Questions pratiques
Lois de la concentration dans la priere
Réponse
Celui qui n'a pas eu la kavana dans la berakha des Avot et s'en rend compte au milieu ou à la fin de la berakha, avant de conclure « Baroukh Ata Hachem Magen Avraham », doit recommencer la berakha depuis le début, en disant « Elohei Avoténou Elohei Avraham Elohei Its'hak véElohei Yaakov », etc., avec la kavana appropriée. Il n'y a pas à craindre d'interruption, car il recommence pour une kavana qui est indispensable à la tefila. Si l'on a déjà conclu « Baroukh Ata Hachem Magen Avraham », il est bon de méditer toute la première berakha dans son cœur avec kavana, du début à la fin, puis de poursuivre avec « Ata Gibor », etc. Si l'on ne s'en rend compte qu'après, on peut continuer la tefila. Quoi qu'il en soit, chaque fois que l'on s'en rend compte au milieu de la tefila, il faut s'efforcer de se concentrer au moins dans la berakha de Modim. Cela permettra de corriger et de compléter le manque de kavana dans Avot, car de nombreux décisionnaires estiment que l'essentiel de la kavana dans la tefila doit être soit dans Avot, soit dans Modim. De plus, même si l'on n'a pas eu la kavana dans Avot, il ne faut pas renoncer à se concentrer dans les autres berakhot de la tefila, mais s'efforcer d'y mettre toute la kavana possible.
Réponse
Certains disent qu'il est bon de prier à partir d'un sidour, afin de mieux se concentrer. Tout dépend de la personne : si elle sent qu'en priant à partir du sidour elle se concentre mieux, il vaut mieux prier ainsi. Si elle sent qu'elle peut mieux se concentrer en priant par cœur, elle priera par cœur. Certains ont écrit qu'un bon conseil pour prier avec kavana est, lorsqu'on termine une berakha de la Amida, de ne pas commencer la suivante avant d'avoir réfléchi à la berakha qu'on va dire, ce qui rendra la tefila meilleure, à l'image des hassidim harichonim qui prenaient un temps avant leur tefila. D'autres ont conseillé, pour prier avec kavana, de dire plusieurs phrases en une seule respiration.
Réponse
Il existe dix choses qui aident une personne à se concentrer dans la tefila de la Amida, et leur contraire entraîne une perte de kavana. Les voici : la Torah, le renouveau, le besoin, la langue, le mouvement, la voix, la préparation, l'entrée, le voisin, le temps. C'est-à-dire : s'investir dans l'étude de la Torah rapproche de Hachem, renforce la crainte et l'amour d'Hachem dans le cœur, et facilite la kavana dans la tefila. Le renouveau consiste à introduire des supplications et des demandes personnelles dans certaines berakhot, ce qui favorise la kavana. Le besoin : lorsqu'une personne a un grand besoin, elle se concentre davantage, surtout si ce besoin est très important, comme un enfant malade. La langue : prier dans la langue que l'on utilise au quotidien pour tous ses besoins. Le mouvement : pour certains, bouger pendant la tefila nuit à la kavana, tout dépend de la personne. La voix : certains se concentrent mieux en entendant leur propre voix, d'autres en priant à voix basse ; cela dépend de chacun. La préparation : préparer son cœur à la kavana, en s'asseyant un moment en silence avant la tefila et en écartant ses pensées. L'entrée : si quelqu'un entre pendant que l'on prie, cela peut perturber la kavana. Le voisin : si les voisins prient avec kavana, il est plus facile de se concentrer aussi. Le temps : prendre suffisamment de temps pour la tefila, afin de pouvoir dire chaque demande lentement, favorise la kavana, alors que prier dans la précipitation la diminue.
Réponse
Lorsqu'une personne a dans son quartier une synagogue où la prière est récitée rapidement et dans la précipitation, avec une telle affluence qu'il lui est difficile de se concentrer correctement, et qu'il existe également un beit midrash ou une yeshiva où la prière se fait lentement et posément, il est préférable de prier dans ce lieu où la prière est plus calme, même s'il doit quitter avant la fin de la prière parce qu'il doit se rendre à son travail à une heure précise, plutôt que de prier dans un endroit où la concentration est perturbée. De plus, si quelqu'un souhaite prier dans une synagogue où la concentration est meilleure, et que son père ou sa mère s'y opposent, il n'est pas tenu de leur obéir.
Réponse
Il a déjà été expliqué que celui qui a l'habitude de se concentrer au moins pendant la bénédiction des Avot et qui, lors d'un voyage en autobus, voit arriver le temps de minha tout en sachant qu'il ne pourra pas se concentrer durant le trajet, et que s'il attend pour prier, le temps de minha passera, il vaut mieux ne pas prier minha sans kavana, mais attendre d'arriver chez lui et prier deux fois arvit, la seconde prière étant pour rattraper (tachloumin). Même s'il a commencé son voyage après l'entrée du temps de minha, tant qu'il est clair qu'il ne pourra pas se concentrer, il pourra rattraper la prière. Toutefois, s'il a commencé son voyage de manière interdite, il devra formuler une condition de nedava avant de réciter la seconde prière. Si toutefois il peut prier avec kavana en étant assis, il priera assis et n'aura pas besoin de recommencer debout par la suite.
Réponse
Celui qui prolonge sa prière afin de mieux se concentrer, par exemple lorsque l'assemblée prie rapidement et qu'il souhaite comprendre les mots ou suivre la kavana selon la kabbala, et qu'il risque de manquer la réponse à la kedoucha, il lui est permis de commencer la Amida pendant que l'assemblée est à la bénédiction "Emet Veyatsiv", afin de pouvoir dire la kedoucha avec l'assemblée. Cependant, il n'est pas obligé d'agir ainsi et peut commencer en même temps que l'assemblée. S'il ne peut pas répondre à la kedoucha ou au kaddich parce qu'il est encore en pleine prière, cela n'est pas problématique. Pour la prière de minha, il n'est pas permis d'avancer sa prière, car il est interdit de prier avant le kaddich, qui est même préférable à la kedoucha.
Réponse
Si quelqu'un accélère sa prière pour pouvoir répondre à la kedoucha, il devra veiller scrupuleusement à ne pas avaler de mots ou de lettres, et à ne pas se troubler dans sa kavana, car sinon il perdrait le bénéfice de son empressement.
Réponse
Il convient de prier avec supplication, comme un pauvre qui demande à la porte, et de prier calmement, de sorte que la prière ne paraisse pas être un fardeau ou une formalité dont on cherche à se débarrasser.
Réponse
Une personne ne doit pas penser qu'elle mérite que Hachem exauce sa prière simplement parce qu'elle s'est bien concentrée. Au contraire, une telle pensée risque de faire rappeler ses fautes, car on examinera alors ses actes pour savoir qui se repose autant sur ses mérites. Il faut plutôt penser que Hachem écoutera sa prière par la grandeur de Sa miséricorde et de Sa bonté, et s'en remettre à Sa grande bienveillance.
Réponse
Même une personne qui sait qu'elle n'est pas capable de prier avec kavana, même pour une seule des berakhot de la tefila, est tout de même tenue de prier et ne peut pas s'exempter de la tefila sous prétexte qu'elle ne peut pas se concentrer. Cependant, elle doit s'efforcer de toutes ses forces d'avoir la kavana au moins dans la berakha des Avot ou dans Modim.
Réponse
Si quelqu'un est déjà allongé dans son lit et se rappelle qu'il n'a pas encore prié Arvit, et qu'il sait qu'il ne pourra pas avoir la kavana pendant la Amida, il doit tout de même prier Arvit et ne peut pas s'exempter de la tefila en prétextant son manque de kavana. Il doit cependant s'efforcer de toutes ses forces d'avoir la kavana au moins dans la berakha des Avot ou dans Modim.
Réponse
Si la tefila en communauté empêche une personne de prier avec kavana et qu'elle souhaite prier en privé pour mieux se concentrer, elle ne doit pas pour autant annuler de façon régulière la tefila en communauté. Toutefois, il est permis de prier occasionnellement en privé pour améliorer sa kavana.
Réponse
Il est souhaitable qu'une personne possède des vêtements beaux et réservés pour la tefila, à l'image des vêtements de keouna que portait le kohen, bien que tout le monde ne puisse pas se permettre une telle dépense. En tout cas, il est bon d'avoir un pantalon réservé à la tefila pour des raisons de propreté. C'est dans cet esprit que les élèves des yeshivot ont l'habitude de porter un chapeau et une veste pendant la tefila, et c'est une coutume importante.
Regle du priant en etat d’ivresse
Réponse
Celui qui a bu une quantité de vin équivalente à un reviit en une seule fois, s'il y a ajouté un peu d'eau, il lui est permis de prier. Sinon, il ne doit pas prier tant que l'effet du vin ne s'est pas dissipé. Avec les vins actuels, qui ne sont pas forts, il est permis de prier même après avoir bu un reviit. Cependant, si l'on a bu beaucoup au point d'être ivre, même avec les vins actuels, il est interdit de prier. Si quelqu'un a bu un reviit de vin et n'est pas en état de parler devant un roi, s'il prie, sa prière est considérée comme une abomination et il doit recommencer sa prière. Même si le temps de la prière est déjà passé, il devra la rattraper lors de la prière suivante, comme pour un cas de faute involontaire. Mais pour les autres bénédictions, il est permis de les réciter.
Réponse
Un homme ivre, bien qu'il n'ait pas le droit de prier et que sa prière soit considérée comme une abomination, peut néanmoins être compté dans un minyan de dix personnes pour la récitation des passages de kedoucha, même s'il n'est pas en état de parler devant un roi. Cependant, s'il est ivre au point d'être comme Lot, c'est-à-dire qu'il agit sans savoir ce qu'il fait, il a alors le statut de fou, ne compte pas dans le minyan et est exempté des mitsvot.
Possibilite de prier dans toute langue
Réponse
Celui qui écoute la tefila du chaliah tsibour en lachon hakodesh et a l’intention de s’acquitter de son obligation, s’il ne comprend pas le lachon hakodesh, il ne s’acquitte pas de la tefila, car la règle de « chomea keone » ne s’applique que lorsqu’on comprend ce que l’on entend. Il en va de même pour celui qui écoute le birkat hamazon de son ami et a l’intention de s’acquitter de son obligation : il ne s’en acquitte que s’il comprend ce qu’il entend. Mais celui qui prie lui-même, ou qui récite lui-même le birkat hamazon en lachon hakodesh, même s’il ne comprend pas précisément ce qu’il prononce, mais seulement dans les grandes lignes, il s’acquitte de la tefila et du birkat hamazon.
Réponse
En dehors d’Israël, même si tout le monde ne comprend pas le lachon hakodesh, il faut tout de même prier en lachon hakodesh, selon le texte institué par les Hakhamim. Il est une mitsva d’imprimer des sidourim de façon à ce qu’une page soit en lachon hakodesh et, en face, la traduction mot à mot dans la langue locale, afin que l’on comprenne le sens de la prière lorsqu’on prie en lachon hakodesh. Certains ont imprimé des sidourim avec une page en lachon hakodesh et, en face, les mêmes mots en lachon hakodesh mais en lettres latines, pour permettre à ceux qui ne savent pas lire l’alphabet hébraïque de prier aussi en lachon hakodesh. Même si, en lettres latines, certaines lettres du lachon hakodesh manquent, comme la lettre ‘ayin ou ‘het, il vaut mieux agir ainsi que de s’abstenir totalement de prier. Car Hachem désire le cœur. Cependant, un chaliah tsibour qui ne prononce pas correctement les lettres ne doit pas descendre devant l’assemblée pour acquitter la communauté, mais pour des particuliers dont c’est l’accent, il ne faut pas être pointilleux.
Réponse
Il convient de justifier ceux qui récitent le kaddich en lachon hakodesh mais à partir de lettres françaises ou anglaises, pour l’élévation de l’âme de leurs défunts, même s’ils ne comprennent pas du tout ce qu’ils disent, et il ne faut pas les repousser. A plus forte raison, on peut espérer que, grâce à la récitation du kaddich à la synagogue, ils se rapprocheront de la Torah et du judaïsme.
Réponse
La coutume des Séfarades et des communautés d’Orient est de prononcer la lettre noun du Nom divin avec un kamats large, proche du signe patakh. Les personnes précises distinguent un peu entre les deux, car le kamats est une voyelle longue et le patakh une voyelle courte. Même si la différence est minime, ceux qui écoutent attentivement peuvent la percevoir. Certains, récemment, ayant étudié dans des yéchivot ashkénazes, modifient la prononciation de la noun du Nom divin en kamats hatouf, équivalent au holam, selon la prononciation ashkénaze. Or, il ressort des propos des derniers décisionnaires que notre prononciation est la correcte. Ainsi, quiconque change a tort et ne fait pas bien, transgressant « al titosh torat imekha », et il doit revenir à la coutume séfarade.
Réponse
Il faut être très vigilant, lors de la mention du Nom divin, à prononcer la lettre dalet avec un holam, et non comme ceux qui, par précipitation, la prononcent avec un shva, ce qui donne au Nom une autre signification, comme « adneyhem kesef ». Si un chaliah tsibour agit ainsi, même dans une seule bénédiction de la Amida, il y a un doute s’il est permis de répondre amen après lui, car peut-être toutes ses bénédictions sont vaines. Il semble donc qu’il vaut mieux s’abstenir et penser amen dans son cœur.

