Questions pratiques
Interruption et erreur dans les bénédictions
Réponse
Pour toutes les berakhot, il faut a priori les prononcer de façon à s’entendre. Si l’on ne s’est pas entendu mais que l’on a articulé avec les lèvres, on est quitte. Si l’on a seulement pensé la première berakha dans son cœur, il faut penser "Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed" puis recommencer la berakha en l’articulant. Mais si l’on a pensé dans son cœur la berakha "Asher yatsar", ou une berakha méen chaloch, ou "Boré néfachot", ainsi que les berakhot du matin, les berakhot de la Torah et le Birkat Hamazon, on est quitte et il n’est pas nécessaire de recommencer la berakha.
Réponse
Une personne qui ne sait pas réciter la berakha en hébreu peut la réciter dans toute langue qu'elle comprend.
Réponse
Il ne faut pas réciter de berakha lorsqu'on n'est pas vêtu, tant que la nudité n'est pas couverte. Même si la nudité n'est pas visible, si le cœur la perçoit, il est interdit de réciter la berakha. Cependant, ceux qui mangent à la plage sont autorisés à réciter les berakhot avant et après le repas. Il ne faut pas réciter de berakha la tête découverte.
Réponse
Tout aliment ou parfum sur lequel on récite une berakha doit être tenu de la main droite au moment de la berakha. Il est recommandé d'être rigoureux et de le tenir directement à la main, sans gants. Cependant, lorsqu'il fait froid, il est permis d'être moins strict à ce sujet.
Réponse
On ne récite pas de berakha sur un aliment ou une boisson tant qu'ils n'ont pas été apportés devant soi.
Réponse
Si l'on a pris un fruit en main pour le manger, qu'on a récité la berakha, puis que le fruit est tombé et a été perdu ou est devenu impropre à la consommation, et qu'on apporte un autre fruit, il faut réciter à nouveau la berakha, même si le fruit était devant soi au moment de la première berakha. De même, si l'on a récité la berakha sur un verre de boisson et qu'on l'a remplacé par un autre verre, ou si le verre est tombé et s'est renversé puis qu'on en apporte un autre, il faut recommencer la berakha. Si le nouveau verre était déjà devant soi mais qu'on n'avait pas l'intention d'en boire, il faudra réciter la berakha.
Réponse
Si l'on apporte un verre de thé, qu'on récite la berakha "cheakol", qu'on en goûte et qu'on constate qu'il n'y a pas de sucre et qu'il est trop amer pour être bu, puis qu'on ajoute du sucre, il y a un doute sur la nécessité de réciter à nouveau la berakha "cheakol" si l'on ne peut absolument pas boire ce thé sans sucre. Toutefois, si parfois on boit du thé sans sucre, alors même si on en ajoute maintenant, il n'est pas nécessaire de refaire la berakha. Si, avant d'avoir goûté le thé, on remplace le verre par un autre avec du sucre, il faut recommencer la berakha.
Réponse
Si quelqu'un a récité une berakha sur un aliment et qu'après la berakha, cet aliment lui devient répugnant, ou qu'il tombe à terre dans un endroit sale, certains estiment que puisque l'interdit de consommer un aliment répugnant n'est qu'un interdit d'ordre rabbinique, tandis que la berakha lévatala selon Maran est un interdit de la Torah, il conviendrait d'en goûter un peu afin que la berakha ne soit pas totalement vaine. A plus forte raison si l'aliment est seulement légèrement répugnant à ses yeux. Toutefois, tout cela relève d'une attitude de piété et non de la stricte halakha, car selon la règle principale, il n'est pas nécessaire de se forcer à manger un aliment devenu répugnant, et la berakha n'est pas considérée comme lévatala.
Réponse
Celui qui a fait une berakha sur un aliment et découvre avant d'y goûter que cet aliment est interdit à la consommation, il ne doit pas en manger. Mais s'il a oublié et a fait une berakha sur un aliment avant Chaharit, ou pendant un jour de jeûne public, ou avant la Havdala ou le Kiddouch, ou dans les six heures suivant la consommation de viande, il goûtera un peu afin que sa berakha ne soit pas une berakha lévatala.
Réponse
Celui qui se tient devant une source d'eau peut réciter la berakha sur l'eau, même si l'eau qu'il va boire n'était pas devant lui au moment de la berakha, car telle était son intention dès le départ.
Réponse
Lorsqu'on mange des fruits, il est préférable, a priori, d'avoir l'intention, au moment de la berakha, d'inclure tous les fruits qui seront apportés par la suite, même d'autres espèces dont la berakha est la même que celle du fruit sur lequel on fait la berakha. Si l'on a eu cette intention en faisant la berakha sur les fruits présents, et qu'on en apporte d'autres, même d'une autre espèce dont la berakha est la même, il n'est pas nécessaire de refaire la berakha. Si l'on n'a pas eu cette intention, et que l'on avait fixé de manger des fruits, et que l'on a détourné son attention de continuer à manger (par exemple en disant : "venez, faisons la berakha"), selon le Pri Megadim, si l'on souhaite finalement continuer à manger, on peut le faire sans refaire la berakha, car pour les fruits, le détournement d'attention n'annule pas la berakha. Si l'on n'avait pas fixé de manger des fruits, mais qu'après en avoir mangé on décide d'en reprendre, selon le Magen Avraham, il faut refaire la berakha. Dans le doute, on applique le principe de "safek berakhot lehakel" et on ne refait pas la berakha. De même, si l'on a fait une berakha sans intention particulière, ni d'en manger plus ni de ne pas en manger, et qu'après avoir mangé on en apporte d'autres du même type ou d'une autre espèce ayant la même berakha, et qu'il reste encore des fruits du premier type devant soi, certains estiment qu'il faut refaire la berakha, d'autres non, et dans le doute, on applique le principe de "safek berakhot lehakel". Même s'il ne reste plus de fruits du premier type devant soi et qu'on en apporte d'autres du même type, bien que selon le Magen Avraham il faille refaire la berakha, selon le Levouch il n'est pas nécessaire de la refaire, et dans le doute, on applique le principe de "safek berakhot lehakel". Il est donc préférable, a priori, d'avoir l'intention d'inclure tout ce qui sera apporté. Tout cela concerne une personne chez elle, mais un invité chez son hôte se repose sur l'intention de l'hôte et ne refait pas la berakha sur les fruits supplémentaires. Même si l'on a fait la berakha sur une espèce et qu'on en apporte ensuite une autre dont la berakha est identique, par exemple si l'on mangeait un fruit dont la berakha est haets et qu'on en apporte un autre de même berakha, on ne refait pas la berakha sur le second. Et même pour un aliment et une boisson dont la berakha est la même, par exemple si l'on mangeait du poisson et qu'on apporte de la bière, on ne refait pas la berakha sur la boisson, et il en est de même si l'on buvait de la bière et qu'on apporte du poisson, on ne refait pas la berakha sur le poisson, car dans le doute sur la berakha, on applique le principe de "safek berakhot lehakel".
Réponse
Tout ce qui précède, à savoir que si l'on a fait la berakha sur une espèce et qu'on en apporte une autre de même berakha, on ne refait pas la berakha sur la seconde, ne s'applique que si la seconde espèce n'est pas plus importante que la première. Mais si la seconde espèce est plus importante, celui qui refait la berakha sur la seconde n'a pas perdu. Et si, au moment de la première berakha, on avait l'intention d'inclure aussi la seconde espèce, on ne refait pas la berakha sur la seconde.
Réponse
Concernant la berakha aharona, si l'on a mangé et bu des aliments et boissons dont la berakha finale est "boré nefashot rabot", et qu'au moment de la berakha on n'avait l'intention que pour la boisson, on est tout de même quitte a posteriori et on ne recommence pas la berakha. Même si l'on n'avait pas eu l'intention d'acquitter l'aliment parce qu'on pensait que sa berakha finale était différente, par exemple si l'on a bu de l'eau et mangé du riz en pensant que la berakha finale du riz était "al hamihya", et qu'on a récité "boré nefashot rabot" uniquement pour l'eau, on ne recommence pas la berakha sur le riz.
Réponse
Si quelqu’un s’est trompé et a récité la berakha Boré peri haets sur du pain, il n’est pas quitte de son obligation. S’il a récité Boré peri haadama, selon l’avis du Ritva, il n’est pas quitte, mais certains pensent qu’il l’est. De même, s’il a récité Boré mine mezonot sur du pain, il est quitte. Même s’il existe des avis divergents à ce sujet, il existe une règle générale : en cas de doute concernant les berakhot, on adopte une position indulgente.
Réponse
Si quelqu’un s’est trompé et a récité la berakha Boré peri haets, Boré peri haadama ou Boré mine mezonot sur du vin, il est quitte. De même, si quelqu’un a récité par erreur la berakha Hamotsi sur un gâteau, il est quitte de son obligation.
Réponse
Si quelqu’un s’est trompé et a récité la berakha Boré mine mezonot sur d’autres types d’aliments, il est quitte, car dans le langage de la Torah, tout est appelé nourriture. Même s’il existe des avis divergents, la règle générale est qu’en cas de doute sur les berakhot, on adopte une position indulgente. Même si l’on a récité Boré mine mezonot sur du jus d’orange ou des boissons similaires, on est quitte a posteriori. Cependant, si l’on a récité Boré mine mezonot sur de l’eau ou du sel, on n’est pas quitte. Dans ce cas, il faut dire "Baroukh chem kevod..." puis réciter à nouveau la berakha appropriée.
Réponse
Si quelqu’un a l’intention de consommer de la viande, du poisson et d’autres boissons, et qu’il a récité juste avant de manger la berakha Boré peri hagafen sur le vin, bien que cette berakha dispense les autres boissons et qu’il n’ait pas besoin de réciter Shehakol sur elles, il doit tout de même réciter Shehakol sur la viande et le poisson. En effet, la berakha Hagafen ne dispense que les autres boissons, et non tout ce qui nécessite la berakha Shehakol. Si, par erreur, il a récité Shehakol sur les autres boissons, il a également acquitté le poisson, même si la berakha était destinée aux boissons.
Bénédiction finale
Réponse
Pour les fruits de l'arbre, à l'exception des cinq espèces pour lesquelles la terre d'Israël a été louée, ainsi que pour les fruits de la terre, les légumes et tout aliment qui ne pousse pas dans la terre, si l'on en a mangé un volume de kazayit (environ 27 grammes) dans le temps de consommation d'un prass, on récite après eux la bénédiction finale Boré Nefachot Rabot. De même, si l'on a bu d'un seul trait un reviit d'eau ou d'autres boissons, on récite la bénédiction finale Boré Nefachot Rabot. Si le temps écoulé entre le début et la fin de la consommation dépasse le temps nécessaire pour boire un reviit d'un seul trait, les quantités ne se cumulent pas pour la bénédiction finale. De même, si l'on a bu la quantité d'un kazayit d'eau ou d'autres boissons, on ne récite pas la bénédiction finale. Puisque ce point fait l'objet d'une controverse parmi les décisionnaires, il convient, a priori, de veiller à ne pas boire exactement un kazayit, mais soit moins qu'un kazayit, soit un reviit. Si l'on a mangé un kazayit de fruits de l'arbre (hors des cinq espèces), un kazayit de fruits de la terre, un kazayit de fromage et bu un reviit d'eau, on récite une seule bénédiction finale pour l'ensemble.
Réponse
Pour toute consommation, on ne récite la bénédiction finale que si l'on a mangé un kazayit dans le temps de consommation d'un prass. Mais si l'on a mangé un kazayit en plus de ce temps, on ne récite pas de bénédiction finale du tout. Il en va de même pour une consommation liée à une mitsva, comme la matsa ou le maror : il faut veiller à manger un kazayit dans le temps de consommation d'un prass. Cette durée est d'environ sept minutes et demie. Il est bon, pour les obligations d'origine toranique, de consommer un kazayit en quatre minutes.
Réponse
Dans la bénédiction Boré Nefachot, on conclut par "Baroukh Hai HaOlamim" sans mention du Nom divin ni de Sa royauté. La coutume est de conclure "Hai" HaOlamim avec un patah.

