Questions pratiques
Ne pas interrompre devant celui qui prie
Réponse
Il est interdit de passer devant une personne qui prie à l’intérieur de quatre amot, soit environ 1,92 mètre. Cette interdiction s’applique même de nos jours, où tout le monde n’a pas la même kavana. Cela concerne uniquement le fait de passer devant le priant ; il est permis de passer ou de rester sur ses côtés, même à l’intérieur de ses quatre amot. Ainsi, si quelqu’un a terminé sa prière et qu’une autre personne se trouve derrière lui et n’a pas fini, il ne doit pas reculer de trois pas si cela le fait entrer dans les quatre amot du priant derrière lui ; il attendra que l’autre ait terminé. Si, après avoir reculé de trois pas, il se trouve sur le côté du priant, à l’intérieur de ses quatre amot mais pas directement en face de lui, il est autorisé à reculer. Selon le Zohar Hakadosh, il convient d’être rigoureux et de ne pas passer devant le priant même à la distance de son champ de vision, ni de passer sur ses côtés à l’intérieur de ses quatre amot. Selon la règle stricte, il n’est pas nécessaire de tenir compte de cette rigueur, mais celui qui agit ainsi sera béni.
Réponse
Certains avisent que si la personne en prière rabat son talit sur son visage, ou ferme les yeux, il est permis de passer devant elle. D'autres sont plus stricts, car les Sages n'ont pas fait de distinction, et de plus, la personne en prière peut percevoir le bruit des pas et être ainsi dérangée dans sa kavana. Ceci est particulièrement vrai selon les propos du Zohar. Il est donc recommandé d'adopter la rigueur sur ce point, sauf en cas de nécessité.
Réponse
Un cohen qui souhaite faire la birkat cohanim et qui doit se laver les mains avant, mais pour cela doit passer devant une personne en prière, il faut lui dire de faire la birkat cohanim sans se laver les mains à ce moment, et il pourra s'appuyer sur la netila qu'il a faite le matin. Cependant, si la personne en prière se trouve à plus de quatre amot de lui, il pourra passer devant elle pour se laver les mains, et dans ce cas il n'est pas nécessaire d'être strict selon le Zohar concernant le passage devant une personne en prière sur toute la longueur de son regard. À condition qu'il ait gardé ses mains propres et n'ait pas touché des endroits nécessitant une nouvelle netila.
Réponse
Celui qui doit aller donner un cours à un public qui l'attend a le droit de passer devant une personne en prière pour ce besoin, car il s'agit d'une mitsva collective qui repousse cet interdit. Ceci est d'autant plus valable si la personne en prière a rabattu son talit sur son visage.
Réponse
Si l'assemblée attend un dixième homme pour pouvoir dire le kaddich ou la kedoucha, et qu'une personne se trouve dans une pièce voisine, il existe des avis permissifs pour qu'il passe devant une personne en prière afin de compléter le minyan et éviter de faire attendre la communauté. D'autres s'y opposent, car il est possible d'attendre la fin de la prière sans transgresser cet interdit. En cas de nécessité, lorsqu'il y a une gêne pour la communauté, et surtout si la personne en prière ferme les yeux ou rabat son talit sur son visage, il est possible d'être indulgent et de passer devant la personne en prière pour ce besoin.
Réponse
Certains disent qu’il est permis de passer devant une personne en prière afin de ne pas transgresser l’interdit de bal tachaketsou. D’autres ne l’autorisent que dans un cas de force majeure. Et lorsque la personne en prière ferme les yeux, celui qui se montre indulgent a sur qui s’appuyer. Tout cela concerne le cas où il n’est pas contraint de sortir pour ses besoins de façon pressante ; sinon, il faut être strict. Mais dans tous les cas, si quelqu’un a dû interrompre sa prière pour sortir aux toilettes et revient pour continuer sa prière, il ne doit pas se permettre de passer devant une personne en prière pour retourner à l’endroit où il priait.
Réponse
Il n'est pas permis d'être indulgent et de passer devant une personne en prière simplement pour rejoindre sa place habituelle, car l'importance d'avoir une place fixe pour la prière n'est pas suffisante pour permettre de transgresser cet interdit.
Réponse
Certains avis permettent de passer devant un enfant qui prie la Amida. Cependant, le Gaon Hazon Ich adopte une position stricte à ce sujet, en particulier pour un enfant âgé de neuf ans ou plus. Bien que, selon la règle principale, il soit permis d'être indulgent, il est néanmoins préférable, dans la mesure du possible, de ne pas passer devant un enfant en train de prier.
Réponse
Il ne faut pas passer non plus devant une femme qui prie la Amida, y compris lorsqu'elle accomplit une seconde prière dans la journée.
Réponse
Lorsqu’une personne prie dans un endroit servant de passage au public, comme un couloir de synagogue, certains permettent de passer devant elle afin d’arriver à une prière régulière et posée, ou pour les besoins de l’étude, à condition qu’il n’ait pas d’autre choix. Il est préférable, dans ce cas, de réciter des versets de Tehilim ou un enseignement de nos Sages en passant. Bien qu’on puisse dire que celui qui prie n’a pas bien agi en choisissant un tel endroit, il n’est pas permis pour autant d’enfreindre l’interdiction de passer devant quelqu’un qui prie. Toutefois, en cas de nécessité, on peut s’appuyer sur les avis indulgents, en particulier lorsque le priant se trouve dans un autre domaine, comme lorsqu’il prie devant l’entrée.
Réponse
Si l'on a terminé sa prière et qu'une autre personne prie derrière soi, il est interdit de faire les trois pas en arrière tant que l'autre n'a pas terminé sa prière, car en reculant, on passerait devant celui qui prie. Même si cette personne prolonge beaucoup sa prière, il ne faut pas se permettre de reculer devant elle. Certains sont indulgents dans ce cas si l'on recule sur les côtés, en particulier pour une personne âgée, malade ou affaiblie pendant les jours de jeûne.
Réponse
Si l'on a terminé sa prière et qu'une autre personne commence à prier derrière soi, il est interdit de faire les trois pas en arrière, même si l'autre a commencé après soi, car dès qu'il a commencé, reculer est considéré comme empiéter sur son espace.
Réponse
L'interdiction de faire les trois pas en arrière devant quelqu'un qui prie ne s'applique que si, en reculant, on entre dans les quatre coudées de celui qui prie derrière soi. Mais si, même après avoir reculé, on ne pénètre pas dans ses quatre coudées, il est permis de reculer, même si l'on se trouve face à lui. Même si celui qui prie derrière soi se trouve déjà dans ses propres quatre coudées, il est permis, selon l'avis de Maran, de reculer sur les côtés. Il a déjà été expliqué que, selon le Zohar, il est interdit de passer devant quelqu'un qui prie sur toute la portée de son regard, et sur les côtés dans ses quatre coudées. Celui qui se montre rigoureux selon le Zohar en ne reculant pas devant quelqu'un qui prie sur toute la portée de son regard, et même sur les côtés dans ses quatre coudées, sera béni.
Réponse
Certains estiment que si l’on a terminé sa tefila et qu’une autre personne prie encore derrière soi, il est interdit de faire les trois pas en arrière, même si l’on est en train de réciter les tahanounim qui suivent la tefila. D’autres sont plus indulgents à ce sujet. En cas de besoin, on peut s’appuyer sur l’avis permissif pour faire les trois pas en arrière devant quelqu’un qui se tient en train de dire les tahanounim.
Réponse
Celui qui a terminé sa tefila mais ne peut pas faire les trois pas en arrière parce qu’une autre personne se trouve en train de réciter la Amida dans ses quatre coudées, certains estiment qu’il est permis de passer devant celui qui a terminé sa tefila, ou de faire les trois pas en arrière, à condition d’être à une distance de quatre coudées de la personne qui prie derrière lui.
Réponse
Un talmid hakham qui a terminé sa tefila et voit que l’assemblée attend qu’il fasse les trois pas en arrière, alors qu’une personne derrière lui n’a pas fini sa tefila, ne doit pas reculer, mais doit faire un signe de la main au chaliah tsibour pour qu’il commence la répétition de la Amida, afin de ne pas déranger l’assemblée. De même, si le chaliah tsibour a terminé la Amida silencieuse mais que la personne derrière lui n’a pas terminé, et qu’il ne peut pas reculer dans ses quatre coudées, en raison de la gêne pour l’assemblée, il commencera la répétition de la Amida et s’appuiera sur les pas qu’il fera lors du Kaddich Titkabal.
Réponse
Certains sont rigoureux et ne permettent pas à quelqu’un de passer devant eux lorsqu’ils se tiennent à l’endroit où ils ont terminé leurs trois pas, tant qu’ils ne sont pas revenus à leur place. Ils s’appuient sur l’opinion rapportée au nom de Rabénou Manoah. Cependant, ceux qui ont l’habitude, en voyant quelqu’un vouloir passer devant eux, de se hâter de revenir à leur place avant d’attendre le temps prescrit par le Choulhan Aroukh, se trompent.
Réponse
Si, immédiatement après avoir terminé sa tefila et reculé de trois pas, le chaliah tsibour arrive à la Kedoucha, il est permis de revenir tout de suite à sa place pour dire la Kedoucha à l’endroit où il a prié la Amida. C’est ainsi qu’agissaient les sages.
Réponse
Si, devant la personne en prière, se trouve une estrade ou un banc fixe d’une hauteur de dix tefahim, certains estiment qu’il est permis de passer devant le priant. D’autres s’y opposent. Il ne faut pas être indulgent dans ce cas, car cela perturbe malgré tout la concentration du priant qui voit passer quelqu’un devant lui. De plus, selon la Kabbala, il ne faut pas passer devant le priant, même si celui-ci rabat son talit sur son visage.
Réponse
Celui qui termine sa tefila le jour de Yom Kippour et, en raison de sa faiblesse, souhaite s’asseoir, et qu’il n’a pas d’autre endroit pour s’asseoir que face à une personne en train de prier, il peut être indulgent et s’asseoir, car il est évident qu’il s’assoit à cause de la fatigue du jeûne. Il en va de même pour une personne âgée ou malade, même pendant le reste de l’année.

