Questions pratiques
Possibilite de prier dans toute langue
Réponse
Il faut distinguer dans la prononciation des lettres, notamment entre la lettre het et la lettre kaf, car chaque lettre a une signification différente. De plus, la lettre het appartient au groupe des lettres akhe’a, tandis que la lettre kaf appartient au groupe gikak. De même, la lettre tav (non daguéchée) et la lettre samekh ne sont pas identiques : la samekh appartient au groupe zassharts, et la tav au groupe datlanat. Il y a aussi une différence entre la lettre kaf et la lettre qof, et il faut les distinguer.
Réponse
Le noussah de la tefila des Séfarades et des communautés d’Orient est le noussah correct, également selon la Kabbala, et il recèle des secrets sublimes, supérieurs à ceux du noussah des Ashkénazes. Le Hida rapporte au nom de Rabbénou Ari que dans le ciel, il existe douze portes correspondant aux douze tribus d’Israël, et les tefilot de chaque tribu montent par une porte spécifique. Cependant, la tefila selon le noussah des Séfarades monte par chacune de ces douze portes. Ainsi, des Ashkénazes qui souhaitent changer le minhag de leurs ancêtres pour prier selon le noussah des Séfarades en ont le droit. Ce n’est que dans un domaine où il y a une barrière pour éviter même une légère transgression qu’il n’est pas permis d’alléger le minhag des ancêtres, mais pour changer de noussah de tefila et prier selon l’ordre des Séfarades, il n’y a aucune trace d’interdit. Il est donc clair que cela ne relève pas de l’interdit de "ne délaisse pas l’enseignement de ta mère", et il est permis d’agir ainsi. Le Hida ajoute que Rabbénou Ari, bien qu’ashkénaze, priait toujours selon le noussah des Séfarades. Il en fut de même pour Rabbi Nathan Adler et d’autres grands d’Ashkénaz. Toutefois, un Séfarade qui a prié selon le noussah Sefard ou Ashkénaze est quitte et n’a pas besoin de recommencer selon le noussah des Séfarades.
Réponse
Par conséquent, dans les écoles en Israël, et en tout cas là où la majorité des élèves sont issus des communautés d’Orient, il faut veiller à les diriger et les guider à prier avec les sidourim des communautés d’Orient, tels que Houkat Olam, Hazon Ovadia, Imrei Pi, Renat Israël, Yahavé Da’at, Beit David veChlomo, Tiferet Yerouchalayim, et similaires. À plus forte raison, il faut être strict sur cela pendant les Jours Redoutables, en priant avec les mahzorim séfarades, qui incluent les piyoutim et kedouchot des grands poètes séfarades, parmi lesquels Rabbénou Yitzhak Ibn Ghiat, Rabbi Yehouda Halevi, Ibn Ezra, et Rabbi Shlomo Ibn Gabirol, et d’autres, qui étaient grands en sagesse et en crainte de Hachem, et dont les piyoutim sont des flammes ardentes, donnant honneur et gloire au Rocher d’Israël et son Rédempteur, pour le sanctifier et l’exalter dans une langue claire, comme l’a longuement expliqué le Radbaz dans sa réponse. Par conséquent, il est bon que les jeunes Séfarades étudiant dans des yeshivot ashkénazes organisent un minyan séparé dans leur yeshiva pendant les Jours Redoutables, afin de pouvoir prier selon le noussah séfarade. Et s’ils ne peuvent pas organiser cela, ils doivent prier ensemble avec leurs parents selon la coutume de leurs ancêtres. C’est pourquoi il incombe aux responsables des yeshivot de leur permettre cela, et de ne pas priver le bien de ses propriétaires.
Réponse
Le noussah "unifié" instauré dans certains endroits de l’armée ne doit pas être utilisé par les Séfarades et les communautés d’Orient, car il s’agit presque entièrement du noussah Ashkénaze, avec seulement de légères modifications. Il incombe donc aux rabbins de diriger les communautés séfarades et orientales selon la tradition ancestrale, en priant selon le noussah transmis de génération en génération, fondé sur l’enseignement du Ari. Les sidourim ashkénazes portant la mention "noussah Sefard" ne correspondent pas au noussah authentique des Séfarades et des communautés d’Orient, établi selon Rabbénou Ari, auquel il ne faut ni ajouter ni retrancher. Il est expliqué que chaque détail du noussah et de l’ordre de la tefila est fondé sur des secrets élevés, chaque lettre et chaque mot ayant des allusions profondes et des intentions sublimes. Même Rabbénou Ari, avec toute la profondeur de ses intentions, n’a perçu qu’une infime partie de la profondeur de la pensée des Anché Knesset Haguedola, qui ont fixé la tefila pour toutes les générations. Il revient donc aux rabbins et responsables communautaires de renforcer la tradition et de guider les communautés séfarades et orientales à prier selon leur noussah ancestral, fondé sur l’enseignement du Ari.
Réponse
Un Séfarade qui prie avec un minyan ashkénaze ne doit pas changer le texte de la kedoucha pour dire "Nekadesh et Shimcha baolam" comme le font les Ashkénazes, mais il dira selon la tradition de ses ancêtres "Nekadishkha vena’aritskha". Dans la tefila de Moussaf, il dira "Keter yitnou lekha". L’essentiel de la kedoucha réside dans les versets "Kadosh Kadosh Kadosh Hachem Tsevaot melo kol haaretz kevodo" et "Baroukh kevod Hachem mimkomo", et certains ajoutent aussi le verset "Yimlokh Hachem leolam Elohayikh Tsion ledor vador Halleluya". L’introduction à la kedoucha n’est pas une partie essentielle de la kedoucha, il n’est donc pas considéré comme priant la kedoucha individuellement en disant selon sa tradition et non celle du minyan. Contrairement à ceux qui pensent qu’il faut dire le texte du minyan avec lequel on prie.
Réponse
Un Séfarade qui prie avec un minyan ashkénaze et qui se trouve dans les douze mois suivant le décès de son père ou de sa mère, et souhaite passer devant l’assemblée comme chaliah tsibour, peut le faire si la communauté accepte qu’il prie selon le noussah et la prononciation séfarades. Si la communauté n’est pas d’accord, il est préférable de s’abstenir et de ne pas passer devant l’assemblée comme chaliah tsibour.
Réponse
Il est permis aux Ashkénazes de prier avec la prononciation séfarade. C’est ce qu’a fait le Gaon Rabbi Nathan Adler, qui a invité le Gaon Rabbi Haim Modai pour lui enseigner la prononciation séfarade, jugée plus correcte et précise que la prononciation ashkénaze. Ainsi, un Ashkénaze qui a été éduqué dans une yéchiva séfarade et s’est habitué à prier avec la prononciation séfarade n’a pas à changer cette habitude, et il n’a aucune crainte à avoir de s’écarter du minhag de ses ancêtres dans ce domaine. Il continuera à réciter les berakhot et à prier avec la prononciation séfarade.
Réponse
Une personne originaire d'Ashkenaz qui a immigré en Israël, et qui, sous l'influence d'un hakham sefarade, a fait techouva, a étudié la Torah et la halakha, et a poursuivi sa techouva selon les minhagim sefarades, en adoptant leur prononciation dans la tefila et la lecture de la Torah, alors que ses parents, habitants d'Ashkenaz, n'observaient pas la Torah ni les mitsvot, est autorisée à continuer à prier et à suivre les halakhot et minhagim sefarades, tant pour les allègements que pour les rigueurs. Il n'est pas obligé de poursuivre la tradition de ses ancêtres et de pratiquer selon les minhagim ashkenazes.
Réponse
Celui qui a l'habitude de prier selon le nusah sefarade n'est pas tenu d'obéir à son père si ce dernier lui ordonne de changer sa tefila pour adopter le nusah sefarad.
Priere en silence
Réponse
Les Sages ont appris de la prière de Hanna, où il est dit qu'elle parlait dans son cœur, seules ses lèvres bougeaient, que celui qui prie doit articuler les mots avec ses lèvres, c'est-à-dire prononcer correctement les paroles de la tefila avec ses lèvres, et il n'est pas suffisant de prier uniquement dans son cœur. Sa voix ne s'entendait pas, ce qui enseigne qu'il est interdit d'élever la voix pendant la tefila silencieuse. Il est également enseigné que celui qui fait entendre sa voix pendant la tefila est considéré comme ayant une foi imparfaite, car cela ressemble à penser que, Hachem préserve, Hachem n'entend pas la prière dite à voix basse. Ainsi tranche le Maran dans le Choulhan Aroukh : il ne faut pas prier uniquement dans son cœur, mais articuler les paroles avec ses lèvres, les faire entendre à ses propres oreilles à voix basse, sans faire entendre sa voix aux autres. Si l'on ne peut pas se concentrer en priant à voix basse, il est permis d'élever la voix, mais cela ne concerne que la prière individuelle ; en public, cela est interdit, car cela dérangerait l'assemblée. Même s'il existe des avis contraires, l'essentiel est de suivre l'opinion du Maran, d'autant plus qu'en faisant entendre à ses oreilles, on peut mieux prononcer les mots de la tefila et mieux se concentrer.
Réponse
Dans certaines communautés, il est d'usage que le chaliah tsibour récite à voix haute la tefila d'Arvit des veilles de Yom Tov et des veilles des Yamim Noraïm. Cette coutume a des fondements et il ne faut pas l'annuler de manière autoritaire, afin d'éviter les conflits. Toutefois, si toute l'assemblée sait lire et prie dans le mahzor, et qu'ils acceptent d'abandonner cette coutume pour suivre l'avis des kabbalistes, ils seront dignes de bénédiction.
Réponse
Si quelqu'un prie la Amida à voix basse mais élève un peu la voix, certains disent que ceux qui l'entendent doivent répondre Amen à ses bénédictions, en particulier ceux qui se trouvent dans un rayon de quatre coudées et entendent sa prière. Cependant, il est préférable, lorsque c'est possible, de s'éloigner. D'autres ne sont pas de cet avis. La halakha principale est qu'il faut répondre Amen, mais on peut s'éloigner si on le souhaite et que cela est possible. Si l'on se trouve dans un endroit où il est interdit d'interrompre par la parole, comme pendant les Pessoukei Dezimra, il est bon de s'éloigner pour ne pas entendre la prière de l'autre et ne pas avoir à répondre Amen au milieu des Pessoukei Dezimra. Si l'on a entendu la bénédiction au milieu des Pessoukei Dezimra, on répond Amen.
Réponse
Celui qui prie la Amida chez lui et élève un peu la voix afin d'enseigner à sa famille, il est certain que l'on doit répondre Amen après ses bénédictions. Puisqu'il lui est permis d'agir ainsi, sa prière est valable et, selon tous les avis, on répond Amen après lui.
Réponse
Celui qui a prié uniquement en pensée, sans prononcer les mots avec sa bouche et ses lèvres, n'est pas quitte de la tefila et doit recommencer à prier. Toutefois, il est bon de formuler une condition en disant : « Si je n'ai pas accompli mon obligation de tefila, je recommence pour m'acquitter, et si je l'ai déjà accomplie, que cette prière soit considérée comme une offrande volontaire. » Cependant, si l'on a médité uniquement dans son cœur la berakha aharona (dernière bénédiction), on est quitte a posteriori. Mais si l'on a médité uniquement dans son cœur la berakha richona (première bénédiction), il faut d'abord dire « Baroukh Chem Kevod... » puis recommencer la première berakha.
Réponse
Il ne faut pas répéter des mots dans la tefila, et il convient d'avertir particulièrement les chaliah tsibour qui souhaitent répéter des mots pour adapter la mélodie. Si quelqu'un répète un mot deux fois ou plus, il faut être strict à ce sujet, même pour un particulier.
Ne pas interrompre devant celui qui prie
Réponse
Il est interdit de s’asseoir à l’intérieur de quatre amot, soit environ 1,92 mètre, d’une personne qui récite la Amida. Si quelqu’un était déjà assis et qu’une autre personne vient ensuite prier à cet endroit, si celui qui est assis était en train d’étudier la Torah ou de prier, il ne doit pas se lever. Même selon la midat hassidout, il n’y a pas lieu de se lever, et au contraire, il faut craindre un risque de bitoul Torah (interruption de l’étude) en se levant. Si la personne assise n’était pas en train d’étudier ou de prier, et que cela se passe à la synagogue, il convient de prendre en compte la rigueur et de se lever face au priant. Mais si cela se passe à la maison ou dans un lieu non réservé à la prière, selon la règle stricte il n’est pas nécessaire de se lever, mais il est recommandé, par midat hassidout, de se lever. Tout cela concerne le cas où l’on était déjà assis avant que le priant ne vienne. Mais a priori, il ne faut pas s’asseoir devant quelqu’un qui prie, même si l’on étudie ou prie soi-même. En cas de nécessité, il est permis d’être indulgent si l’on étudie ou prie, à condition de prononcer les paroles de Torah à voix haute. Ainsi, celui qui écoute la répétition de la Amida du chaliah tsibour, même s’il médite des paroles de sainteté, il lui est interdit de s’asseoir dans les quatre amot du priant, car le principe de "chomea keone" ne s’applique pas ici, puisqu’il a déjà accompli sa prière. Toutefois, une personne âgée ou faible est autorisée à s’asseoir. L’interdiction de s’asseoir devant le priant s’applique aussi bien devant lui que sur ses côtés, dans un rayon de 1,92 mètre. Certains sont rigoureux et ne s’assoient pas devant le priant même à une distance telle que dans son champ de vision, mais selon la règle stricte, l’interdiction ne concerne que les quatre amot devant ou sur les côtés. Celui qui est rigoureux sur ce point sera béni, à condition que cette rigueur ne cause pas de bitoul Torah.
Réponse
Certains estiment que, de la même manière qu’il est interdit de s’asseoir devant une personne qui prie, il est également interdit de s’appuyer sur un standar (pupitre) lorsqu’on se trouve devant un priant, car s’appuyer est assimilé à s’asseoir. D’autres ne sont pas de cet avis. En cas de nécessité, il est permis de s’appuyer sur le standar devant le priant, même si l’appui est tel que, si le pupitre était retiré, on ne pourrait pas rester debout.
Réponse
Comme cela a déjà été expliqué, si une personne était déjà assise et qu’une autre vient prier à côté d’elle, selon la règle stricte, il n’est pas nécessaire de se lever, car le priant est venu dans son espace. Il n’y a pas de différence à ce sujet entre le fait que cela se produise à la maison ou à la synagogue : dès lors que l’on était déjà assis et que le priant arrive, il n’est pas obligatoire de se lever. Certains estiment toutefois que cela ne s’applique qu’à la maison, mais que dans un minyan fixe, et a fortiori à la synagogue, il faut se lever, car c’est un lieu destiné à tous. Certains ajoutent que même si les places sont attribuées à chacun et ont été acquises, il convient aussi d’être rigoureux. Cependant, pour celui qui étudie la Torah, il n’y a pas lieu d’être strict. Malgré tout, par midat hassidout (conduite pieuse), il est bien de se lever même dans ce cas. Mais si l’on étudie la Torah et que se lever entraînerait une interruption de l’étude, il n’y a même pas lieu d’être rigoureux selon la midat hassidout.
Réponse
Si l’on était debout au départ et que l’on voit quelqu’un venir prier à côté de soi, il est permis, selon la règle stricte, de s’asseoir à sa place avant que l’autre ne commence à prier à côté. Toutefois, si cela est manifestement fait pour cette raison, il est interdit de le faire en raison du manque de respect.
Réponse
Lorsqu’il y a une cloison en verre devant ou sur les côtés du priant, étant donné que le priant voit toujours la personne assise devant lui, la séparation en verre n’est pas considérée comme une interruption valable. Il en va de même pour le fait de passer devant le priant lorsqu’il y a une cloison en verre entre eux.

