Questions pratiques
Erreurs trouvées dans les tefiline et le Sefer Torah
Réponse
Si une communauté possède dans sa synagogue un Sefer Torah volé, ou acquis par inadvertance auprès de voleurs, il subsiste un doute quant à savoir si la communauté s'acquitte de l'obligation de la lecture de la Torah avec ce Sefer Torah, et il y a également un doute concernant la permission de réciter les berakhot de la Torah sur ce Sefer Torah.
Réponse
Un Sefer Torah dans lequel on a trouvé trois erreurs ne doit pas être utilisé pour la lecture tant qu'il n'a pas été entièrement corrigé. Si l'on trouve plus de trois erreurs d'omission ou d'inversion de mots, mais que chaque erreur a été corrigée immédiatement avant de découvrir la suivante, certains estiment qu'il faut tout de même corriger l'ensemble du Sefer Torah, tandis que d'autres permettent d'être indulgent et considèrent qu'il n'est pas nécessaire de tout corriger. En pratique, on peut s'appuyer sur l'opinion du Rambam concernant un Sefer Torah pasoul, et il est donc permis de lire dans ce Sefer Torah en public avec bénédiction.
Lois des réparations des tefiline et de leurs lanières
Réponse
Les boîtiers des tefiline doivent être noirs. Certains affirment que cela relève d'une halakha le-Moché mi-Sinaï, mais la halakha n'est pas tranchée ainsi. Malgré tout, il est bon de rendre le cuir des boîtiers noir, à titre de mitsva, mais ce n'est pas indispensable. Il est préférable qu'un Juif les noircisse en l'honneur de la mitsva, plutôt qu'un non-Juif. Toutefois, a posteriori, si un non-Juif a noirci les boîtiers, les tefiline restent cachères.
Réponse
Les lanières des tefiline doivent être noires. Il faut les teindre avec une teinture fabriquée à partir d'une substance permise à la consommation. Il ne faut pas teindre les lanières avec une teinture faite à partir d'une substance non cachère. Si l'on mélange une substance impure à une teinture noire cachère pour améliorer la couleur et l'embellir, il n'y a pas lieu d'être rigoureux à ce sujet, car cela reste permis. Cependant, il ne faut pas s'écarter de la coutume des scribes qui veillent, même pour l'application sur les tefiline, à n'utiliser que des produits cachères, et a posteriori, si l'on a appliqué une substance impure sur les tefiline, elles restent cachères pour la bénédiction. De même, ceux qui appliquent une substance impure sur les lanières des tefiline pour les faire briller et les embellir, après qu'elles ont été noircies conformément à la règle, peuvent s'appuyer sur des avis permissifs, car ce n'est pas indispensable à la cacheroute des tefiline. Cependant, il ne faut pas s'écarter de la coutume des scribes de teindre les tefiline à l'encre, et a posteriori, si l'on a appliqué du cirage à chaussures, il n'est pas nécessaire de repasser de l'encre par la suite.
Réponse
Certains scribes ont l'habitude de prendre des cuirs anciens et de les assembler à la base du boîtier des tefiline, sans vérifier que ces cuirs proviennent d'un animal pur. A posteriori, il ne faut pas invalider les tefiline pour cela, car ce n'est pas indispensable à leur cacheroute, et il n'est donc pas nécessaire que cela provienne d'un produit permis à la consommation.
Réponse
Les tefiline, qu'il s'agisse de celles du bras ou de la tête, doivent être carrées. Il faut également que l'emplacement où l'on pose les tefiline soit carré, ainsi que les boîtiers eux-mêmes. Si les tefiline étaient carrées et que, par la suite, leur forme s'est altérée, certains estiment qu'il faut les remettre en forme carrée. Voir plus loin.
Réponse
Il arrive que des tefiline, initialement bien carrées, voient leurs angles s'user légèrement avec le frottement de la chemise ou autre. Certains estiment que tant que la forme carrée subsiste et que seuls les angles sont émoussés, la forme n'est pas considérée comme altérée, à condition que l'altération ne soit pas évidente. Il est certes préférable, dès le départ, que la forme carrée soit présente aussi bien sur le cuir des boîtiers eux-mêmes qu'après leur noircissement. Toutefois, si une partie de la teinture noire s'est écaillée, donnant l'impression que la forme n'est plus carrée, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car le boîtier lui-même reste carré et la teinture noire n'est pas indispensable. Si la forme carrée s'est tellement usée qu'elle est devenue arrondie et que le carré n'est plus reconnaissable, il est interdit de réciter la berakha sur ces tefiline. Mais si l'usure est légère et que la forme carrée reste visible, il est permis de réciter la berakha. Dans tous les cas, il est préférable de les remettre en forme carrée comme il se doit, mais tant que cela n'a pas été fait, on peut réciter la berakha sur de telles tefiline.
Réponse
Des tefiline provenant autrefois des villes de Babylonie, dont il est évident à l'œil nu qu'elles ne sont pas carrées, même sans instrument de mesure, ne doivent pas être portées, et a fortiori il ne faut pas réciter la berakha dessus, car cela constituerait une berakha en vain. Puisqu'en Israël il existe des scribes et des artisans experts qui fabriquent des tefiline de grande qualité conformément à la halakha, il est assurément interdit d'acheter des tefiline importées des villes de Babylonie.
Réponse
Si les boîtiers des tefiline ne sont pas carrés à cause de l'air qui sépare, dans les tefiline de la tête, une paracha d'une autre, il ne faut pas les considérer comme valides.
Réponse
La réalisation de rainures autour de la titura ne porte pas atteinte à la forme carrée de la titura. Certains font passer les fils de couture à l'intérieur de la titura, d'autres les font passer au-dessus de la titura puis dans les trous prévus pour la couture, et il existe d'autres coutumes. Chacun peut suivre sa propre coutume. Et en particulier lorsque les parchemins sont sur deux klafim et non sur un seul.
Réponse
Pour la lettre chin sur les tefiline, certains la réalisent avec des taguim, d'autres sans taguim. En tout cas, personne ne craint que des taguim en trop puissent porter atteinte à la forme carrée.
Réponse
Le cuir des boîtiers et de la maavarta des tefiline de la tête et du bras doit provenir d'un animal, d'une bête ou d'un oiseau purs, même s'ils sont issus d'une nevela ou d'une terefa. Il est permis d'utiliser du klaf ou du cuir de fœtus. Il faut que le cuir soit tanné pour la mitsva, dans la mesure du possible. Concernant le cuir de la maavarta des tefiline de la tête et du bras, certains estiment qu'il n'est pas nécessaire qu'il soit tanné pour la mitsva, ni même tanné du tout. Certains utilisent du cuir sec, le trempent et en font la maavarta, et selon eux, même s'il est tanné, il n'est pas nécessaire que ce soit pour la mitsva. D'autres exigent que le tannage soit fait pour la mitsva. Et la règle principale est que, dans la mesure du possible, il faut tanner le cuir pour la mitsva.
Réponse
La coutume des scribes de rouler les parchemins des tefiline dans un petit klaf cachère avant de les placer dans les boîtiers n'est pas une obligation halakhique, mais seulement une rigueur supplémentaire. Ainsi, si les parchemins ont été enroulés dans un klaf non cachère, il ne faut pas invalider les tefiline pour cette raison, car pour tout ce qui n'est pas une obligation halakhique, il n'y a pas lieu d'être strict au sujet de "min hamoutar befikha".
Réponse
Certains scribes ont l'habitude de percer l'épaisseur du cuir de la titura, de sorte que les parchemins des tefiline descendent en dehors des boîtiers jusque dans la cavité de la titura, car les parchemins dépassent la taille des boîtiers et ne peuvent pas tous y entrer. Plusieurs décisionnaires considèrent cela comme invalide, car selon eux, il faut que tous les parchemins soient entièrement à l'intérieur des boîtiers, sans qu'aucune partie n'en sorte, et on ne peut pas appliquer ici la règle "la majorité vaut la totalité". Certains, cependant, autorisent. En pratique, il faut être rigoureux. Il existe une opinion selon laquelle, si les boîtiers sont faits d'une seule pièce de cuir et que la titura est repliée à partir du cuir même des boîtiers, il est permis que les parchemins dépassent un peu dans la titura. Mais si la titura est faite de deux cuirs et qu'on a creusé à l'intérieur, et que les parchemins descendent dans la titura, les tefiline sont invalides. D'après les anciens décisionnaires, il ne ressort pas qu'ils aient fait une distinction à ce sujet, et dès lors que les parchemins descendent dans la titura, ils ne sont plus considérés comme étant à l'intérieur du "boîtier" des tefiline. Puisqu'il s'agit d'un doute d'ordre toranique, il faut être rigoureux.
Réponse
Il faut placer chaque paracha dans sa propre case, de sorte qu'elle soit dressée verticalement à l'intérieur de sa case.
Réponse
Dans les tefiline de la tête, on écrit les quatre parachiot sur quatre parchemins, et non sur un seul. Mais si l'on a écrit les quatre parachiot sur un seul parchemin, elles sont cachères, même s'il n'y a pas d'espace entre elles, à condition qu'il y ait un fil ou une ficelle entre chaque boîtier.
Réponse
Dans les tefiline du bras, on écrit toutes les quatre parachiyot sur un seul parchemin, puis on les enroule de la fin vers le début, on entoure d'un parchemin et de poils de veau, puis on les place dans leur case comme pour les tefiline de la tête. Si on les a écrites sur quatre parchemins et placées dans quatre cases, on est quitte, et a fortiori si on les a placées dans une seule case, à condition de recouvrir de cuir les quatre cases pour qu'elles apparaissent comme une seule case. Si l'on a recouvert les cases d'or ou de cuir d'animal impur, elles sont invalides. Il s'agit d'une halakha le-Moché mi-Sinaï que les tefiline doivent être cousues avec des tendons d'animaux purs, et il est bon de coudre avec des tendons de bœuf. On coud trois points de chaque côté, et le fil de couture doit entourer sur deux côtés, et on fait passer le fil de couture entre chaque case. Certains disent que ces douze coutures doivent être faites avec un seul fil.
Réponse
Il est préférable, a priori, de prendre un seul morceau de cuir pour fabriquer les quatre cases afin de s'acquitter de l'obligation selon tous les avis. Cependant, selon la règle stricte, si l'on a assemblé les cuirs par couture, cela est valable, et il est possible que cela soit valable même selon Maran. Même si les cases sont faites d'un seul morceau de cuir, il n'est pas nécessaire que la base (titoura) et le passage (maavarta) soient du même cuir ; même s'ils sont faits d'un cuir séparé, c'est valable, et telle est la coutume répandue. Toutefois, lorsque cela est possible, il est bon de veiller aussi à cela pour satisfaire les avis rigoureux. Les cases de tefiline fabriquées à partir de plusieurs morceaux de cuir collés ensemble par le scribe et devenus comme un seul cuir sont valides pour accomplir la mitsva des tefiline. Cependant, celui qui peut acheter des tefiline faites d'un seul morceau de cuir, même si elles sont chères, doit s'efforcer de les acquérir, que ce soit pour lui-même ou pour ses fils lorsqu'ils atteignent l'âge de mettre les tefiline. Que Hachem le récompense en bien.
Réponse
Il faut veiller à coudre les boîtiers des tefiline comme il est d'usage. Ceux qui collent les boîtiers des tefiline avec de la colle pour faciliter la couture n'agissent pas bien, car dans ce cas la couture devient superflue, alors qu'il s'agit d'une halakha le-Moché mi-Sinaï qu'il faut coudre les tefiline. Si l'on a collé les boîtiers des tefiline avant de coudre, il faut ouvrir le boîtier et coudre avec un tendon d'animal pur comme il est d'usage.
Réponse
Si une partie de la largeur de la lanière des tefiline a été entamée, mais qu'il reste une largeur équivalente à un grain d'orge (soit un centimètre), ces tefiline sont considérées comme valides. Il n'est pas nécessaire de remplacer la lanière, car elle reste cachère.

