Questions pratiques
Lois des réparations des tefiline et de leurs lanières
Réponse
Si la lanière des tefiline s'est rompue, certains permettent de la recoudre du côté intérieur. D'autres estiment que ce qui est permis de recoudre concerne uniquement la partie qui entoure la tête, et pour le tefiline du bras, seulement la longueur nécessaire pour entourer le bras, attacher le tefiline au bras, l'étendre jusqu'au majeur, enrouler autour de ce doigt trois tours et faire le nœud. Il n'y a pas de réparation possible ni par un nœud ni par une couture au-delà de ces mesures. En cas de nécessité, on peut s'appuyer sur l'avis permissif afin de ne pas être empêché d'accomplir la mitsva des tefiline.
Lois des tefiline de Rabbénou Tam
Réponse
Dans le traité Menahot, une divergence d'opinion est rapportée entre Rachi et Rabbénou Tam concernant l'ordre des parachiot et leur placement dans les boîtiers des tefiline. Selon Rachi, les parachiot sont placées dans l'ordre du texte de la Torah : Kadesh Li, Vehaya Ki Yeviacha, Chema Israël, Vehaya Im Chamoa. D'après Rabbénou Tam, les deux passages commençant par "Vehaya" sont placés au centre, soit : Kadesh Li, Vehaya Ki Yeviacha, Vehaya Im Chamoa, Chema Israël. Maran a tranché dans le Choulhan Aroukh selon l'avis de Rachi, et telle est la coutume générale. Cependant, de nombreux grands décisionnaires suivent l'opinion de Rabbénou Tam, et selon eux, les tefiline faites selon Rachi sont invalides. De même, pour ceux qui suivent Rachi, les tefiline faites selon Rabbénou Tam sont invalides d'après la Torah. C'est pourquoi le Sefer Mitsvot Gadol a écrit que celui qui craint la parole d'Hachem mettra deux paires de tefiline, celles de Rachi et celles de Rabbénou Tam. De même, le Tour et Maran dans le Choulhan Aroukh écrivent que celui qui est pieux accomplira les deux avis et mettra deux paires de tefiline, celles de Rachi et celles de Rabbénou Tam. Afin de ne pas transgresser l'interdit de "bal tosif" (ne pas ajouter aux mitsvot), il devra avoir l'intention, lors de la pose, que pour celles qui sont conformes à la halakha il accomplit la mitsva des tefiline, et que les autres ne sont que comme de simples lanières. Certains ajoutent encore une condition : si les deux avis sont vrais, il a l'intention de s'acquitter de la mitsva des tefiline avec les deux.
Réponse
A priori, il serait souhaitable de mettre ensemble les deux paires de tefiline, celles de Rachi et celles de Rabbénou Tam, afin que la berakha "lehaniah tefiline" s'applique aux deux en même temps, et aussi pour pouvoir lire le Chema et prier avec les deux, ce qui constitue une acceptation complète du joug divin. Il y a suffisamment de place sur la tête et sur le bras pour poser deux tefiline, comme il est dit dans le traité Erouvin. Cependant, cela n'est possible que si les tefiline sont très petites, de sorte que la taille totale de chaque tefiline, avec la base (titura) et la partie qui dépasse (maavarta), ne dépasse pas deux doigts, soit quatre centimètres, et que les deux paires ensemble ne dépassent pas huit centimètres. Ainsi, les deux tefiline pourront être posées sur la partie du bras appelée kiboret, du côté de la main. Si même une petite partie des tefiline repose sur la partie supérieure du bras, du côté de l'épaule, la berakha serait vaine et on ne s'acquitterait pas de la mitsva des tefiline de Rachi, car ce n'est pas un emplacement valide. Par conséquent, comme il est très difficile de trouver des tefiline casher aussi petites pour pouvoir les poser ensemble sans aucun doute, il faut les mettre l'une après l'autre : d'abord les tefiline de Rachi, sur lesquelles on fera la berakha avant la pose, puis on lira le Chema et on priera avec elles ; après la prière, on mettra les tefiline de Rabbénou Tam sans berakha, et on lira avec elles la paracha du Chema et celle de Vehaya Im Chamoa. Ainsi, on s'acquitte de l'avis de tous les décisionnaires. En général, il faut craindre de perdre la mitsva des tefiline en les mettant ensemble et hors de leur emplacement, ce qui arrive souvent, car la tefiline de la tête descend un peu hors de l'endroit approprié, et on perd ainsi la mitsva. Il convient donc de les mettre l'une après l'autre.
Réponse
Bien que Maran dans le Choulhan Aroukh ait écrit que seuls ceux qui sont reconnus et réputés pour leur piété devraient mettre les tefiline de Rabbénou Tam, et que beaucoup de personnes pieuses n'ont l'habitude de mettre que les tefiline de Rachi, de nos jours, où la pose des tefiline de Rabbénou Tam est répandue même chez les jeunes érudits et les laïcs pieux, il n'y a plus lieu de craindre un comportement orgueilleux. C'est donc une mitsva que chacun tienne compte des paroles des grands décisionnaires qui suivent l'avis de Rabbénou Tam, d'autant plus que cela est également mentionné dans le Talmud Yerouchalmi, et afin qu'il ne rentre pas, à D.ieu ne plaise, dans le doute de « celui qui n'a pas mis les tefiline ». Toutefois, pour les jeunes hommes célibataires, il est correct qu'ils ne mettent pas les tefiline de Rabbénou Tam, à moins qu'ils sachent d'eux-mêmes que leur pensée est pure tout le temps où ils portent les tefiline.
Réponse
Celui qui souhaite mettre ensemble les deux paires de tefiline, celles de Rachi et celles de Rabbénou Tam, et qui envisage donc de placer la base (titura) des tefiline de Rabbénou Tam sur la partie qui dépasse (maavarta) des tefiline de Rachi, bien qu'il y ait des arguments halakhiques pour permettre cela, il est préférable de ne pas agir ainsi, car de nombreux décisionnaires ont été stricts à ce sujet en raison du risque d'interposition (hatsitsa). Il vaut donc mieux mettre les deux paires de tefiline l'une après l'autre.
Réponse
Il est interdit d'interrompre par la parole entre la pose des tefiline du bras et celle de la tête, même pour les tefiline de Rabbénou Tam. Même pour répondre "Baroukh Hou oubaroukh chemo" ou parler de paroles de Torah, il convient d'être strict. Cependant, si l'on entend le Kaddich, la Kedoucha ou d'autres bénédictions entre la pose des tefiline du bras et de la tête de Rabbénou Tam, on répondra Amen et à la Kedoucha. Il est également permis de réciter la bénédiction sur le tonnerre ou une bénédiction similaire, car il s'agit d'une mitsva qui ne peut être différée. A plus forte raison, il est permis d'intervenir pour empêcher une transgression. Pour être encore plus rigoureux, il est bon de retoucher et resserrer les tefiline du bras, sans avoir besoin de les retirer complètement. Il en sera de même si l'on a interrompu par la parole entre la pose des tefiline du bras et de la tête de Rabbénou Tam.
Réponse
Ceux qui ont l'habitude de mettre les tefiline de Rabbénou Tam au milieu de la répétition de la Amida par le chaliah tsibour n'agissent pas correctement. Bien qu'il soit permis de répondre Amen aux bénédictions pendant la pose des tefiline de Rabbénou Tam, certains sont stricts à ce sujet, il est donc préférable de ne pas se placer dans cette situation a priori. Ce n'est que si, par hasard, on a commencé à mettre les tefiline du bras de Rabbénou Tam et que l'on entend soudainement le Kaddich ou la Kedoucha, qu'on répondra. Il faut d'autant plus veiller à écouter la répétition du chaliah tsibour, et il convient même d'éviter d'étudier dans un livre pendant cette répétition.
Réponse
Certains ont l'habitude de mettre les tefiline de Rabbénou Tam après la prière de Alénou léchabéa'h, et ils étudient avec ces tefiline le Hok léIsraël ou un texte similaire, que ce soit longuement ou brièvement. D'autres ont l'habitude de mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant la Kedoucha de Ouva léTsion, afin de dire une Kedoucha avec ces tefiline. Il est préférable d'agir ainsi. Toutefois, cela concerne le cas où toute l'assemblée attend la mise des tefiline avant Achré. Mais si un particulier prie avec l'assemblée, et qu'en s'interrompant avant Achré pour mettre les tefiline de Rabbénou Tam il risque de perdre la Kedoucha de Ouva léTsion avec l'assemblée, il est alors préférable qu'il mette les tefiline de Rabbénou Tam après la prière.
Réponse
Celui qui prie dans une synagogue où l'assemblée ne met pas les tefiline de Rabbénou Tam, ou bien où l'on met les deux paires de tefiline en même temps, a le droit de mettre les tefiline de Rabbénou Tam après Achré. Il n'y a pas à craindre dans ce cas une transgression de "Lo Titgodedou" ni d'arrogance.
Réponse
Celui qui met les tefiline de Rabbénou Tam le jour de Roch Hodech doit les mettre avant la lecture de la Torah, et il est possible de les mettre au moment où l'on dit Barich Chemeh lors de l'ouverture de l'arche. Il lira avec ces tefiline les deux passages du Chema. Ceux qui ont l'habitude chaque jour de mettre les tefiline de Rabbénou Tam après la prière et d'étudier avec, il n'est pas correct, a priori, de les mettre après la prière de Moussa le jour de Roch Hodech. Cependant, le chalia'h tsibour qui ne peut pas prendre le temps de mettre les tefiline de Rabbénou Tam à cause de la gêne pour l'assemblée, peut les mettre après la prière de Moussa. De même, une personne qui a des difficultés d'élocution et qui, si elle met les tefiline de Rabbénou Tam avant Moussa, risque de perdre la prière en assemblée, est autorisée à les mettre le jour de Roch Hodech après la prière de Moussa. Certains ont écrit qu'il n'est pas convenable de mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant Chaharit. Toutefois, en cas de nécessité, il n'y a pas d'empêchement à mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant Chaharit.
Réponse
La coutume s'est répandue dans la ville sainte de Jérusalem, que même l'endeuillé pendant les sept jours de deuil met les tefiline de Rabbénou Tam. Il est également convenable d'agir ainsi partout. Il en est de même pour le jour de Ticha BéAv.
Réponse
Celui qui a l'habitude de mettre les tefiline de Rachi et de Rabbénou Tam l'un après l'autre, et qui, par erreur, a pris les tefiline de Rabbénou Tam en pensant qu'il s'agissait de celles de Rachi, et a récité la bénédiction sur elles, puis s'est rendu compte de son erreur après avoir déjà commencé à prier avec les tefiline de Rabbénou Tam, lorsqu'il viendra mettre les tefiline de Rachi, il devra refaire la bénédiction, car il y a eu une interruption entre la mise des tefiline de Rabbénou Tam et celle de Rachi, du fait de la lecture du Chema et de la prière. Cependant, s'il s'est rendu compte de son erreur immédiatement après avoir terminé de mettre les tefiline de Rabbénou Tam, sans aucune interruption par la parole, il ne refera pas la bénédiction sur la mise des tefiline de Rachi, car certains estiment que le fait d'avoir agi entre la bénédiction et le début de la mitsva n'est pas considéré comme une interruption, et en cas de doute sur une bénédiction, on allège. De même, celui qui a par erreur récité la bénédiction "Lehaniah tefiline" sur les tefiline de Rabbénou Tam en pensant qu'il s'agissait de celles de Rachi, et a mis le tefiline chel yad de Rabbénou Tam, puis, en voulant mettre le tefiline chel roch, s'est rendu compte que c'étaient celles de Rabbénou Tam, il devra immédiatement retirer les tefiline de Rabbénou Tam et mettre aussitôt le tefiline chel yad de Rachi, sans refaire la bénédiction sur la mise du tefiline chel yad de Rachi.
Réponse
De même, si l'on a mis par erreur les tefiline de Rabbénou Tam avec bénédiction, en pensant qu'il s'agissait de celles de Rachi, et que l'on a prié toute la prière avec, puis que l'on s'est rendu compte de l'erreur seulement après la prière, on devra retirer les tefiline de Rabbénou Tam, mettre les tefiline de Rachi avec bénédiction, et lire avec elles le Chema.
Réponse
Celui qui trouve des tefiline pendant Chabbat dans un endroit où il n'y a pas de erouv, doit les rentrer paire par paire en les portant comme on les met habituellement. Certains estiment que cela ne concerne que les tefiline de Rachi, mais qu'il n'est pas permis de sortir celles de Rabbénou Tam dans le domaine public en les portant ainsi. D'autres ne sont pas d'accord avec cette opinion.
Réponse
Celui qui lit le Chema avec les tefiline de Rabbénou Tam, sans dire les bénédictions qui précèdent et qui suivent, afin de s'acquitter de la lecture du Chema selon l'opinion de Rabbénou Tam, doit interrompre sa lecture en cas de crainte ou par respect.
Réponse
Celui qui met les tefiline de Rabbénou Tam et lit le Chema avec, s'il entend le Kaddich ou la Kedoucha, il doit interrompre pour répondre à tous les amen et à toutes les formules de la Kedoucha. Il ne devra cependant pas engager de conversation inutile.
Réponse
La coutume répandue dans la plupart des endroits est de ne pas mettre les tefiline pendant Min'ha, ni celles de Rabbénou Tam ni celles de Chimoucha Rabba. Cependant, certains ont l'habitude de mettre les tefiline de Rabbénou Tam à Min'ha. D'autres mettent à Min'ha les tefiline de Rachi selon l'opinion de Chimoucha Rabba. C'est ainsi que faisait Rabbénou HaAri zal. Toutefois, à Min'ha de la veille de Chabbat, il ne faut pas mettre les tefiline, car la sainteté de Chabbat commence déjà à se manifester, et elle-même constitue un signe.
Réponse
Certains ont l'habitude à Pourim de mettre les tefiline de Rabbénou Tam avant la lecture de la Meguila à la synagogue, et au moment de la lecture, ils portent les tefiline de Rabbénou Tam. Mais s'il n'est pas possible de les mettre avant la lecture de la Meguila, on les mettra après.
Réponse
Celui qui met les tefiline de Rabbénou Tam ne doit pas placer les deux paires de tefiline dans le même étui, car l'une d'elles est profane, et il est interdit de la mettre dans l'étui des tefiline. Il faut donc préparer deux étuis distincts, chacun avec un signe particulier, afin de ne pas les mélanger.
Règle du nombre de lignes
Réponse
D'après la Kabbala transmise par les anciens, il est d'usage d'écrire dans les tefiline du bras sept lignes dans chaque paracha, et dans les tefiline de la tête quatre lignes. Si l'on a changé, que ce soit pour les tefiline du bras ou de la tête, a posteriori cela n'invalide pas les tefiline.

