Questions pratiques
Kiddouch à la synagogue
Réponse
Cependant, la coutume adoptée dans certaines synagogues de réciter le Kiddouch sur une coupe de vin le vendredi soir a une base solide dans la tradition, et il ne faut pas l'annuler, car elle repose sur des fondements valables. Au contraire, à notre époque où de nombreuses personnes ignorantes ne font pas le Kiddouch chez elles, il est bon d'instaurer dans de tels endroits la récitation du Kiddouch à la synagogue afin de permettre à ces personnes de s'acquitter de l'obligation de Kiddouch de la Torah, même si ce n'est pas à l'endroit du repas. Il faudra simplement veiller à ce que le chaliah tsibour qui fait le Kiddouch boive un reviit de vin de la coupe du Kiddouch, ou qu'il en fasse goûter un reviit à un enfant ayant atteint l'âge de l'éducation.
Dire « Bame Madlikin »
Réponse
Il est d'usage de réciter le passage Bame Madlikin. Selon notre minhag, on le dit avant la prière d'Arvit.
Réponse
On ne récite pas Bame Madlikin pendant Yom Tov, car il est permis d’allumer pendant Yom Tov avec les huiles et mèches que les Sages ont interdites pour l’allumage du ner de Chabbat. Il en est de même lors d’un Yom Tov qui tombe un Chabbat, pendant Chabbat de Hol Hamoed, pendant Chabbat de Hanouka, et lors de Yom Kippour qui tombe un Chabbat. Dans ces cas, on dit à la place : « Amar Rabbi Elazar amar Rabbi Hanina talmidei hakhamim… ». En revanche, lors du Chabbat qui suit Yom Tov, notre minhag est de réciter Bame Madlikin.
Réponse
Lorsque l’on prie le vendredi soir dans la maison d’un endeuillé pendant les sept jours de deuil, il ne faut pas, a priori, instaurer la récitation de Bame Madlikin à cet endroit. Cependant, il est déjà d’usage de le dire la veille de Chabbat dans la maison d’un endeuillé, et il convient de justifier cette coutume. Si l’on prie dans la maison de l’endeuillé après les sept jours de deuil, il faut y réciter Bame Madlikin.
Réponse
Certaines personnes ont l’habitude de lire chaque veille de Chabbat le Chir Hachirim avec mélodie. Le minhag des hassidim de Beit El est de le lire entre Min’ha et Arvit, après Kabbalat Chabbat. D’autres ont l’habitude de le lire avant Min’ha. Si l’on craint qu’en lisant Chir Hachirim on risque de dépasser le temps de Min’ha, il faut repousser la lecture de Chir Hachirim après Kabbalat Chabbat. Toutefois, si le rav de la synagogue fait un discours devant l’assemblée le vendredi soir, et qu’il y a une gêne pour le public à la fois pour le discours du rav et pour la lecture de Chir Hachirim, il faut privilégier le discours du rav plutôt que la lecture de Chir Hachirim, d’autant plus que la lecture de Chir Hachirim n’est pas pratiquée partout. Quoi qu’il en soit, il faut tout faire sans dispute ni querelle.
Lois du Kiddouch sur le vin
Réponse
Après la prière d'Arvit, il convient de se hâter de rentrer chez soi pour faire le kiddouch, car il s'agit d'une mitsva de devancer la sanctification du jour, et toute personne zélée en la matière est digne de louange. Il ne faut donc pas s'attarder à discuter avec les fidèles, mais se dépêcher de rentrer chez soi pour faire le kiddouch. Certains ont l'habitude de bénir les enfants avant le kiddouch, d'autres le font après. Il est correct d'embrasser les mains de son père et de sa mère après le kiddouch.
Réponse
La mitsva du kiddouch le soir de Chabbat doit être accomplie avant de se laver les mains pour le repas. C'est ainsi qu'ont écrit Rav Amram Gaon, le Rif, le Rambam et Maran dans le Choulhan Aroukh. Cette pratique est répandue dans toutes les communautés d'Orient. Ceux qui ont l'habitude de se laver les mains avant le kiddouch doivent changer leur coutume et faire le kiddouch avant la netilat yadaïm pour le repas.
Réponse
Il s'agit d'une mitsva positive de la Torah de sanctifier le jour du Chabbat à son entrée par des paroles, comme il est dit : "Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier", c'est-à-dire le rappeler par des paroles de louange et de sanctification. Selon les Sages, ce rappel doit se faire sur une coupe de vin, en s'appuyant sur les versets où l'on trouve l'association du souvenir et du vin, comme "son souvenir est comme le vin du Liban" et "nous nous souviendrons de ton amour plus que du vin".
Réponse
Même pour le kiddouch du soir de Yom Tov, de nombreux Richonim estiment qu'il s'agit d'une obligation de la Torah. Bien que le Rav Maguid ait écrit que le kiddouch du soir de Yom Tov est d'ordre rabbinique, et que cela a été rapporté par les Aharonim pour la halakha, beaucoup de Richonim pensent qu'il est de la Torah, comme pour Chabbat, et c'est l'opinion principale en halakha. Ainsi, si Yom Tov tombe la veille de Chabbat et que l'on ne dispose que d'une seule coupe de vin, on fera le kiddouch sur la coupe le soir de Yom Tov, et le soir de Chabbat on fera le kiddouch sur le pain si l'on n'a pas trouvé de vin entre-temps, car on ne repousse pas les mitsvot.
Réponse
En rentrant chez soi, il convient de se hâter de faire le kiddouch et de manger immédiatement. Il est permis d'accepter Chabbat avant la tombée de la nuit, de faire le kiddouch et de manger, puis de prier Arvit plus tard dans la soirée, à condition de commencer son repas une demi-heure avant le temps de Arvit, qui est la sortie des étoiles. Il est permis a priori de faire le kiddouch avant la nuit, même si le kiddouch est une obligation de la Torah et que le jour n'est pas encore sanctifié, car on s'appuie sur les décisionnaires qui estiment que l'ajout du profane au sacré est une obligation de la Torah. Même selon ceux qui pensent que cet ajout est d'ordre rabbinique, on peut s'appuyer sur l'avis du Mordekhai selon lequel, puisque le temps va de toute façon arriver, et que l'obligation de la Torah viendra d'elle-même, on s'acquitte correctement de l'obligation du kiddouch en le faisant avant la nuit, et il sera permis de manger après la tombée de la nuit sur la base du kiddouch fait avant la nuit. Il a déjà été expliqué qu'il est correct de se montrer strict et de manger encore du pain en quantité après la sortie des étoiles.
Réponse
Celui qui est invité chez des amis pour Chabbat et qui doute que la personne qui fait le kiddouch ait eu l'intention de l'acquitter de son obligation, ou bien celui qui doute s'il a fait le kiddouch ou non, ne doit pas refaire le kiddouch par doute. En effet, après avoir prié Arvit, on s'est déjà acquitté de l'obligation de kiddouch selon la Torah par la prière, et l'obligation de faire le kiddouch sur le vin est d'ordre rabbinique. Il s'agit donc d'un doute sur une obligation rabbinique, et on est indulgent. D'autant plus qu'il y a un double doute : peut-être a-t-il déjà fait le kiddouch, et peut-être s'est-il acquitté par la prière. Bien qu'il soit dit qu'il faut mentionner la sortie d'Égypte dans le kiddouch, et que dans la prière d'Arvit de Chabbat il n'y a pas cette mention, cela n'est qu'une obligation rabbinique, et le verset n'est qu'un appui. De plus, puisqu'il a mentionné la sortie d'Égypte dans le Chema et "Emet véEmouna", et qu'il a enchaîné la délivrance à la prière, cela est considéré comme s'il avait mentionné la sortie d'Égypte dans la prière, et il s'est acquitté de l'obligation de kiddouch selon la Torah. Toutefois, s'il le peut, il est bon d'écouter le kiddouch d'une personne qui n'a certainement pas encore fait le kiddouch et de s'acquitter ainsi de son obligation. Si l'on doute d'avoir fait le kiddouch et que l'on n'a pas encore prié Arvit, il faudra avoir l'intention de s'acquitter de l'obligation de kiddouch dans la prière, et mentionner dans la prière : souvenir de la sortie d'Égypte.
Réponse
Si l'on ne trouve pas de vin dans la ville, ou si le vin nuit à la santé de la personne, on fait le kiddouch sur le pain le vendredi soir. Toutefois, si parmi les personnes présentes, il y a quelqu'un qui peut boire la majorité d'un reviit du verre du kiddouch, on fera le kiddouch sur le vin, la personne qui récite le kiddouch en goûtera un peu, puis donnera à l'autre de boire.
Réponse
Celui qui se trouve à l'étranger dans un endroit où il n'y a pas de vin cachère pour le kiddouch, car tous les vins sont du yayin neseh, ou bien celui qui se trouve dans le désert sans vin ni pain, ne doit pas réciter la bénédiction du kiddouch, car cette bénédiction ne se fait que sur le vin ou sur le pain. Il suffit alors de mentionner des paroles de louange et de sainteté du Chabbat dans sa prière. Il est bon d'ajouter dans la prière les mots "zekher lemaassé bereshit veliyetsiat Mitsraïm" et d'avoir l'intention de s'acquitter de son obligation, car les mitsvot nécessitent une intention.
Réponse
Les femmes sont tenues au kiddouch par la Torah. Bien que, de manière générale, les femmes soient exemptées des mitsvot positives dépendant du temps, elles sont néanmoins obligées du kiddouch en raison d'un rapprochement entre les versets "zakhor" et "shamor" du Chabbat, enseigné par les Hakhamim : toute personne tenue de garder le Chabbat est aussi tenue de le sanctifier. Ainsi, les femmes, qui sont averties de ne pas faire de mélakha le Chabbat, sont également concernées par la mitsva de sanctification du jour, c'est-à-dire le kiddouch. Il en va de même pour le kiddouch des jours de fête et pour le kiddouch du jour, appelé "kiddoucha rabba", aussi bien le Chabbat que les jours de fête. Par conséquent, les femmes peuvent acquitter les hommes de leur obligation de kiddouch, puisqu'elles y sont tenues par la Torah tout comme eux. Même une femme ayant déjà prié arvit du Chabbat peut acquitter un homme qui n'a pas encore prié. Cependant, par souci de pudeur, il convient que la femme n'acquitte des hommes que s'ils font partie de sa maisonnée. De plus, une femme qui n'a pas prié arvit le vendredi soir peut être acquittée par son mari qui a déjà prié, car dans la mitsva du kiddouch où les femmes sont tenues, il existe une règle de responsabilité mutuelle, et l'on applique le principe que même celui qui s'est déjà acquitté peut acquitter autrui.
Réponse
Lorsque le chef de famille est absent pour une raison quelconque, par exemple s'il est hospitalisé, à l'étranger ou en service militaire, un enfant de moins de treize ans ne peut pas faire le kiddouch du vendredi soir pour acquitter sa mère et les autres membres de la famille. En effet, un enfant n'est tenu aux mitsvot que par obligation rabbinique pour l'éduquer, et il ne peut donc pas acquitter d'autres personnes qui sont tenues au kiddouch par la Torah. Même si l'enfant n'a pas encore prié arvit du Chabbat, et que sa mère et les autres adultes ont déjà prié, il ne peut pas les acquitter du kiddouch. Même s'ils ont explicitement eu l'intention de s'acquitter du kiddouch de la Torah dans leur prière, cela ne change rien. Si seul un enfant est présent et que la femme ne sait pas faire le kiddouch, l'enfant dira le kiddouch et la femme répétera mot à mot jusqu'à la fin.
Réponse
Un garçon âgé de treize ans et un jour, dont on doute s'il a déjà eu deux poils et s'il est donc tenu au kiddouch par la Torah, fait l'objet de divergences : certains estiment qu'il ne peut pas acquitter d'autres personnes tenues au kiddouch par la Torah, car il est douteux qu'il y soit lui-même tenu. D'autres considèrent qu'à partir de treize ans et un jour, il y a une présomption qu'il a eu deux poils, et l'on peut s'appuyer sur cette présomption même pour une mitsva de la Torah. C'est cette dernière opinion qui fait autorité. Ainsi, si le chef de famille est absent le vendredi soir ou si le père est décédé et que la mère a du mal à faire le kiddouch elle-même, le fils mentionné peut faire le kiddouch et acquitter sa mère et les autres membres de la famille. Toutefois, il est préférable qu'un adulte dont on est certain qu'il a eu deux poils fasse le kiddouch, ou que la mère le fasse.
Réponse
Un enfant qui devient bar mitsva le vendredi soir ne doit pas faire le kiddouch avant la tombée de la nuit, comme ceux qui ajoutent du profane au sacré, mais doit attendre la sortie des étoiles pour faire le kiddouch en étant pleinement tenu à l'obligation. En effet, tout enfant proche de l'âge de la majorité religieuse doit veiller à ne pas accomplir une mitsva dont le temps se prolonge après qu'il soit devenu adulte. Selon la majorité des décisionnaires, l'enfant n'est pas du tout tenu aux mitsvot, et toute l'obligation d'éducation ne concerne que le père. Cependant, s'il a transgressé et fait le kiddouch avant la nuit, bien qu'il y ait des avis selon lesquels il n'est pas quitte et doit recommencer, on lui enseigne, du fait de la crainte de bénédictions en vain, de ne pas recommencer, mais de s'acquitter de l'obligation du kiddouch dans la prière du lendemain matin. Si possible, il est bon qu'il entende le kiddouch d'une personne tenue à l'obligation après la sortie des étoiles, afin de s'acquitter sans aucun doute, mais il devra alors manger à nouveau un kazayit de produits céréaliers.
Réponse
Lorsqu'une personne fait le kiddouch ou la havdala pour d'autres, il n'y a pas d'exigence concernant les différentes prononciations. Ainsi, un Séfarade qui entend le kiddouch ou la havdala prononcés avec l'accent ashkénaze est quitte de son obligation, et il en va de même dans l'autre sens. Par conséquent, des élèves ashkénazes dans une yéchiva qui entendent le kiddouch avec la prononciation séfarade, ou des élèves séfarades qui entendent le kiddouch ou la havdala avec la prononciation ashkénaze, sont également quittes, car chacun comprend la langue de l'autre. Même pour le kiddouch du vendredi soir, il n'est pas nécessaire de s'efforcer d'entendre le kiddouch dans la prononciation à laquelle on est habitué. Un Séfarade qui fait le kiddouch dans une yéchiva d'Ashkénazes ne doit pas changer la prononciation du Nom de Hachem, mais doit le dire selon notre prononciation, et les Ashkénazes sont également quittes avec cette prononciation, car il a été prouvé que telle était la prononciation chez Rachi, le Rif, Rabbi Eléazar HaKalir et d'autres.
Réponse
Notre coutume est de réciter la bénédiction "boré peri hagefen", en prononçant le guimel avec un segol. Il ne faut pas changer cette coutume. De plus, la coutume est de dire "boré peri", avec le pe dagesh.
Réponse
Une personne aveugle est tenue d'accomplir toutes les mitsvot de la Torah, et par conséquent, elle peut acquitter les membres de sa famille de leur obligation de kiddouch le Chabbat et les jours de fête. Certains disent que s'il y a des personnes voyantes adultes présentes, il est préférable qu'un des membres de la famille fasse le kiddouch afin de satisfaire tous les avis. Cependant, il est clair que si cela affaiblit la personne aveugle que quelqu'un d'autre fasse le kiddouch, elle fera elle-même le kiddouch. Elle peut ainsi acquitter les membres voyants de sa famille de leur obligation de kiddouch.

