Questions pratiques
Lois du Kiddouch sur le vin
Réponse
Après avoir récité le kiddouch sur la coupe, on procède à la netilat yadayim et on récite la bénédiction correspondante. Si l'on a fait la netilat yadayim avant le kiddouch, cela montre que l'on préfère le pain, et il ne faudra pas réciter le kiddouch sur le vin, mais sur le pain.
Réponse
Il faut boire du verre du kiddouch une quantité équivalente à "melo logmav", c'est-à-dire tout ce qu'il peut déplacer d'un côté de sa bouche et qui remplit sa joue. Cela correspond à la majorité d'un reviit, soit environ quarante-deux grammes pour une personne de taille moyenne.
Réponse
Il est préférable et correct que celui qui fait le kiddouch boive lui-même du vin une quantité de melo logmav. Si celui qui a fait le kiddouch n'a bu qu'une petite quantité, mais qu'un des convives a bu melo logmav, a posteriori, tous se sont acquittés de l'obligation du kiddouch. Si le mekadesh ou un des convives a bu seulement un peu de vin, même si aucun n'a bu melo logmav, ils se sont acquittés de l'obligation du kiddouch.
Réponse
Il est une mitsva particulièrement recommandée que tous les convives goûtent du vin, par amour de la mitsva. Lorsque le maître de maison est attablé avec les membres de sa famille, la coutume veut que ceux-ci goûtent du verre dont le mekadesh a bu, et certains essuient l'endroit où il a bu. S'il est attablé avec des personnes qui ne sont pas de sa famille et qui sont pointilleux à ne pas boire du verre dont un autre a bu, il versera un peu de vin dans plusieurs verres afin que les convives puissent goûter du vin.
Réponse
Même celui qui n'a pas goûté du vin est acquitté de l'obligation du kiddouch, aussi bien pour le kiddouch du soir que celui du jour. Le fait que les convives goûtent du vin n'est pas indispensable, mais constitue seulement une marque d'affection pour la mitsva.
Réponse
Si, après avoir récité le kiddouch mais avant de goûter au vin, on a interrompu par la parole, il faut recommencer la bénédiction de boré peri hagefen, mais pas celle du kiddouch. De même, si le vin a été renversé avant d'être goûté et qu'on apporte un autre verre, il faut refaire la bénédiction de hagefen, mais pas celle du kiddouch. Cependant, si l'on avait l'intention de boire encore du vin après le kiddouch, il n'est pas nécessaire de refaire la bénédiction de boré peri hagefen. Quant aux auditeurs qui ont parlé avant de goûter au vin, si c'est avant que le mekadesh ait goûté, ils ne peuvent goûter au vin qu'après avoir récité eux-mêmes la bénédiction de boré peri hagefen. Toutefois, cela n'est pas indispensable et ils sont tout de même acquittés du kiddouch. S'ils ont parlé après que le mekadesh ait goûté, certains disent qu'ils n'ont pas besoin de refaire la bénédiction, mais selon d'autres, ils doivent la refaire.
Réponse
Il est permis de faire le kiddouch avec un verre à usage unique, ou un gobelet en papier, ou similaire. Cependant, s'il possède un autre verre, il est préférable de faire le kiddouch avec cet autre verre, afin d'accomplir "ceci est mon D.ieu et je l'embellirai", en embellissant la mitsva.
Réponse
Celui qui ne possède qu’un verre à l’ouverture étroite, ou une bouteille, peut accomplir le kiddouch avec ce récipient, à condition de porter son regard sur le verre depuis l’extérieur.
Réponse
Celui qui porte des gants sur les mains, il est préférable de les retirer avant de prendre le verre pour le kiddouch, afin de ne pas tenir le verre avec les gants. En revanche, si l’on a un bandage ou un plâtre sur la main, il est permis de tenir le verre ainsi.
Réponse
Celui qui souhaite s’acquitter de l’obligation du kiddouch en écoutant une autre personne, peut poser une condition en ayant l’intention suivante : si jamais il a du vin pour faire le kiddouch lui-même, il ne souhaite pas s’acquitter par l’écoute, mais s’il n’a pas de vin, il souhaite s’en acquitter. Il est permis d’agir ainsi, et on s’acquitte du kiddouch de cette manière.
Sur quel vin réciter le Kiddouch
Réponse
Il ne faut pas faire le kiddouch sur un vin qui a une mauvaise odeur, ni sur un vin découvert. Même à notre époque où l'on ne craint plus de boire du vin découvert, car il n'y a plus de serpents parmi nous, il ne faut tout de même pas faire le kiddouch sur un vin découvert. A priori, il convient d'être vigilant même si le vin n'est resté découvert qu'un court instant. Toutefois, a posteriori, on ne disqualifie le vin que si son odeur et son goût sont altérés, ou s'il est resté découvert toute une nuit. Il n'y a pas de différence à ce sujet entre le kiddouch et la havdala.
Réponse
Si l'on a récité le kiddouch sur un vin découvert, pour le kiddouch du soir il n'est pas nécessaire de recommencer, car il y a lieu de craindre une bénédiction en vain. Mais pour le kiddouch du jour, où seule la bénédiction "boré peri haguefen" est récitée, il est préférable de recommencer le kiddouch sur un vin valide. Si l'on a fait le kiddouch du vendredi soir sur un vin, et qu'après avoir goûté on découvre qu'il s'agit de vinaigre, il faut recommencer le kiddouch sur un autre vin, en récitant à nouveau "boré peri haguefen" et la bénédiction du kiddouch. Cela concerne un vinaigre complet, qui fait des bulles lorsqu'on le verse sur le sol. Mais si le liquide ne fait pas de bulles, nous ne savons pas s'il s'agit de vinaigre ou de vin, et en cas de doute sur les bénédictions, on adopte la position indulgente.
Réponse
Si un vin est devenu vinaigre et a été disqualifié pour le kiddouch, puis qu'on y a ajouté une substance qui améliore le vin, certains estiment qu'il reste impropre au kiddouch, car même s'il a retrouvé un bon goût, une fois disqualifié il ne redevient pas apte. D'autres autorisent son utilisation pour le kiddouch, puisque finalement il est maintenant propre à la consommation.
Réponse
Il est permis de réciter le kiddouch sur un vin nouveau, même s'il a été produit la veille de Chabbat. Il est donc permis de presser une grappe de raisin la veille de Chabbat et de faire le kiddouch sur ce jus.
Réponse
A priori, il est une mitsva de réciter le kiddouch sur du vin rouge. La coutume des Séfarades est de faire le kiddouch sur du vin rouge, même si le vin blanc est de meilleure qualité que le vin rouge. Toutefois, si le vin blanc n'est pas excessivement clair et qu'il est de meilleure qualité que le rouge, il convient de le privilégier.
Réponse
Si l'on ne trouve pas de vin rouge apte à la bénédiction "boré peri haguefen", on fera le kiddouch sur du vin blanc, et on pourra y mélanger un peu de vin rouge pour lui donner une couleur rouge. Il est permis de mélanger du vin rouge au vin blanc même pendant Chabbat, et il n'y a pas à craindre l'interdiction de teindre pendant Chabbat, car il n'y a pas de teinture dans les aliments et les boissons. Dans l'ouvrage "Menouhat Ahava", on a été plus strict concernant le vin du kiddouch : celui qui souhaite le colorer pour accomplir la mitsva sur du vin rouge, mettra d'abord le vin rouge puis ajoutera le vin blanc. Cette rigueur n'est qu'une mesure supplémentaire, car selon la règle principale, il est permis de colorer le vin même dans l'intention de le rendre rouge, car il n'y a pas de teinture dans les boissons destinées à la consommation. Cette opinion a été rapportée par le "Pimé Gadim" et citée dans le "Yabia Omer".
Réponse
Il ne faut pas faire le kiddouch sur un vin qui contient un mélange où la majorité est de l'eau. Par conséquent, selon notre coutume, il ne convient pas de se fier à certains hechcherim qui suivent l'avis du Rama pour plusieurs types de vins contenant une majorité d'eau.
Réponse
Un Séfarade qui écoute le kiddouch ou la havdala d'un Ashkénaze qui les récite sur un vin contenant une majorité d'eau est quitte de son obligation, car ils agissent selon leur propre coutume et cela est valable pour eux.
Réponse
On peut faire le kiddouch sur du vin de raisins secs, c'est-à-dire des raisins secs trempés dans l'eau, à condition qu'ils contiennent encore de l'humidité, de sorte que si on les pressait, il en sortirait un liquide semblable à du miel. La quantité d'eau utilisée pour les tremper ne doit pas dépasser la quantité des raisins secs après qu'ils aient gonflé dans l'eau. Il est préférable, a priori, de laisser tremper les raisins secs dans l'eau pendant trois jours complets, et alors on récitera la bénédiction boré peri haguéfen sur l'eau de trempage, ainsi que la bénédiction méen chaloch, et on pourra faire le kiddouch sur ce vin. Toutefois, celui qui se montre indulgent et récite boré peri haguéfen sur une macération de moins de trois jours, à condition que les raisins aient donné à l'eau un goût de vin véritable, a sur qui s'appuyer. Si l'on trempe les raisins secs dans l'eau et qu'on les presse bien pour en extraire toute l'humidité, il n'est pas nécessaire de tenir compte du temps de macération, et à plus forte raison si on les a écrasés avant de les tremper et qu'on les a ensuite bien pressés, surtout si on les a trempés dans de l'eau chaude pour les ramollir. Mais si l'on ne presse pas les raisins secs eux-mêmes, il faut, a priori, les laisser tremper trois jours complets. Si l'on a fait cuire les raisins secs avec l'eau puis retiré l'eau des raisins, cela est considéré comme du vin et on peut faire le kiddouch et la havdala dessus. Il est permis de mettre des raisins secs à tremper dans l'eau pendant Chabbat, afin de les boire pendant Chabbat.
Réponse
Dans tous ces cas, il faut que les raisins secs contiennent de l'humidité, de sorte que si on les presse, il en sortirait leur suc. Il faut également retirer les raisins secs de l'eau, que les raisins soient entiers, écrasés ou pressés, il faut toujours les retirer de l'eau de trempage pour que l'eau ait le statut de vin. Même si on les a pressés et que l'eau a le goût du vin, tant que tout le vin n'a pas été extrait des raisins et de leurs peaux, cela n'a pas le statut de vin, ni pour la bénédiction ni pour la question du vin de libation. Ce même principe s'applique aux raisins secs, même s'ils ont trempé trois jours ou plus de vingt jours. Si l'on a fait bouillir ou cuire les raisins secs et qu'on a retiré les raisins de l'eau, cela est considéré comme du vin et on récite la bénédiction "boré péri haguéfen" dessus.

