou de cuisson, on récite au début "boré péri haguéfen" et on peut faire le kiddouch dessus. Lorsque l'on boit ces boissons en dehors du kiddouch ou d'un repas, on récite à la fin la bénédiction "al haguéfen véal péri haguéfen". Tel est l'usage, et en présence d'une coutume, on ne craint pas le risque d'une bénédiction vaine.
Réponse
Celui qui reçoit chez lui, le vendredi soir, un Juif qui transgresse publiquement le Chabbat, s'il y a un risque que cet invité verse du vin, il est préférable, avant Chabbat, de faire bouillir le vin et de le laisser bouillir quelques instants sur le feu. Ainsi, il sera permis de donner à l'invité de goûter ce vin, et même de le laisser verser le vin. Si cela n'a pas été fait, il faudra s'efforcer de verser soi-même le vin et d'en donner un peu à l'invité dans un verre séparé, puis de jeter ce qui reste dans le verre de l'invité. Si l'invité a tout de même versé le vin pour le maître de maison, si cet invité prie pendant Chabbat, on peut s'appuyer sur les décisionnaires qui sont indulgents à ce sujet, surtout lorsqu'il y a un risque de dispute ou d'animosité. De plus, avec les vins actuels en Israël, qui sont pour la plupart pasteurisés, il n'y a pas à craindre du tout le problème de yayin neseh, et leur statut est celui de vin cuit. Celui qui écoute le kiddouch d'une personne qui transgresse publiquement le Chabbat, et qu'il ne peut pas faire le kiddouch lui-même, peut s'acquitter de son obligation par une telle personne. Cependant, il est bon de réciter à voix basse le texte du kiddouch en même temps que celui qui officie, et de fixer son regard sur la coupe au moment du kiddouch.
Réponse
Il est interdit de faire le kiddouch sur du vin non surveillé (stam yenam), ou sur du vin touché par une personne qui transgresse publiquement le Chabbat. Par conséquent, même si l'on ne trouve pas d'autre vin, il ne faut pas faire le kiddouch sur du vin non surveillé ou sur du vin d'une telle personne, car il est possible de faire le kiddouch sur du pain. De nos jours, en Israël, la plupart des vins sont pasteurisés.
Réponse
Si quelqu'un a transgressé et a fait le kiddouch sur du vin non surveillé, il est tout de même quitte de son obligation a posteriori.
Réponse
Même dans un endroit où le vin n'est pas disponible, il ne faut pas faire le kiddouch du vendredi soir sur une boisson locale (hamar medina) comme du shekhar ou de la bière, mais il faut faire le kiddouch sur du pain. C'est ainsi que tranche Maran dans le Choulhan Aroukh, selon les décisionnaires qui estiment qu'il ne faut pas faire le kiddouch du vendredi soir sur une boisson locale, mais sur du pain. Cependant, lors du kiddouch du matin de Chabbat, si l'on n'a pas de vin, on fait le kiddouch sur une boisson locale, c'est-à-dire du shekhar ou de la bière, car si l'on faisait le kiddouch sur du pain, il n'y aurait aucune distinction, puisque même en semaine on doit réciter la bénédiction hamotsi sur le pain, et il ne serait pas évident que l'on fait le kiddouch.
Réponse
La règle principale selon Maran est qu'il ne faut pas faire le kiddouch rabba sur de la bière ou une boisson locale tant qu'il y a du vin dans la ville. Même si le vin est cher, on n'est pas dispensé de faire le kiddouch sur le vin pour cette raison. Ceux qui ont l'habitude de faire le kiddouch rabba sur la bière alors qu'il y a du vin dans la ville, que ce soit parce que le vin est cher ou parce qu'ils préfèrent la bière, n'agissent pas correctement. On ne doit faire le kiddouch sur la bière ou une boisson locale que s'il n'y a pas de vin dans la ville, ou lorsque le vin lui nuit, auquel cas il fera le kiddouch sur une boisson locale.
Réponse
Même lorsqu'on fait le kiddouch sur une eau-de-vie (yayin saraf), comme de l'arak ou du cognac, il faut en boire la quantité d'une bouche pleine, et la coupe doit contenir un reviit. Celui qui boit d'un seul trait un reviit d'arak ou de cognac, en dehors du kiddouch ou d'un repas, ne récitera pas de bénédiction finale, car il est possible que son comportement soit considéré comme inhabituel par rapport à la majorité des gens, qui ne boivent pas une telle quantité d'eau-de-vie d'un seul coup.
Réponse
Il n'est pas permis de faire le kiddouch le vendredi soir, ni la havdala à la sortie de Chabbat, sur du café, du thé, du lait ou d'autres boissons légères qui ne sont pas considérées comme hamar medina. Il en va de même pour le jus d'agrumes, les sodas ou le tempo. Même une personne qui ne peut pas boire de vin, ou qui n'a ni vin ni shekhar, n'est pas autorisée à faire le kiddouch ou la havdala sur ces boissons. Celui qui fait le kiddouch ou la havdala sur ces boissons prononce le Nom divin en vain, et il est interdit de répondre Amen après lui. Même pour le kiddouch du matin de Chabbat, il ne faut pas utiliser ces boissons. Toutefois, si le vin lui est nuisible, et qu'il ne peut pas faire le kiddouch sur du shekhar (dans une coupe de la quantité requise), car il ne peut pas en boire la quantité minimale d'une seule gorgée d'un seul trait, et que la bière n'est pas disponible chez lui, et qu'il n'y a personne d'autre pour faire le kiddouch à sa place, alors, uniquement dans une telle situation de contrainte et en l'absence de toute autre possibilité, il pourra réciter la bénédiction « cheakol nihya bidvaro » sur ces boissons avant le repas du matin, et cela sera valable en cas de grande nécessité, uniquement à la place du kiddouch du jour. À la sortie de Chabbat, si aucun vin n'est disponible dans la ville pour faire la havdala, ou si le vin lui est nuisible, il pourra faire la havdala sur du hamar medina, comme du shekhar ou de la bière. Mais le café, le thé, le jus d'agrumes et les autres boissons ne sont pas considérés comme hamar medina pour la havdala, et celui qui fait la havdala sur ces boissons entre dans un doute d'interdit de bénédiction vaine. Il vaut mieux alors s'appuyer sur la havdala dite dans la prière, ou écouter la havdala à la synagogue de la bouche du chaliah tsibour. Même dans un tel cas, il ne fera pas la havdala sur ces boissons.
Réponse
Celui qui n'a ni vin ni pain le vendredi soir ne doit pas faire le kiddouch sur du pat haba be-kisnin. Toutefois, s'il fixe son repas sur du pat haba be-kisnin et en mange la quantité correspondant à un repas fixé, il peut, a posteriori, s'appuyer sur certains avis pour faire le kiddouch sur un gâteau.
Réponse
Il ne faut pas faire le kiddouch sur d'autres types d'aliments, contrairement à ce qu'a écrit le Yaavets. Cependant, si dans la ville il n'y a que du pain à base de légumineuses ou de riz, il est possible de faire le kiddouch dessus sans mentionner le Nom divin ni la royauté, afin que la pratique du kiddouch ne soit pas oubliée. La bénédiction de jouissance sera récitée à la fin, afin d'éviter une interruption.
Réponse
La bénédiction « boré peri haguefen » récitée sur le vin du kiddouch dispense le vin bu pendant le repas, et il n'est pas nécessaire de refaire une bénédiction, à condition d'avoir l'habitude de boire du vin pendant le repas. Mais si l'on n'a pas cette habitude, même si l'on a goûté au vin du kiddouch, il faudra réciter à nouveau la bénédiction initiale « haguefen » sur le vin bu pendant le repas. Concernant la bénédiction finale, il n'est pas nécessaire de réciter une bénédiction finale sur le vin bu lors du kiddouch ou pendant le repas, car le birkat hamazon en dispense, que l'on récite le birkat hamazon sur une coupe ou non.
Réponse
Ceux qui écoutent le kiddouch fait à la synagogue après la prière de moussa et qui ont l'intention de s'acquitter de la bénédiction « boré peri haguefen », s'ils goûtent un peu du vin, même une simple goutte, lorsqu'ils boivent ensuite de la bière ou d'autres boissons légères, ils n'ont pas besoin de réciter la bénédiction « cheakol » sur ces boissons, car le vin dispense toutes les boissons. La règle pour l'auditeur est la même que pour celui qui fait le kiddouch lui-même. Mais s'ils n'ont pas goûté au vin, ils devront réciter la bénédiction sur les boissons qu'ils boivent après le kiddouch, car même s'ils se sont acquittés de l'obligation du kiddouch, ils ne se sont pas acquittés de la bénédiction de jouissance, sauf s'ils ont goûté au vin. Cette règle s'applique également pour les Ashkénazes.
Kiddouch à l’endroit du repas
Réponse
Le kiddouch n'est valable que s'il est fait à l'endroit où l'on prend le repas, comme il est dit : « Tu appelleras le Chabbat un délice », et les Sages expliquent que l'appel du Chabbat (kiddouch) doit se faire à l'endroit du délice (le repas). Ainsi, si quelqu'un fait le kiddouch sur le vin mais ne mange pas, il n'est pas quitte de l'obligation du kiddouch. Même s'il mange ensuite dans une autre maison, il n'est pas quitte de l'obligation du kiddouch. C'est comme s'il mangeait sans avoir fait le kiddouch. Par conséquent, si quelqu'un est contraint de prendre son repas dans une autre maison, il devra refaire le kiddouch à l'endroit où il prendra son repas.
Réponse
Celui qui écoute la bénédiction du kiddouch sur le vin faite par un ami ou un voisin, et a l'intention de s'acquitter de l'obligation du kiddouch, mais ne mange pas à cet endroit, n'est pas quitte de l'obligation du kiddouch. Cela s'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes.
Réponse
Celui qui entend le kiddouch d'un ami ou d'un voisin proche, mais n'a pas l'intention de manger à cet endroit, n'a pas le droit de goûter quoi que ce soit. Puisqu'il n'est pas quitte de l'obligation du kiddouch, il lui est interdit de goûter avant d'avoir fait le kiddouch à l'endroit où il prendra son repas. En revanche, si quelqu'un se trouve chez lui, que sa table est dressée devant lui, et qu'il entend le kiddouch de son voisin, et que l'auditeur a l'intention de s'acquitter et que le voisin qui fait le kiddouch a l'intention de l'en acquitter, il est quitte de l'obligation du kiddouch, car il mange à l'endroit où il a entendu le kiddouch. Même si l'auditeur n'a pas goûté au vin du kiddouch, cela n'est pas un problème, car l'obligation de boire ne concerne que celui qui fait le kiddouch lui-même ; pour les autres auditeurs, goûter est seulement une mitsva recommandée pour l'affection de la mitsva.
Réponse
Si quelqu'un a fait le kiddouch en ayant l'intention de manger dans un coin de la pièce, puis décide finalement de manger dans un autre coin, même s'il s'agit d'un grand salon, il n'a pas besoin de refaire le kiddouch, car tout est considéré comme une seule pièce. Cependant, a priori, il ne faut pas changer d'endroit, même d'un coin à l'autre. Si, avant le kiddouch, il avait l'intention de manger dans l'autre coin, il est permis de le faire même a priori.
Réponse
A priori, il ne faut pas changer de pièce après le kiddouch, même si, au moment du kiddouch, on avait l'intention de changer de pièce. Mais a posteriori, même si l'on passe d'une maison à une autre ou d'une maison à une cour, tant que l'on a exprimé avant le kiddouch l'intention de changer d'endroit, il n'est pas nécessaire de refaire le kiddouch, car par doute sur les bénédictions on est indulgent.
Réponse
Il en va de même si l'on voit son premier emplacement à travers une fenêtre ou quelque chose de similaire, même si l'on ne voit qu'une partie de l'endroit initial ; il n'est pas nécessaire de refaire le kiddouch.
Réponse
Si, dès le départ, on a eu l’intention de changer d’endroit, que ce soit d’une maison à une autre ou d’une pièce à une autre, et que l’on voit également depuis le nouvel endroit l’endroit initial, il est permis de changer d’endroit même a priori, à condition d’en avoir besoin. A plus forte raison, si le second endroit est proche du premier au point que l’on pourrait entendre le kiddouch depuis ce lieu, il est tout à fait permis, même a priori, d’agir ainsi, à condition de voir l’endroit initial et d’y avoir pensé dès le début.

