Questions pratiques
Situations où il n’y a pas d’obligation d’écouter son père
Réponse
Si le fils a l'habitude de se montrer strict dans certains domaines par piété et pour se sanctifier dans ce qui lui est permis, et que son père lui ordonne de ne pas être strict, il n'y a pas, selon la halakha, de mitsva de kiboud av vaem dans ce cas. Si le fils souhaite accomplir des actes de piété (mili de hassidout) et que le père veut l'en empêcher parce qu'il craint pour son honneur, ressentant une forme de supériorité du fils à son égard, le fils ne doit pas, à D.ieu ne plaise, mépriser la volonté de son père. Ainsi, s'il accomplit ces actes de piété, il devra veiller à ne pas les faire devant son père ou à sa connaissance. A fortiori, il ne devra pas lui causer de peine, ni lui répondre ou se comporter avec insolence, car pour des actes de piété, il risquerait, à D.ieu ne plaise, de tomber sous la malédiction "maudit soit celui qui méprise son père ou sa mère", et au lieu de recevoir une bénédiction pour ces actes, il en tirerait une perte.
Réponse
Celui qui a l'habitude de prier selon le rite séfarade et dont le père lui ordonne de changer pour prier selon le rite Sefard, n'est pas tenu de l'écouter.
Réponse
Si le fils souhaite jeûner le jour de la disparition de sa mère (yahrzeit), ou faire un jeûne la veille de Roch Hodech, ou se tremper dans l'eau froide avant la tefila, et que ses parents craignent pour sa santé et lui demandent de ne pas jeûner, et qu'ils en souffrent, il doit leur obéir. S'il a déjà jeûné trois fois un jeûne non obligatoire, comme celui de la veille de Roch Hodech ou similaire, il doit faire une hatara sur cette bonne habitude avant d'y renoncer, et il devra s'abstenir de cette rigueur, conformément à la volonté de ses parents.
Réponse
Lorsqu'une personne souhaite donner un rein à l'un de ses proches et que son père s'y oppose, et que ce dernier en souffrirait si le don avait lieu, certains estiment qu'il est interdit de donner le rein sans l'accord du père. D'autres pensent qu'il est permis de donner le rein à un proche, en particulier à son fils ou à sa femme, même sans l'autorisation du père. Il est recommandé de solliciter l'intervention de rabbanim et de talmidei hakhamim pour convaincre le père de donner son accord, surtout de nos jours où le don de rein n'est plus considéré comme particulièrement dangereux. De plus, il s'agit d'un cas de sauvetage de vie lorsqu'il n'existe pas d'autre solution.
Réponse
Une femme âgée qui a une fille mariée, et qui souffre d'une maladie rénale et a besoin de dialyse, et il est possible que la fille accueille sa mère chez elle et s'occupe d'elle, ce qui prolongerait la vie de la mère, ou bien que la mère se rende plusieurs fois par semaine à l'hôpital pour y recevoir un traitement, bien que ce traitement soit de moindre qualité que celui qu'elle recevrait à domicile, si le mari s'oppose à ce que sa belle-mère vienne vivre chez eux, il ne faut pas le contraindre à accepter sa belle-mère dans sa maison, et la femme doit respecter la volonté de son mari.
Réponse
Si un fils commence à porter un gartel pendant la tefila, et que son père en éprouve de la honte parce que l'on se moque de lui en disant que son fils agit de manière étrange, notamment dans les communautés séfarades où les grands d'Israël n'ont pas cette pratique, il faut craindre pour le respect du père lorsqu'il y a un risque d'humiliation pour ce dernier. Il est donc correct que le fils écoute son père dans ce cas.
Réponse
Si une mère ordonne à son fils de ne pas sortir la nuit pour collecter la tsedaka par crainte d'un danger, alors qu'en réalité il n'y a aucun danger et qu'elle se trompe complètement, le fils n'est pas obligé d'obéir à cet ordre. Toutefois, il devra s'efforcer d'agir de manière à ce que sa mère ne s'en rende pas compte, afin de ne pas lui causer de peine.
Réponse
Si le père demande à son enfant quelque chose qui ne lui procure ni plaisir ni utilité, tandis que la mère demande quelque chose qui lui apporte un bénéfice ou du plaisir, l'honneur dû à la mère prime sur celui du père.
Réponse
Même si le père n'a rien demandé explicitement, lorsqu'il s'agit de ses besoins corporels, il faut les satisfaire pour lui. En revanche, s'il ne s'agit pas de ses besoins corporels, il n'y a pas d'obligation stricte, même si l'on sait que cela lui procurerait de la satisfaction. Malgré tout, il est bon d'agir ainsi pour son père, car tout ce qui procure de la satisfaction au père constitue une mitsva.
Réponse
Si le père demande à son fils quelque chose dont il ne tire aucun bénéfice direct, il y a un doute s'il est permis au fils de répondre explicitement "non" à son père, ou s'il faut craindre l'interdit de contredire ses paroles. Il semble qu'il ne faut pas répondre explicitement "non" à son père, mais plutôt se taire, ou dire qu'il va réfléchir à la demande, ou qu'il va consulter à ce sujet.
Réponse
Si quelqu'un est en train de réciter le Chema et que son père lui demande, au milieu de la récitation, d'aller lui apporter un objet du grenier ou d'une pièce voisine, il doit élever légèrement la voix pendant la récitation du Chema afin que son père comprenne qu'il est occupé par la mitsva de la récitation du Chema. S'il se trouve dans la deuxième section du Chema, il peut faire un signe à son père pour lui indiquer qu'il est en train de réciter le Chema, et après avoir terminé, il accomplira la volonté de son père. Toutefois, il est préférable, même dans la deuxième section, de ne pas faire de signe, mais plutôt d'élever légèrement la voix pour que son père comprenne qu'il est occupé par la récitation du Chema.
Réponse
Si le fils est en train de réciter le Chema et que son père entre dans la pièce, il ne doit pas lui dire "Chalom", car de nos jours, tout le monde pardonne le fait de ne pas interrompre la récitation du Chema et de ses bénédictions pour saluer son père ou son maître. Cependant, il doit se lever entièrement devant son père, même au milieu du Chema, comme expliqué précédemment. Si le fils est revenu à la pratique religieuse et que son père, qui n'observe pas la Torah et les mitsvot, entre pendant qu'il récite le Chema, et que le père ne comprendra pas que c'est à cause de la récitation du Chema qu'il ne le salue pas, dans ce cas, il pourra lui dire "Chalom" même au milieu du Chema.
Réponse
Si le fils a récité le Chema sur le lit et a prononcé la berakha de Hamapil, et que son père lui parle, il est permis de répondre à son père en raison de kiboud av vaem. Il n'est pas nécessaire de réciter à nouveau le Chema.
Réponse
Si le fils souhaite épouser une femme qui n'est pas pudique et issue d'une famille de moindre valeur, et que cela cause de la peine et de la souffrance à son père, qui lui ordonne de ne pas l'épouser, il est obligé d'écouter son père. Car en l'épousant, il cause du chagrin et de la honte à ses parents, et il est dit : "Maudit soit celui qui méprise son père ou sa mère". On trouve également dans la Torah qu'Its'hak Avinou a ordonné à Yaakov Avinou de ne pas prendre femme parmi les filles de Kena'an parce qu'elles étaient mauvaises et corrompues, et Rivka a dit à Its'hak : "Je suis dégoûtée de la vie à cause des filles de Het" ; il en va de même pour toutes les sept nations. Yaakov a écouté son père et sa mère. Mais si la femme est convenable et pudique comme les autres filles d'Israël, même si son père lui ordonne explicitement de ne pas l'épouser, il n'est pas obligé de l'écouter. Même si son père décède après lui avoir donné cet ordre, il n'est pas tenu de respecter la volonté du défunt, et il peut épouser une femme convenable selon son choix.
Réponse
Si les parents ordonnent à leur fils de ne pas épouser une certaine femme uniquement parce qu'elle appartient à une communauté particulière, il n'a pas à leur obéir, à condition qu'il soit établi qu'elle est pieuse et possède de bonnes qualités. De même, si un père ordonne à sa fille de ne pas épouser un certain homme parce qu'il n'est pas issu d'une famille respectée, elle n'est pas obligée de l'écouter, car il n'y a pas là de mitsva de respect des parents. De même, si la femme possède de bonnes qualités et la crainte de Dieu, mais ne plaît pas au père ou à la mère, ou si le père affirme qu'elle n'est pas convenable pour son fils alors que, selon le fils, elle lui convient, il n'a pas à écouter ses parents pour ne pas l'épouser. Toutefois, il agira avec modération et sur les conseils d'un sage.
Réponse
Lorsqu'une jeune fille juive reçoit de son père l'ordre, au nom du respect dû aux parents, de ne pas épouser un homme qu'elle désire, et que le père est rigoureux à ce sujet à cause de la recommandation de Rabbi Yehouda Ha'hasid, mais que la fille ne souhaite pas tenir compte de cette recommandation, elle n'est pas obligée d'obéir à son père. Il en va de même pour un fils dont le père lui interdit d'épouser une femme à cause de la recommandation de Rabbi Yehouda Ha'hasid, par exemple si la fiancée porte le même prénom que la mère du fiancé : il n'est pas tenu d'écouter son père. Si le fiancé porte le même prénom que son beau-père, ou la fiancée le même prénom que sa belle-mère, ils ajouteront un prénom. Il est correct d'ajouter ce prénom trente jours avant le mariage lors de la montée à la Torah, et d'utiliser également ce nouveau prénom.
Réponse
Si un père ordonne à son fils d'épouser la fille de sa sœur, et que le fils craint de le faire car les médecins affirment que cela peut nuire aux enfants à naître, le fils n'est pas obligé de l'épouser. De plus, la mitsva de respect des parents ne s'applique pas dans les cas où cela n'apporte pas de bénéfice direct au père.
Réponse
Si un père ordonne à sa fille de ne pas se marier du tout afin qu'elle le serve, alors que la fille souhaite se marier et avoir des enfants, elle n'a aucune obligation de lui obéir. Il est conseillé à la fille de chercher un bon parti qui lui conviendra et d'épouser un homme convenable qu'elle désire. Elle ne doit pas se soucier de la mitsva de respect des parents dans ce genre de situation. Il en ressort un enseignement pour l'homme qui, au lieu de s'efforcer de marier sa fille en lui offrant une dot et de beaux vêtements, lui interdit de se marier : sa faute est très grave et il risque une punition de la part d'Hachem, car la souffrance physique ne peut être pardonnée.
Réponse
Si un père ordonne à son fils d'épouser une femme pour des raisons d'argent, alors que le fils souhaite épouser une femme de bonne famille, il ne doit pas écouter son père.
Réponse
Si un père demande à son fils de ne pas se marier jeune afin qu'il l'aide dans le commerce, ou pour qu'il puisse étudier davantage le Chass et les décisionnaires, le fils n'est pas tenu d'obéir à son père. Il doit au contraire s'empresser de se marier vers l'âge de vingt ans. Même si son maître ou le directeur de la yeshiva lui interdit de se marier à cet âge, il ne doit pas les écouter, car de nos jours il est possible d'étudier la Torah après le mariage dans un kollel, et la débauche est très répandue dans la rue. Il faut donc se hâter de se marier afin d'étudier la Torah dans la pureté. Personne ne doit prendre sur lui une telle responsabilité d'empêcher un jeune homme de se marier dans sa jeunesse.

