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Questions pratiques

Questions pratiques de Halakha (Yalkout Yossef) : cherchez une question, filtrez par partie, section, chapitre ou thème.

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Lois de la prière

Possibilite de prier dans toute langue

Pourquoi est-il important de distinguer la prononciation entre les lettres het et kaf dans la prière ?
La lettre tav (non daguéchée) et la lettre samekh doivent-elles être prononcées différemment ?
Faut-il distinguer la prononciation entre la lettre kaf et la lettre qof ?
Réponse

Il faut distinguer dans la prononciation des lettres, notamment entre la lettre het et la lettre kaf, car chaque lettre a une signification différente. De plus, la lettre het appartient au groupe des lettres akhe’a, tandis que la lettre kaf appartient au groupe gikak. De même, la lettre tav (non daguéchée) et la lettre samekh ne sont pas identiques : la samekh appartient au groupe zassharts, et la tav au groupe datlanat. Il y a aussi une différence entre la lettre kaf et la lettre qof, et il faut les distinguer.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 6)
Un Ashkénaze peut-il adopter le noussah de la tefila des Séfarades ?
Un Séfarade qui a prié selon le noussah Ashkénaze doit-il recommencer sa tefila ?
Est-il permis de changer de noussah de tefila pour des raisons autres qu’un interdit ou une barrière à la Torah ?
Réponse

Le noussah de la tefila des Séfarades et des communautés d’Orient est le noussah correct, également selon la Kabbala, et il recèle des secrets sublimes, supérieurs à ceux du noussah des Ashkénazes. Le Hida rapporte au nom de Rabbénou Ari que dans le ciel, il existe douze portes correspondant aux douze tribus d’Israël, et les tefilot de chaque tribu montent par une porte spécifique. Cependant, la tefila selon le noussah des Séfarades monte par chacune de ces douze portes. Ainsi, des Ashkénazes qui souhaitent changer le minhag de leurs ancêtres pour prier selon le noussah des Séfarades en ont le droit. Ce n’est que dans un domaine où il y a une barrière pour éviter même une légère transgression qu’il n’est pas permis d’alléger le minhag des ancêtres, mais pour changer de noussah de tefila et prier selon l’ordre des Séfarades, il n’y a aucune trace d’interdit. Il est donc clair que cela ne relève pas de l’interdit de "ne délaisse pas l’enseignement de ta mère", et il est permis d’agir ainsi. Le Hida ajoute que Rabbénou Ari, bien qu’ashkénaze, priait toujours selon le noussah des Séfarades. Il en fut de même pour Rabbi Nathan Adler et d’autres grands d’Ashkénaz. Toutefois, un Séfarade qui a prié selon le noussah Sefard ou Ashkénaze est quitte et n’a pas besoin de recommencer selon le noussah des Séfarades.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 7)
Faut-il veiller à ce que les élèves séfarades prient avec des sidourim des communautés d’Orient dans les écoles en Israël ?
Que doivent faire les jeunes Séfarades dans une yéchiva ashkénaze pendant les Jours Redoutables concernant le noussah de la tefila ?
Les responsables de yéchiva doivent-ils permettre aux élèves séfarades d’organiser un minyan selon leur noussah ?
Réponse

Par conséquent, dans les écoles en Israël, et en tout cas là où la majorité des élèves sont issus des communautés d’Orient, il faut veiller à les diriger et les guider à prier avec les sidourim des communautés d’Orient, tels que Houkat Olam, Hazon Ovadia, Imrei Pi, Renat Israël, Yahavé Da’at, Beit David veChlomo, Tiferet Yerouchalayim, et similaires. À plus forte raison, il faut être strict sur cela pendant les Jours Redoutables, en priant avec les mahzorim séfarades, qui incluent les piyoutim et kedouchot des grands poètes séfarades, parmi lesquels Rabbénou Yitzhak Ibn Ghiat, Rabbi Yehouda Halevi, Ibn Ezra, et Rabbi Shlomo Ibn Gabirol, et d’autres, qui étaient grands en sagesse et en crainte de Hachem, et dont les piyoutim sont des flammes ardentes, donnant honneur et gloire au Rocher d’Israël et son Rédempteur, pour le sanctifier et l’exalter dans une langue claire, comme l’a longuement expliqué le Radbaz dans sa réponse. Par conséquent, il est bon que les jeunes Séfarades étudiant dans des yeshivot ashkénazes organisent un minyan séparé dans leur yeshiva pendant les Jours Redoutables, afin de pouvoir prier selon le noussah séfarade. Et s’ils ne peuvent pas organiser cela, ils doivent prier ensemble avec leurs parents selon la coutume de leurs ancêtres. C’est pourquoi il incombe aux responsables des yeshivot de leur permettre cela, et de ne pas priver le bien de ses propriétaires.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 8)
Les Séfarades peuvent-ils prier avec le noussah unifié utilisé dans certains endroits de l’armée ?
Le sidour portant la mention "noussah Sefard" chez les Ashkénazes correspond-il au noussah authentique des Séfarades ?
Pourquoi est-il important pour les rabbins séfarades de maintenir le noussah traditionnel dans leurs communautés ?
Réponse

Le noussah "unifié" instauré dans certains endroits de l’armée ne doit pas être utilisé par les Séfarades et les communautés d’Orient, car il s’agit presque entièrement du noussah Ashkénaze, avec seulement de légères modifications. Il incombe donc aux rabbins de diriger les communautés séfarades et orientales selon la tradition ancestrale, en priant selon le noussah transmis de génération en génération, fondé sur l’enseignement du Ari. Les sidourim ashkénazes portant la mention "noussah Sefard" ne correspondent pas au noussah authentique des Séfarades et des communautés d’Orient, établi selon Rabbénou Ari, auquel il ne faut ni ajouter ni retrancher. Il est expliqué que chaque détail du noussah et de l’ordre de la tefila est fondé sur des secrets élevés, chaque lettre et chaque mot ayant des allusions profondes et des intentions sublimes. Même Rabbénou Ari, avec toute la profondeur de ses intentions, n’a perçu qu’une infime partie de la profondeur de la pensée des Anché Knesset Haguedola, qui ont fixé la tefila pour toutes les générations. Il revient donc aux rabbins et responsables communautaires de renforcer la tradition et de guider les communautés séfarades et orientales à prier selon leur noussah ancestral, fondé sur l’enseignement du Ari.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 9)
Un Séfarade priant avec un minyan ashkénaze doit-il dire la kedoucha selon le texte ashkénaze ?
Est-il permis à un Séfarade de dire "Keter yitnou lekha" dans la tefila de Moussaf avec un minyan ashkénaze ?
L’introduction à la kedoucha est-elle considérée comme une partie essentielle de la kedoucha ?
Réponse

Un Séfarade qui prie avec un minyan ashkénaze ne doit pas changer le texte de la kedoucha pour dire "Nekadesh et Shimcha baolam" comme le font les Ashkénazes, mais il dira selon la tradition de ses ancêtres "Nekadishkha vena’aritskha". Dans la tefila de Moussaf, il dira "Keter yitnou lekha". L’essentiel de la kedoucha réside dans les versets "Kadosh Kadosh Kadosh Hachem Tsevaot melo kol haaretz kevodo" et "Baroukh kevod Hachem mimkomo", et certains ajoutent aussi le verset "Yimlokh Hachem leolam Elohayikh Tsion ledor vador Halleluya". L’introduction à la kedoucha n’est pas une partie essentielle de la kedoucha, il n’est donc pas considéré comme priant la kedoucha individuellement en disant selon sa tradition et non celle du minyan. Contrairement à ceux qui pensent qu’il faut dire le texte du minyan avec lequel on prie.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 10)
Un Séfarade en deuil peut-il être chaliah tsibour dans un minyan ashkénaze s’il prie selon le noussah séfarade ?
Que doit faire un Séfarade si la communauté ashkénaze refuse qu’il prie selon le noussah séfarade en tant que chaliah tsibour ?
Réponse

Un Séfarade qui prie avec un minyan ashkénaze et qui se trouve dans les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, et souhaite passer devant l’assemblée comme chaliah tsibour, peut le faire si la communauté accepte qu’il prie selon le noussah et la prononciation séfarades. Si la communauté n’est pas d’accord, il est préférable de s’abstenir et de ne pas passer devant l’assemblée comme chaliah tsibour.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 11)
Un Ashkénaze peut-il prier avec la prononciation séfarade ?
Un Ashkénaze habitué à la prononciation séfarade doit-il revenir à la prononciation ashkénaze ?
Réponse

Il est permis aux Ashkénazes de prier avec la prononciation séfarade. C’est ce qu’a fait le Gaon Rabbi Nathan Adler, qui a invité le Gaon Rabbi Haim Modai pour lui enseigner la prononciation séfarade, jugée plus correcte et précise que la prononciation ashkénaze. Ainsi, un Ashkénaze qui a été éduqué dans une yéchiva séfarade et s’est habitué à prier avec la prononciation séfarade n’a pas à changer cette habitude, et il n’a aucune crainte à avoir de s’écarter du minhag de ses ancêtres dans ce domaine. Il continuera à réciter les berakhot et à prier avec la prononciation séfarade.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 12)
Une personne d'origine ashkénaze qui a fait techouva en Israël sous l'influence d'un hakham sefarade peut-elle continuer à suivre les minhagim sefarades dans la tefila et la lecture de la Torah ?
Est-il obligatoire pour quelqu'un dont les parents ashkénazes n'observent pas la Torah et les mitsvot de continuer à suivre les minhagim ashkenazes ?
Réponse

Une personne originaire d'Ashkenaz qui a immigré en Israël, et qui, sous l'influence d'un hakham sefarade, a fait techouva, a étudié la Torah et la halakha, et a poursuivi sa techouva selon les minhagim sefarades, en adoptant leur prononciation dans la tefila et la lecture de la Torah, alors que ses parents, habitants d'Ashkenaz, n'observaient pas la Torah ni les mitsvot, est autorisée à continuer à prier et à suivre les halakhot et minhagim sefarades, tant pour les allègements que pour les rigueurs. Il n'est pas obligé de poursuivre la tradition de ses ancêtres et de pratiquer selon les minhagim ashkenazes.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 13)
Faut-il écouter son père qui demande de changer son nusah de tefila si l'on a l'habitude de prier selon le nusah sefarade ?
Réponse

Celui qui a l'habitude de prier selon le nusah sefarade n'est pas tenu d'obéir à son père si ce dernier lui ordonne de changer sa tefila pour adopter le nusah sefarad.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Possibilite de prier dans toute langue, Halakha 14)
Lois de la prière

Priere en silence

Est-il permis de prier uniquement dans son cœur sans articuler les mots avec les lèvres ?
Peut-on élever la voix pendant la tefila silencieuse ?
Dans quels cas est-il permis d'élever la voix pendant la tefila individuelle ?
Réponse

Les Sages ont appris de la prière de Hanna, où il est dit qu'elle parlait dans son cœur, seules ses lèvres bougeaient, que celui qui prie doit articuler les mots avec ses lèvres, c'est-à-dire prononcer correctement les paroles de la tefila avec ses lèvres, et il n'est pas suffisant de prier uniquement dans son cœur. Sa voix ne s'entendait pas, ce qui enseigne qu'il est interdit d'élever la voix pendant la tefila silencieuse. Il est également enseigné que celui qui fait entendre sa voix pendant la tefila est considéré comme ayant une foi imparfaite, car cela ressemble à penser que, Hachem préserve, Hachem n'entend pas la prière dite à voix basse. Ainsi tranche le Maran dans le Choulhan Aroukh : il ne faut pas prier uniquement dans son cœur, mais articuler les paroles avec ses lèvres, les faire entendre à ses propres oreilles à voix basse, sans faire entendre sa voix aux autres. Si l'on ne peut pas se concentrer en priant à voix basse, il est permis d'élever la voix, mais cela ne concerne que la prière individuelle ; en public, cela est interdit, car cela dérangerait l'assemblée. Même s'il existe des avis contraires, l'essentiel est de suivre l'opinion du Maran, d'autant plus qu'en faisant entendre à ses oreilles, on peut mieux prononcer les mots de la tefila et mieux se concentrer.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 1)
Est-il permis au chaliah tsibour de réciter à voix haute la tefila d'Arvit des veilles de Yom Tov et des veilles des Yamim Noraïm ?
Faut-il annuler la coutume de réciter à voix haute la tefila d'Arvit lors des veilles de Yom Tov si la communauté y est attachée ?
Que faire si toute l'assemblée sait lire dans le mahzor et souhaite abandonner la coutume de réciter à voix haute la tefila d'Arvit des veilles de Yom Tov ?
Réponse

Dans certaines communautés, il est d'usage que le chaliah tsibour récite à voix haute la tefila d'Arvit des veilles de Yom Tov et des veilles des Yamim Noraïm. Cette coutume a des fondements et il ne faut pas l'annuler de manière autoritaire, afin d'éviter les conflits. Toutefois, si toute l'assemblée sait lire et prie dans le mahzor, et qu'ils acceptent d'abandonner cette coutume pour suivre l'avis des kabbalistes, ils seront dignes de bénédiction.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 2)
Faut-il répondre Amen si l'on entend la Amida d'une personne qui élève un peu la voix ?
Est-il préférable de s'éloigner si l'on entend la prière d'une autre personne pendant la Amida ?
Que doit-on faire si l'on entend une bénédiction pendant les Pessoukei Dezimra ?
Réponse

Si quelqu'un prie la Amida à voix basse mais élève un peu la voix, certains disent que ceux qui l'entendent doivent répondre Amen à ses bénédictions, en particulier ceux qui se trouvent dans un rayon de quatre coudées et entendent sa prière. Cependant, il est préférable, lorsque c'est possible, de s'éloigner. D'autres ne sont pas de cet avis. La halakha principale est qu'il faut répondre Amen, mais on peut s'éloigner si on le souhaite et que cela est possible. Si l'on se trouve dans un endroit où il est interdit d'interrompre par la parole, comme pendant les Pessoukei Dezimra, il est bon de s'éloigner pour ne pas entendre la prière de l'autre et ne pas avoir à répondre Amen au milieu des Pessoukei Dezimra. Si l'on a entendu la bénédiction au milieu des Pessoukei Dezimra, on répond Amen.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 3)
Doit-on répondre Amen après les bénédictions d'une personne qui prie la Amida à voix haute chez elle pour enseigner à sa famille ?
La prière d'une personne qui élève la voix pour enseigner à sa famille est-elle valable ?
Réponse

Celui qui prie la Amida chez lui et élève un peu la voix afin d'enseigner à sa famille, il est certain que l'on doit répondre Amen après ses bénédictions. Puisqu'il lui est permis d'agir ainsi, sa prière est valable et, selon tous les avis, on répond Amen après lui.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 4)
Celui qui a prié uniquement en pensée sans prononcer les mots est-il quitte de la tefila ?
Que doit-on faire si l'on a médité la dernière berakha uniquement dans son cœur ?
Que faire si l'on a médité la première berakha uniquement dans son cœur ?
Réponse

Celui qui a prié uniquement en pensée, sans prononcer les mots avec sa bouche et ses lèvres, n'est pas quitte de la tefila et doit recommencer à prier. Toutefois, il est bon de formuler une condition en disant : « Si je n'ai pas accompli mon obligation de tefila, je recommence pour m'acquitter, et si je l'ai déjà accomplie, que cette prière soit considérée comme une offrande volontaire. » Cependant, si l'on a médité uniquement dans son cœur la berakha aharona (dernière bénédiction), on est quitte a posteriori. Mais si l'on a médité uniquement dans son cœur la berakha richona (première bénédiction), il faut d'abord dire « Baroukh Chem Kevod... » puis recommencer la première berakha.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 5)
Est-il permis de répéter des mots dans la tefila pour adapter la mélodie ?
Faut-il être strict si un particulier répète un mot dans la tefila ?
Doit-on avertir les chaliah tsibour concernant la répétition de mots dans la tefila ?
Réponse

Il ne faut pas répéter des mots dans la tefila, et il convient d'avertir particulièrement les chaliah tsibour qui souhaitent répéter des mots pour adapter la mélodie. Si quelqu'un répète un mot deux fois ou plus, il faut être strict à ce sujet, même pour un particulier.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 101 - Priere en silence, Halakha 6)
Lois de la prière

Ne pas interrompre devant celui qui prie

Est-il permis de s’asseoir à moins de 1,92 mètre d’une personne qui récite la Amida si l’on était déjà assis avant qu’elle ne commence à prier ?
Faut-il se lever si l’on était assis à la synagogue et qu’une personne vient prier la Amida à proximité, alors que l’on n’est pas en train d’étudier ou de prier ?
Une personne âgée ou faible peut-elle s’asseoir à l’intérieur de quatre amot d’un priant pendant la Amida ?
Réponse

Il est interdit de s’asseoir à l’intérieur de quatre amot, soit environ 1,92 mètre, d’une personne qui récite la Amida. Si quelqu’un était déjà assis et qu’une autre personne vient ensuite prier à cet endroit, si celui qui est assis était en train d’étudier la Torah ou de prier, il ne doit pas se lever. Même selon la midat hassidout, il n’y a pas lieu de se lever, et au contraire, il faut craindre un risque de bitoul Torah (interruption de l’étude) en se levant. Si la personne assise n’était pas en train d’étudier ou de prier, et que cela se passe à la synagogue, il convient de prendre en compte la rigueur et de se lever face au priant. Mais si cela se passe à la maison ou dans un lieu non réservé à la prière, selon la règle stricte il n’est pas nécessaire de se lever, mais il est recommandé, par midat hassidout, de se lever. Tout cela concerne le cas où l’on était déjà assis avant que le priant ne vienne. Mais a priori, il ne faut pas s’asseoir devant quelqu’un qui prie, même si l’on étudie ou prie soi-même. En cas de nécessité, il est permis d’être indulgent si l’on étudie ou prie, à condition de prononcer les paroles de Torah à voix haute. Ainsi, celui qui écoute la répétition de la Amida du chaliah tsibour, même s’il médite des paroles de sainteté, il lui est interdit de s’asseoir dans les quatre amot du priant, car le principe de "chomea keone" ne s’applique pas ici, puisqu’il a déjà accompli sa prière. Toutefois, une personne âgée ou faible est autorisée à s’asseoir. L’interdiction de s’asseoir devant le priant s’applique aussi bien devant lui que sur ses côtés, dans un rayon de 1,92 mètre. Certains sont rigoureux et ne s’assoient pas devant le priant même à une distance telle que dans son champ de vision, mais selon la règle stricte, l’interdiction ne concerne que les quatre amot devant ou sur les côtés. Celui qui est rigoureux sur ce point sera béni, à condition que cette rigueur ne cause pas de bitoul Torah.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 102 - Ne pas interrompre devant celui qui prie, Halakha 1)
Est-il permis de s’appuyer sur un pupitre devant une personne qui prie la Amida ?
Dans une situation de nécessité, peut-on s’appuyer fortement sur un pupitre devant un priant, au point de ne pas pouvoir rester debout sans le pupitre ?
Réponse

Certains estiment que, de la même manière qu’il est interdit de s’asseoir devant une personne qui prie, il est également interdit de s’appuyer sur un standar (pupitre) lorsqu’on se trouve devant un priant, car s’appuyer est assimilé à s’asseoir. D’autres ne sont pas de cet avis. En cas de nécessité, il est permis de s’appuyer sur le standar devant le priant, même si l’appui est tel que, si le pupitre était retiré, on ne pourrait pas rester debout.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 102 - Ne pas interrompre devant celui qui prie, Halakha 2)
Une personne déjà assise à la synagogue doit-elle se lever si quelqu’un vient prier la Amida à côté d’elle ?
Si l’on étudie la Torah et que se lever entraînerait une interruption de l’étude, doit-on se lever lorsqu’un priant s’installe à côté ?
Réponse

Comme cela a déjà été expliqué, si une personne était déjà assise et qu’une autre vient prier à côté d’elle, selon la règle stricte, il n’est pas nécessaire de se lever, car le priant est venu dans son espace. Il n’y a pas de différence à ce sujet entre le fait que cela se produise à la maison ou à la synagogue : dès lors que l’on était déjà assis et que le priant arrive, il n’est pas obligatoire de se lever. Certains estiment toutefois que cela ne s’applique qu’à la maison, mais que dans un minyan fixe, et a fortiori à la synagogue, il faut se lever, car c’est un lieu destiné à tous. Certains ajoutent que même si les places sont attribuées à chacun et ont été acquises, il convient aussi d’être rigoureux. Cependant, pour celui qui étudie la Torah, il n’y a pas lieu d’être strict. Malgré tout, par midat hassidout (conduite pieuse), il est bien de se lever même dans ce cas. Mais si l’on étudie la Torah et que se lever entraînerait une interruption de l’étude, il n’y a même pas lieu d’être rigoureux selon la midat hassidout.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 102 - Ne pas interrompre devant celui qui prie, Halakha 3)
Est-il permis de s’asseoir à sa place lorsqu’on était debout et qu’une personne s’apprête à prier à côté ?
Y a-t-il une restriction si l’on s’assoit de façon évidente pour éviter d’être debout à côté d’un priant ?
Réponse

Si l’on était debout au départ et que l’on voit quelqu’un venir prier à côté de soi, il est permis, selon la règle stricte, de s’asseoir à sa place avant que l’autre ne commence à prier à côté. Toutefois, si cela est manifestement fait pour cette raison, il est interdit de le faire en raison du manque de respect.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 102 - Ne pas interrompre devant celui qui prie, Halakha 4)
Une cloison en verre permet-elle de s’asseoir devant une personne qui prie la Amida ?
Est-il permis de passer devant un priant si une cloison en verre les sépare ?
Réponse

Lorsqu’il y a une cloison en verre devant ou sur les côtés du priant, étant donné que le priant voit toujours la personne assise devant lui, la séparation en verre n’est pas considérée comme une interruption valable. Il en va de même pour le fait de passer devant le priant lorsqu’il y a une cloison en verre entre eux.

(Yalkout Yossef, Lois de la prière, Chapitre 102 - Ne pas interrompre devant celui qui prie, Halakha 5)