Questions pratiques
Lois du Kiddouch sur le vin
Réponse
Si une personne n'a pas les moyens d'acheter du vin pour le kiddouch et de préparer les besoins du repas pour l'honneur de la nuit, de la journée et du kiddouch du jour, il vaut mieux qu'elle achète du vin pour le kiddouch du soir plutôt que de préparer les besoins du repas ou d'acheter du vin pour le jour. Cependant, pour les autres besoins du repas, l'honneur du jour prime sur celui de la nuit, mais s'il ne possède qu'une seule coupe pour le kiddouch, l'honneur de la nuit prime sur celui du jour.
Réponse
Dès que le soleil s'est couché la veille de Chabbat, il est interdit de goûter quoi que ce soit avant le kiddouch, même de l'eau il est interdit de boire une fois la nuit tombée. [Mais il est permis de se laver la bouche avec de l'eau, car il n'a pas l'intention d'en tirer un plaisir gustatif.] Si quelqu'un s'est trompé et a récité une bénédiction sur un aliment avant le kiddouch, il devra en goûter un peu afin que sa bénédiction ne soit pas vaine. Il est également interdit d'accomplir tout travail, même une shevout derabbanan, car selon notre coutume, dès le coucher du soleil commence le temps de bein hashmashot, qui dure environ treize minutes et demie. Si quelqu'un a accepté Chabbat avant la nuit, il lui est immédiatement interdit de goûter quoi que ce soit. Mais s'il n'a pas accepté Chabbat et qu'il a soif après le coucher du soleil, durant le temps de bein hashmashot, il est possible d'être indulgent et de lui permettre de boire de l'eau pour apaiser sa soif.
Réponse
Il faut éduquer un enfant qui a atteint l'âge de l'éducation religieuse (environ six ans) à ne pas manger ni boire avant le kiddouch. Cependant, en cas de besoin, comme le matin avant la prière de chaharit, ou lorsqu'on attend longtemps l'arrivée d'un invité, il est permis à l'enfant (même s'il a atteint l'âge de l'éducation) de manger. Il est même permis de lui donner à manger de la main, surtout si la prière du Chabbat s'éternise. Toutefois, pour un garçon en bonne santé âgé de douze ans et un jour ou plus, il est bon de l'éduquer aussi sur ce point.
Réponse
Celui qui s'est trompé et a goûté avant le kiddouch, même s'il a déjà pris un repas complet, doit tout de même faire le kiddouch par la suite. Cependant, s'il se rappelle qu'il n'a pas fait le kiddouch dès qu'il commence à manger, il doit immédiatement interrompre son repas et faire le kiddouch, puis reprendre son repas. De même, si l'on a commencé à manger avant la tombée de la nuit et que la nuit tombe, il faut interrompre le repas, recouvrir la table d'une nappe et faire le kiddouch. Si l'on buvait du vin au début, on ne récitera que le kiddouch sans la bénédiction boré peri haguefen, car on a déjà récité cette bénédiction lors de la première consommation de vin pendant le repas ; il n'est donc pas nécessaire de la répéter avant le kiddouch. Après la bénédiction du kiddouch, on récitera hamotsi. Si l'on n'a pas de vin et que l'on fait le kiddouch sur le pain, on ne récitera pas hamotsi. Certains disent que même lorsqu'on fait le kiddouch sur le vin, on ne récitera pas hamotsi. En cas de doute sur les bénédictions, on adopte une attitude indulgente.
Réponse
Celui qui a oublié de faire le kiddouch le soir de Chabbat ou le soir de Yom Tov, et qui a déjà récité la bénédiction hamotsi sur le pain, mais se rappelle avant d'en avoir goûté, doit alors réciter la bénédiction du kiddouch sur le pain à cet endroit, puis il pourra manger. Cela n'est pas considéré comme une interruption entre la bénédiction hamotsi et la consommation du pain. En revanche, si l'on a récité hamotsi avant de faire la havdala à la sortie de Chabbat, et que l'on se rappelle avant d'avoir goûté, il faudra goûter un peu du pain, puis faire la havdala sur le vin, car on ne fait pas la havdala sur le pain.
Réponse
Celui qui a oublié ou a délibérément omis de faire le kiddouch le soir de Chabbat doit le faire pendant la journée, en récitant tout le texte du kiddouch du soir, car il est valable toute la journée. Cependant, il ne dira pas le passage "Vayehoulou". Même s'il a déjà prié la prière de Chabbat, il doit faire le kiddouch sur le vin avec la mention du Nom et de la royauté, et il devra boire de la coupe une quantité équivalente à la capacité de sa bouche s'il est en plein repas. S'il n'est pas en train de manger, il devra boire un quart de log de vin de la coupe du kiddouch, afin que cela soit considéré comme un kiddouch à l'endroit du repas.
Réponse
Si l'on n'a pas fait le kiddouch ni le soir ni le jour de Chabbat, et que l'on arrive au moment du bein hachmachot de la sortie de Chabbat (dans les treize minutes et demie après le coucher du soleil, selon les heures saisonnières), il faut faire le kiddouch sur une coupe de vin avec bénédiction. Il est recommandé de boire un quart de log de vin afin que le kiddouch soit fait à l'endroit du repas.
Réponse
Avant le kiddouch, il faut qu'une nappe soit étendue sur la table et que les deux pains soient posés dessus, puis on recouvre les pains avec une autre nappe. Cela rappelle la manne qui était placée dans une boîte, avec de la rosée en dessous et au-dessus, et la manne au milieu. De plus, cela évite que le pain ne soit "honteux" du fait que l'on bénit d'abord sur le vin alors que le pain est déjà posé devant soi. Il suffit que le pain soit couvert jusqu'à la fin du kiddouch. Il est bon de laisser le pain couvert jusqu'à la bénédiction hamotsi. Même si l'on fait le kiddouch sur le pain, il est bon de le couvrir pendant le kiddouch. On commencera par réciter hamotsi, poser les mains sur les pains, découvrir les deux pains, puis après la bénédiction hamotsi, on récitera la bénédiction du kiddouch, recouvrira à nouveau les pains et posera les mains dessus jusqu'à la fin du kiddouch. Toutefois, tout cela n'est pas indispensable à la validité.
Réponse
Lorsqu'on fait le kiddouch sur le vin, il faut prendre une coupe contenant au moins un quart de log (soit 81 grammes), la rincer à l'intérieur et la laver à l'extérieur, puis la remplir complètement de vin apte à la bénédiction. Toutefois, tant que la coupe contient la quantité requise, même si elle n'est pas pleine, cela n'est pas indispensable. Certains ne remplissent pas la coupe à ras bord, de peur que le vin ne déborde et ne soit déshonoré. La coupe doit être entière, mais en cas de nécessité, si l'on n'a qu'une coupe cassée ou ébréchée, il est permis de faire le kiddouch avec, à condition que personne n'ait bu dans le récipient contenant le vin. Mais si l'on a bu dans la coupe, le vin qui s'y trouve est considéré comme altéré et n'est plus apte au kiddouch. Ensuite, on tient la coupe de la main droite, on la soulève de la table d'une hauteur d'un tefah ou plus, sans aider la main droite avec la gauche. On récite debout "Yom hachichi vayehoulou..." jusqu'à "asher bara Elokim laassot", puis on dit la bénédiction boré peri haguefen, la bénédiction du kiddouch, et l'on boit assis.
Réponse
Il est d'usage de réciter le poème "Chalom Alekhem" le vendredi soir. Certains ont la coutume de répéter chaque strophe trois fois, mais si l’on est pressé pour étudier ou pour une raison similaire, il n’est pas nécessaire de répéter. On a également l’habitude de dire "Birkhouni lechalom malakhei hashalom", bien que ce passage s’adresse aux anges, cela n’est qu’une marque d’humilité, car on est gêné de demander directement au Roi. Certains omettent ce passage afin de ne pas donner l’impression de s’adresser à un ange, mais notre coutume est de le dire comme mentionné. Nous avons aussi l’habitude de dire "Tsetkhem lechalom", et il n’est pas nécessaire d’annuler cette coutume.
Réponse
Après "Chalom Alekhem", on récite le passage "Echet Hayil mi yimtsa" puis "Vayekhoulou hashamayim". Ensuite, on récite la bénédiction "Boré peri hagefen" et la bénédiction du kiddouch sur le vin.
Réponse
Certains ont l’habitude de dire avant le kiddouch les passages "Azamer bishvahin" et "Mizmor leDavid Hachem ro’i lo ekhssar". Là aussi, si l’on est pressé pour étudier ou pour une raison similaire, il n’est pas nécessaire de les dire. Selon la stricte règle, il n’est pas nécessaire de dire avant le kiddouch le texte "Leshem yihoud" et autres, car la bénédiction elle-même constitue l’intention de la mitsva. Il en est de même pour toutes les mitsvot dont la bénédiction précède l’accomplissement : la bénédiction suffit pour l’intention. Toutefois, celui qui souhaite dire "Leshem yihoud" ne doit pas y inclure des formulations controversées, comme d’indiquer qu’il accomplit une "mitsva positive de la Torah de faire le kiddouch", car selon la majorité des décisionnaires, on s’est déjà acquitté de l’obligation de la Torah par la tefila d’Arvit. De même, lorsqu’il dit "et mitsva positive d’ordre rabbinique de faire le kiddouch sur le vin", il y a des avis selon lesquels le kiddouch sur le vin est d’ordre toranique.
Réponse
Selon notre coutume basée sur la kabbala, on récite le kiddouch du vendredi soir debout, que l’on fasse le kiddouch pour soi-même ou pour d’autres. Il est toutefois préférable de boire assis. Pour le kiddouch du jour, on le fait assis.
Réponse
Il est préférable, a priori, de faire entendre le kiddouch à ses propres oreilles. Si cela n’a pas été fait, on est tout de même quitte. Cela concerne le cas où l’on a prononcé le kiddouch avec ses lèvres, mais si on ne l’a pas prononcé et qu’on ne l’a que pensé dans son cœur, même a posteriori on n’est pas quitte et il faut recommencer le kiddouch.
Réponse
Tous les membres de la maison doivent bien se concentrer pour écouter la bénédiction du kiddouch du début à la fin, récitée par le chef de famille, et avoir l’intention de s’acquitter de leur obligation. Celui qui récite le kiddouch doit aussi avoir l’intention d’acquitter les autres. Il n’est pas nécessaire que les auditeurs répètent le kiddouch mot à mot après celui qui le récite ; ils s’acquittent en l’écoutant, car pour le kiddouch aussi s’applique la règle de "chomea keone" (celui qui écoute est comme celui qui récite). Ainsi est la coutume dans les yéchivot : une personne récite le kiddouch en ayant l’intention d’acquitter tous les membres de la yéchiva qui l’écoutent.
Réponse
Lorsque le chef de famille récite le kiddouch et acquitte les membres de sa maison de leur obligation, il faut avertir les membres de la famille de ne pas répondre « Baroukh Hou ouvaroukh Chemo » après la mention du Nom de Hachem dans les bénédictions du kiddouch. En effet, pour toute bénédiction dont les auditeurs souhaitent s'acquitter, ils ne doivent pas répondre « Baroukh Hou ouvaroukh Chemo » après la mention du Nom de Hachem, car le principe de « chomea keoné » (celui qui écoute est comme celui qui répond) s'applique, et s'ils interrompent pour répondre « Baroukh Hou ouvaroukh Chemo », cela constitue une interruption et une modification de la formule fixée par les Sages pour les bénédictions. Toutefois, si quelqu'un a transgressé et a répondu « Baroukh Hou ouvaroukh Chemo » après la mention du Nom de Hachem dans une bénédiction dont il souhaite s'acquitter, a posteriori il est quitte et n'a pas besoin de refaire le kiddouch pour lui-même.
Réponse
Lorsque les membres de la famille sont nombreux et que certains ne peuvent pas bien entendre le kiddouch récité par le chef de famille, ou si celui qui récite le kiddouch bégaie ou avale des lettres et des mots de la bénédiction, ils doivent réciter à voix basse la bénédiction du kiddouch, et au moment de la bénédiction, ils doivent fixer leur regard sur la coupe dans la main de celui qui bénit. Lorsque celui qui récite le kiddouch termine la bénédiction, ils ne doivent pas répondre Amen à sa bénédiction, car ayant eux-mêmes récité la bénédiction et ayant l'intention de goûter au vin, répondre Amen constituerait une interruption.
Réponse
Certains ont l'habitude, lorsque le chef de famille qui récite le kiddouch bégaie ou a des difficultés similaires, de dire la bénédiction en même temps que lui, à l'exception du début et de la conclusion de la bénédiction. Bien que ceux qui agissent ainsi aient sur qui s'appuyer, il est préférable de réciter toute la bénédiction avec celui qui fait le kiddouch, mot à mot, y compris le début et la conclusion. En effet, il n'est pas correct de s'acquitter d'une partie de la bénédiction par l'écoute et d'une autre partie par la récitation.
Réponse
Celui qui écoute le kiddouch de son prochain sans comprendre du tout la langue n'est pas quitte de l'obligation du kiddouch selon l'avis du Maran du Choulhan Aroukh. Il en est de même pour toutes les bénédictions dont on s'acquitte par le principe de « chomea keoné » : si l'auditeur ne comprend pas la langue de celui qui récite, il n'est pas quitte de la bénédiction. C'est pourquoi, a priori, celui qui n'en comprend pas la langue doit réciter les bénédictions du kiddouch avec celui qui fait le kiddouch, mot à mot. Si cela n'est pas possible, on peut s'appuyer sur les décisionnaires qui estiment que le principe de « chomea keoné » s'applique même sans compréhension.
Réponse
Même celui qui ne récite pas le kiddouch pour lui-même, par exemple parce qu'il ne souhaite pas prendre le repas à cet endroit ou qu'il a déjà fait le kiddouch et mangé, peut réciter le kiddouch pour d'autres afin de les acquitter de leur obligation, lorsqu'il y a des personnes qui ne savent pas réciter le kiddouch elles-mêmes. En effet, pour les bénédictions des mitsvot, tous les membres d'Israël sont garants les uns des autres. Même si la bénédiction « Boré peri haguefen » fait partie du kiddouch et est une bénédiction de jouissance, et que pour les bénédictions de jouissance il n'y a pas de principe de garantie mutuelle, puisque cette bénédiction est liée à l'obligation du jour, il est permis de réciter le kiddouch pour d'autres même si l'on ne s'acquitte pas soi-même du kiddouch. Il n'y a pas de différence à ce sujet entre le kiddouch du vendredi soir et celui du matin. Celui qui récite le kiddouch pour acquitter d'autres, et a l'intention de refaire le kiddouch chez lui sans s'acquitter maintenant, ne doit pas goûter lui-même au vin, mais doit en faire goûter aux autres.

