Questions pratiques
Situations où il n’y a pas d’obligation d’écouter son père
Réponse
Si la mère ordonne à son fils de faire une chose, et que le père lui demande également de faire quelque chose pour lui, le fils doit donner la priorité à l'ordre de son père et expliquer à sa mère, avec respect, qu'il est tenu par la halakha d'obéir à son père, et qu'elle aussi est tenue de respecter son mari. Même s'il s'agit d'une action concrète, il doit transgresser l'ordre de sa mère pour accomplir celui de son père. Cependant, si le fils constate que l'unique intention de son père, en lui demandant de ne pas honorer sa mère, provient de la haine ou d'une querelle envers elle, il ne doit pas écouter son père. Si ses parents sont divorcés, il doit honorer les deux de manière égale et il peut choisir lequel honorer en premier.
Réponse
Si la mère a demandé en premier à son fils de la servir, et qu'avant qu'il n'ait accompli sa demande, le père lui demande de le servir, il doit donner la priorité à son père sur sa mère. Il y a lieu de penser que même s'il a déjà commencé à accomplir la volonté de sa mère, et que son père lui demande alors de le servir, il doit interrompre et accomplir la volonté de son père.
Réponse
La priorité donnée au père ne concerne que le respect, mais si le père et la mère viennent demander à leur fils de la nourriture ou des vêtements, et que le père n'a pas les moyens alors que le fils en a, mais seulement pour l'un d'eux, il devra d'abord donner à sa mère. Ensuite, s'il lui reste de l'argent provenant de la tsedaka ou du maasser, il le donnera à son père.
Réponse
Si son père lui ordonne d'accompagner un certain invité au marché pour l'aider à acheter des objets, ou de venir en aide à quelqu'un dans une affaire, et que sa mère lui demande d'aller ailleurs pour lui apporter quelque chose dont elle a personnellement besoin, il doit d'abord accomplir la demande de sa mère, car l'ordre du père ne concerne pas un bénéfice direct pour lui-même.
Réponse
Si le père demande à son fils d'accomplir pour lui un travail que l'épouse n'est pas tenue de faire pour son mari, comme expliqué dans le Choulhan Aroukh Even HaEzer, et que la mère lui demande également d'accomplir ce même travail pour elle, certains estiment qu'il doit malgré tout donner la priorité à son père, tandis que d'autres ne sont pas de cet avis.
Réponse
Si une personne a accompli une action sur l'ordre de sa mère, et que son père lui demande pourquoi il a agi ainsi et qui lui a dit de le faire, et que le fils estime qu'en révélant que c'est sa mère qui lui a ordonné, cela provoquerait la colère du père contre la mère et entraînerait une dispute entre eux, il ne doit pas dire que c'est sa mère qui lui a demandé. Il lui est permis de mentir dans ce cas, car il n'y a pas d'interdiction de mentir pour préserver la paix dans le foyer ou pour accomplir la mitsva de respect envers la mère dans une telle situation.
Réponse
Il incombe au fils de veiller à ne pas raconter à ses parents des choses qui pourraient les peiner ou les attrister, lorsqu'il n'est pas nécessaire qu'ils en soient informés. De même, si le père est atteint d'une maladie grave, il ne faut pas le lui annoncer, car cela lui causerait une grande souffrance.
Réponse
La mitsva de résider en Erets Israël est incomparable, car elle équivaut à toutes les mitsvot de la Torah, en particulier lorsqu'on s'y installe dans l'intention d'accomplir la mitsva et d'y observer toutes les mitsvot liées à la terre. Il est donc une mitsva de guider les jeunes hommes à monter en Erets Israël pour étudier dans les yeshivot saintes du pays, et à s'établir ici de façon permanente dans la Terre Sainte. Même si le père ou la mère ordonne de ne pas monter en Erets Israël, il ne doit pas les écouter. À plus forte raison, si quelqu'un réside déjà en Erets Israël et que ses parents lui demandent de quitter la terre d'Israël pour s'installer à l'étranger afin de vivre avec eux et les aider, il ne doit pas les écouter, car la mitsva de résider en Erets Israël, même de nos jours, l'emporte sur la mitsva de respect des parents. Surtout que les parents eux-mêmes sont aussi obligés de monter en Erets Israël.
Réponse
Il est permis de se rendre à l'étranger pour aller saluer son père ou sa mère, à condition de revenir ensuite en Erets Israël. Concernant le fait de sortir à l'étranger pour se recueillir sur la tombe de ses parents, il est préférable de s'en abstenir, car l'étude de la Torah accomplie pour l'élévation de l'âme des parents a une valeur bien supérieure à la visite de leur tombe à l'étranger.
Réponse
Si le père envoie son fils faire des courses au marché où se trouvent des femmes habillées de manière indécente ou similaire, et que le fils risque de fauter en regardant des images interdites et ne peut pas s'en préserver, il n'est pas tenu d'obéir à son père et peut s'abstenir d'accomplir la demande de son père. Il doit réfléchir : si lui-même avait besoin d'aller au marché, se serait-il abstenu d'y aller à cause de la débauche ? Si, pour ses propres besoins, il n'aurait pas évité d'y aller, il ne s'abstiendra pas non plus d'y aller pour son père. Toutefois, il lui est permis d'acheter chez un marchand de légumes à un prix plus élevé et de payer la différence de sa poche, s'il en a les moyens. S'il n'en a pas, il prendra de l'argent du maasser pour accomplir la mitsva de respect des parents.
Réponse
Des parents qui ne respectent pas la Torah et les mitsvot organisent un repas pour leur anniversaire de mariage dans un restaurant non cachère et demandent à leur fils d'y participer en leur honneur. Il est interdit au fils d'obéir dans ce cas, car il ne doit pas entrer dans un restaurant non cachère à cause du hiloul Hachem. Cependant, si le restaurant est sous la surveillance du rabbinat local, même s'il n'est pas "mehadrin", il est permis au fils d'y entrer.
Réponse
Si un père demande à son fils de venir au mariage de son frère, et que la cérémonie se déroule dans un environnement où hommes et femmes sont mélangés, avec des tenues indécentes ou similaires, et que la famille refuse d’installer une séparation, le fils n’est pas tenu de participer à la fête et se contentera d’assister uniquement à la houppa. Il est évident que s’il y a des danses mixtes, il doit quitter les lieux immédiatement après la houppa. Parfois, il devra même s’abstenir totalement de venir à la houppa afin d’éviter un 'hiloul Hachem, si l’on risque de voir un juif craignant Hachem dans un tel endroit. Dans chaque cas, il convient de consulter un hakham pour juger la situation particulière.
Réponse
Si le frère d’une personne se marie lors d’une cérémonie célébrée par un rabbin réformé, et que le père demande à son fils de venir participer à la joie de son frère, il est évident qu’il n’y a aucune obligation, au titre du respect des parents, d’écouter son père et de participer à ce mariage. Il expliquera à ses parents qu’il y a là un 'hiloul Hachem si un juif craignant Hachem assiste à de tels mariages. Il ne faut pas permettre à un rabbin réformé de réciter une seule des bénédictions du mariage sous la houppa ou lors des repas de cheva berakhot. Si toutefois il a récité une bénédiction, celle-ci n’a aucune valeur et il ne faut pas répondre amen après sa bénédiction, car il est considéré comme un kofer.
Réponse
L’étude de la Torah est supérieure au respect des parents. Ainsi, si les parents exigent de leur enfant qu’il étudie dans une yeshiva tikhonit, il ne doit pas leur obéir et doit préférer étudier dans une yeshiva guedola où l’on se consacre à la Torah toute la journée. Il n’y a pas là de manquement à la mitsva de kiboud av vaem, car l’étude de la Torah est plus grande que le respect des parents, comme il est enseigné : « Talmud Torah kenegued koulam ». D’autant plus qu’aujourd’hui, les yeshivot kedoshot protègent la jeunesse de la déchéance spirituelle, et en étudiant dans une telle yeshiva, en se consacrant uniquement à la Torah, il aura plus de réussite dans son étude. L’expérience montre que la réussite dans la connaissance, le raisonnement et la profondeur de la Torah est bien plus grande dans les yeshivot entièrement consacrées à la Torah que dans les yeshivot tikhoniot où l’on étudie aussi d’autres matières. Toutefois, si possible, il est bon de tenter d’obtenir l’accord des parents par l’influence de rabbanim importants et de talmidei hakhamim, et de les apaiser en leur expliquant la grandeur de la mitsva de l’étude de la Torah.
Réponse
Si un fils souhaite quitter son lieu de résidence pour aller étudier la Torah ailleurs, et qu’il est nécessaire que ses parents donnent leur accord aux autorités pour qu’il obtienne un passeport ou un visa pour séjourner dans ce pays, les parents sont tenus de signer les documents nécessaires afin de permettre à leur fils d’étudier dans une yeshiva kedosha.
Réponse
Un père ne doit pas empêcher son fils dans ses études de Torah. Ainsi, si le fils souhaite poursuivre ses études dans un kollel après son mariage, le père ne doit pas l’en empêcher, et il a même la mitsva de l’aider financièrement dans la mesure de ses moyens pour lui permettre de continuer à étudier. Si, à l’inverse, le père demande à son fils de continuer à étudier au kollel, mais que le fils est attiré par l’engagement communautaire, l’aide aux autres ou le soutien aux yeshivot, même s’il n’y a pas là de mitsva de kiboud av vaem, il est néanmoins souhaitable que le fils accepte la réprimande de son père et s’investisse uniquement dans l’étude de la Torah, car rien n’est plus grand que l’étude de la Torah. Toutefois, s’il a essayé de se consacrer uniquement à la Torah et n’y est pas parvenu, il devra consulter ses rabbanim avant de quitter le kollel pour s’engager dans des activités communautaires.
Réponse
Si des parents demandent à leur fils de s’engager dans l’armée, que ce soit pour des raisons idéologiques ou pour qu’il aille au moins dans une yeshivat hesder ou similaire, le fils ne doit pas leur obéir, car rien n’est plus grand que l’étude de la Torah. Il doit préférer étudier dans une yeshiva kedosha plutôt que dans une yeshivat hesder. De toute façon, celui qui a fixé son étude de la Torah comme unique occupation est dispensé d’aller à l’armée, comme cela est connu.
Réponse
Si un fils souhaite étudier dans une yeshiva en dehors de la ville, ce qui entraînerait l'annulation de la mitsva de kiboud av vaem (respect des parents), et que ses parents s'y opposent, mais que le fils estime qu'il étudiera avec plus d'assiduité ou de manière plus correcte et réfléchie dans cette yeshiva extérieure, il n'est pas obligé d'écouter ses parents. En effet, chacun n'étudie que là où son cœur le désire, et l'étude de la Torah prime sur tout. Ceci est d'autant plus vrai si le fait de rester empêcherait le fils de progresser dans l'étude de la Torah, s'il ne réalise pas lui-même le principe de s'exiler vers un lieu de Torah. Cependant, si les parents exigent sa présence pour qu'il puisse les servir, par exemple s'ils sont malades et âgés et qu'il n'y a personne d'autre pour s'occuper d'eux, il devra consulter un hakham, surtout s'il est fils unique, car les voies de la Torah sont des voies de douceur.
Réponse
Si un père demande à son fils d'étudier les commentaires des aharonim, mais que le fils préfère se concentrer uniquement sur la guemara et les rishonim sans consulter les aharonim, bien qu'il soit vrai que chacun n'étudie que selon la méthode qui lui plaît, il ne doit pas s'obstiner sur ce point. Au contraire, il verra davantage de bénédiction dans son étude s'il examine aussi les aharonim après avoir bien compris la sougya avec les rishonim. Cela constitue le service des talmidei hakhamim de notre époque, et la Torah s'acquiert en groupe. Il est certain qu'il trouvera une réflexion utile dans l'étude des aharonim.
Réponse
Celui qui étudie la Torah et se trouve confronté à la mitsva de kiboud av vaem doit accomplir cette mitsva puis retourner immédiatement à son étude. Cependant, si le respect des parents l'empêche de poursuivre son étude, par exemple s'il ne peut plus étudier en yeshiva ou fixer des temps réguliers pour la Torah à cause de cette mitsva, il doit laisser de côté le respect des parents et se consacrer à l'étude, car l'étude de la Torah est plus grande que le respect des parents. De même, si un père appelle son fils qui étudie hors de la ville pour qu'il vienne le servir, le fils n'a pas à interrompre son étude et à voyager de ville en ville pour s'occuper de son père. Toutefois, si le père demande à son fils de s'occuper de lui de façon ponctuelle, même si cela oblige le fils à manquer un cours de Torah régulier, et qu'il n'est pas possible de faire accomplir cette mitsva par d'autres, le fils doit interrompre son étude et s'occuper du respect de son père, puisque la mitsva lui incombe à ce moment. Dès qu'il a terminé, il doit retourner à son étude.

