Questions pratiques
Veille de Pessah qui tombe Chabbat
Réponse
Lorsque la veille de Pessah tombe un Chabbat, certains décisionnaires exigent que les premiers-nés avancent le jeûne au jeudi. D’autres estiment que, puisque le jeûne ne peut être observé Chabbat et qu’il est donc repoussé, il est complètement annulé et il n’est pas nécessaire de jeûner du tout. Bien que Maran du Choulhan Aroukh ait tranché selon l’opinion indulgente, et que telle est la règle principale, il est néanmoins recommandé, si possible, que les premiers-nés participent à un siyoum masekhet ou à un autre repas de mitsva, comme une berit mila, un pidyon haben ou un repas de mariage. Un père qui a l’habitude de jeûner chaque année la veille de Pessah pour son fils premier-né jusqu’à ce qu’il grandisse, est totalement exempté de jeûne cette année-là. De même, les filles premières-nées, même dans les endroits où elles ont l’habitude de jeûner les autres années, sont totalement exemptées cette année. Elles n’ont pas besoin de participer à un siyoum masekhet pour se dispenser du jeûne, car une fois repoussé, il est annulé. Si un premier-né a choisi d’être strict et a jeûné le jeudi 12 Nissan, il lui est permis de goûter des fruits ou un gâteau en quantité inférieure à un kebetsa avant la vérification du hamets.
Réponse
Bien que le vendredi 13 Nissan, il soit permis de consommer du hamets toute la journée, il est néanmoins préférable de procéder à l’élimination du hamets la veille de Chabbat, à la cinquième heure, comme on le fait les autres années la veille de Pessah, afin d’éviter toute confusion l’année suivante et de ne pas éliminer le hamets après la mi-journée. On laissera du hamets uniquement pour deux repas de Chabbat : le repas du vendredi soir et celui du Chabbat matin. Il n’est pas nécessaire d’annuler le hamets une seconde fois lors de l’élimination du vendredi ; on l’annulera le Chabbat matin avant l’heure d’interdiction. Il ne faut pas préparer pour ce Chabbat des plats de hamets qui collent aux ustensiles, comme une bouillie de farine ou similaire, afin de ne pas avoir à laver la vaisselle Chabbat après le repas, car ce lavage ne serait pas nécessaire pour Chabbat et il est interdit de laver des ustensiles Chabbat si ce n’est pas pour un usage durant Chabbat.
Réponse
Il est permis d’effectuer des travaux le vendredi, comme les autres veilles de Chabbat de l’année, même des travaux professionnels, à condition de bien préparer les besoins de Pessah. À partir de minha ketana, les lois sont celles de toute veille de Chabbat.
Réponse
Les feuilles de hassa avec lesquelles on accomplit la mitsva de manger le maror la nuit de Pessah doivent être soigneusement vérifiées la veille de Chabbat pour s’assurer qu’elles ne contiennent pas de vers. On les placera ensuite au réfrigérateur ou dans un linge humide jusqu’à la nuit du seder, afin qu’elles ne se flétrissent pas. Il ne faut pas les faire tremper dans l’eau depuis la veille de Chabbat, car elles seraient alors considérées comme marinées, et on ne s’acquitte pas de la mitsva avec du maror mariné dans l’eau pendant 24 heures. Toutefois, si l’on a trempé le maror (la hassa) dans l’eau pendant 24 heures ou plus et qu’on ne dispose pas d’autre maror, on peut malgré tout s’acquitter de la mitsva a posteriori.
Réponse
Le Chabbat, il convient de se lever tôt pour prier la tefila de Chaharit au lever du soleil (hanets hama). Il ne faut pas prolonger la tefila avec des mélodies ou des poèmes liturgiques. De même, il est recommandé de ne pas ajouter d’olim supplémentaires à la lecture de la Torah, mais de se limiter aux sept olim obligatoires du jour, afin de pouvoir terminer le repas du matin avant l’heure d’interdiction du hamets. Dans la plupart des communautés, la haftara de Chabbat Hagadol est « Ve'arva laHachem minhat Yehouda veYerouchalayim », qui se termine par le verset : « Hineni sholeah lakhem et Eliya hanavi lifne bo yom Hachem hagadol vehanora ». Cela se fonde sur l’enseignement des Hakhamim : « En Nissan ils furent délivrés, et en Nissan ils seront délivrés à l’avenir ». Toutefois, dans les endroits où il existe une coutume claire de lire la haftara de la semaine, on ne changera pas cette habitude.
Réponse
Il faut être très vigilant pendant le repas pour éviter que des miettes de pain ne se dispersent partout. Immédiatement après le repas, il convient de mettre de côté tous les ustensiles ayant servi au hamets dans un endroit réservé, de secouer la nappe pour en retirer les miettes de hamets dans la poubelle, puis de ranger la nappe avec les ustensiles de hamets. S’il reste des tranches entières de pain, il faut les émietter jusqu’à ce qu’aucun morceau ne dépasse la taille d’un kazayit, puis les jeter à la poubelle. Tout cela concerne du pain souillé ; pour du pain propre, il ne faut pas agir ainsi. Il est permis de balayer le sol de la maison avec un balai pour qu’il ne reste aucune trace de hamets. Il faut bien se laver les mains et se rincer soigneusement la bouche à l’eau pour qu’il ne reste aucun résidu de hamets, même minime. Il est recommandé de nettoyer le hamets entre les dents à l’aide d’un cure-dent ou d’une épingle, en prenant soin de ne pas se blesser ni provoquer de saignement. Les prothèses dentaires doivent être soigneusement nettoyées, rincées et lavées à l’eau chaude d’un récipient secondaire, ce qui suffit, sans qu’il soit nécessaire de les ébouillanter. Après le repas, il faut annuler le hamets en prononçant la formule : « Kol hamira deika birchouti, dehaziteih vedelo haziteih, debiarteih vedelo biarteih, lebatel velehevei ke'afra de'ara » (tout hamets et levain en ma possession, que je l’aie vu ou non, que je l’aie détruit ou non, qu’il soit annulé et considéré comme la poussière de la terre).
Réponse
Les Hakhamim ont interdit de consommer de la matza la veille de Pessah, afin que sa consommation lors du soir du Seder soit bien marquée comme une mitsva. Cependant, cette interdiction ne s’applique qu’à partir du matin du quatorzième jour de Nissan ; il est donc permis de manger de la matza durant la nuit du quatorzième. Il est également permis de consommer la veille de Pessah de la matza ashira (préparée avec de la farine cachère, du vin et du sucre), car on ne s’acquitte pas de l’obligation de manger de la matza au soir du Seder avec ce type de matza, puisqu’il est écrit « pain de misère » ; il est donc permis d’en manger durant la journée du quatorzième.
Réponse
Il est permis de manger de la matza cuite à l’eau (bouillie) la veille de Pessah, car on ne s’acquitte pas de l’obligation de consommer de la matza au soir du Seder avec une matza bouillie, puisqu’elle n’a plus le goût de la matza. C’est donc permis, tout comme la matza ashira. Certains sont d’avis que, puisque l’interdiction s’appliquait alors qu’elle était encore une matza cuite au four, même après l’avoir bouillie, l’interdiction de la consommer la veille de Pessah ne disparaît pas. Cependant, l’opinion principale est de permettre. Même selon ceux qui interdisent, si la matza a été bouillie avant la veille de Pessah (par exemple, si la veille de Pessah tombe Chabbat et que la matza a été bouillie avant Chabbat), il n’y a aucune interdiction de la consommer la veille de Pessah. Il en va de même pour la matza frite, qui est permise à la consommation la veille de Pessah.
Réponse
Pour éviter d’avoir à laisser du hamets chez soi pendant Chabbat, ce qui pourrait entraîner un risque de faute à cause des miettes restantes du repas (surtout en présence d’enfants susceptibles de disperser le hamets), et pour ne pas avoir à conserver les ustensiles de hamets utilisés pendant Chabbat sans pouvoir les nettoyer correctement (puisqu’il est interdit de préparer pendant Chabbat pour un jour de semaine), et qu’ils resteraient dans la maison comme une pierre inutile jusqu’à la sortie de Yom Tov de Pessah, il est donc conseillé et juste de détruire totalement le hamets avant Chabbat, afin de n’en laisser aucune trace. Il faudra ranger tous les ustensiles de hamets après les avoir bien lavés avant Chabbat dans un endroit réservé, et utiliser pendant Chabbat uniquement des ustensiles et des aliments cachères pour Pessah. On accomplira les repas de Chabbat avec de la matza bouillie dans un bouillon de viande ou de volaille, de la manière suivante : après la cuisson du plat, on le retire du feu, et tant que le contenu de la marmite est encore chaud (au point que la main s’y retire), on y plonge successivement autant de galettes de matza que nécessaire, de façon à ce qu’elles absorbent bien le goût du plat. On pourra alors accomplir les trois repas de Chabbat avec cette matza, à condition qu’il reste la forme du pain et qu’il y ait au moins un kazayit, ce qui permettra de réciter la berakha « hamotsi » et le birkat hamazon. Il est préférable de ne retirer les galettes de la marmite qu’une fois le plat refroidi, afin de pouvoir les sortir entières, sans qu’elles ne se désagrègent dans le bouillon, ce qui permettra de les couper pendant Chabbat et de réciter la berakha « hamotsi » et le birkat hamazon, tant qu’elles gardent l’aspect du pain et qu’il y a au moins un kazayit. Il est également permis de les faire frire dans l’huile pour accomplir les repas de Chabbat. Si l’on souhaite, il est possible de consommer une matza ordinaire le vendredi soir, car il n’y a aucune interdiction de manger de la matza la nuit du quatorzième, comme mentionné plus haut. Le Chabbat matin et pour la troisième seouda, on accomplira le repas avec de la matza bouillie ou frite.
Réponse
Celui qui suit le conseil mentionné précédemment devra annuler le hamets au moment de sa destruction, la veille de Chabbat. S’il ne l’a pas fait la veille de Chabbat, il devra l’annuler le Chabbat, au moment où l’on procède à l’annulation.
Réponse
La seouda chelichit, qui doit être prise après la min'ha, ne peut pas être faite avec du hamets, car son interdiction est déjà en vigueur, ni avec de la matsa ordinaire, car il est interdit d’en manger la veille de Pessah. Il convient donc de la faire avec de la matsa ashira, et de la consommer avant la dixième heure du jour (c’est-à-dire trois heures avant la sortie des étoiles, en heures saisonnières), afin de pouvoir manger la matsa le soir avec appétit. Il est préférable d’en manger plus qu’un kébétsa de matsa ashira, en récitant la berakha « boré miné mezonot » au début et « al hamihya » à la fin. On ne récitera pas le birkat hamazon, car en cas de doute sur les bénédictions, on est indulgent. Il est encore mieux de faire cette seouda avec de la matsa cuite ou frite, car on ne s’acquitte pas avec elle de l’obligation de matsa le soir, et puisqu’elle a l’apparence du pain, on récitera dessus « hamotsi lehem min haaretz » lorsqu’il y a un kazayit, puis le birkat hamazon. Il faut avancer ce repas avant la dixième heure du jour (en heures saisonnières), afin de pouvoir manger la matsa le soir avec appétit. Si l’on a retardé la seouda chelichit, on pourra la faire même après ce moment, à condition de manger moins d’un kébétsa de pat. Et si l’on souhaite accomplir la mitsva de seouda chelichit avec de la matsa ashira, on récitera dessus « mezonot » et « al hamihya ». Celui qui ne dispose ni de matsa cuite ni de matsa ashira accomplira la seouda chelichit avec de la viande ou du poisson, ou au moins avec des fruits.
Réponse
Il faut avancer la seouda chelichit avant la fin de la neuvième heure du jour, afin de pouvoir manger la matsa le soir avec appétit. Si l’on a retardé la seouda chelichit, on pourra tout de même la faire après ce moment, à condition de manger moins qu’un kebetsa de pain.
Réponse
Il est une mitsva de préparer un plat chaud en l’honneur des repas de Chabbat, comme pour les autres Chabbatot de l’année, et il ne faut pas se contenter uniquement de plats froids.
Réponse
Le Chabbat, il est permis de balayer le sol de la maison avec un balai afin de le nettoyer complètement du hamets, pour les Séfarades qui suivent les instructions du Choulhan Aroukh. Cela concerne un sol carrelé, mais pas un sol en terre battue. Il est permis de balayer même avec un balai fait de branches sèches qui risquent de se casser pendant le balayage. Cependant, sur un sol non carrelé, il n’est permis de balayer que par l’intermédiaire d’un non-juif. Selon le Rema, il faut être rigoureux et ne pas balayer la maison même si elle est carrelée. Mais par l’intermédiaire d’un non-juif, il est permis dans tous les cas, que la maison soit carrelée ou non. Certains disent que même pour les Ashkénazes, il est permis de balayer la maison avec une brosse qui n’est pas en paille, même par un Juif, et il n’y a pas à craindre que l’on vienne balayer un sol non carrelé, car de nos jours toutes les maisons en ville sont carrelées, il n’y a donc pas lieu de faire une telle restriction. Et c’est l’opinion principale.
Réponse
Il est interdit de laver le sol à grande eau le Chabbat, même si le sol est carrelé. Toutefois, s’il y a une saleté sur le sol, il est permis de verser un peu d’eau à l’endroit de la saleté à l’aide d’un récipient, puis d’essuyer l’eau avec une raclette en caoutchouc.
Réponse
Il est permis de secouer la nappe sur le balcon ou dans la cour de la maison, même si les oiseaux viendront ensuite manger les miettes, et même si d’habitude on secoue la nappe ailleurs. En effet, l’effort est fait uniquement pour nettoyer la nappe pour soi-même.
Réponse
Dans les hôpitaux où il n'est pas possible de conserver du hamets pour le Chabbat, et où il n'est pas envisageable de garantir la cacheroute pendant Pessah si le hamets reste après le 14 Nissan, car certains ne font pas attention à ne pas introduire du hamets dans les chambres, il est permis de consommer la veille de Pessah une matsa ordinaire, fabriquée explicitement sans intention de mitsva. Il est préférable, si possible, de cuire la matsa dans un bouillon de viande ou de légumes, afin d'en modifier le goût. La bénédiction sur une matsa cuite ou frite reste hamotsi, suivie du birkat hamazon.
Réponse
La veille de Pessah qui tombe un Chabbat, on procède à la recherche du hamets la nuit du 13 Nissan. Si l'on a oublié ou été empêché de faire la bedika cette nuit-là et que l'on s'en souvient le vendredi matin, on effectue la recherche de jour, à la lumière d'une bougie comme on le fait la nuit. Si l'on ne s'en souvient qu'à l'entrée du Chabbat, on ne fera pas la bedika pendant Chabbat, même si une bougie a été allumée avant Chabbat, car il est interdit de déplacer une bougie allumée pendant Chabbat. Il est également interdit de demander à un non-juif de déplacer la bougie pour vérifier les trous et les fissures lors de la bedika. On fera alors la bedika pendant Pessah, et si cela n'a pas été fait pendant Pessah, on la fera après Pessah afin d'éviter de trébucher sur du hamets qui a passé Pessah, qui est interdit à la jouissance.
Réponse
Il est interdit de manger avant la bedika du hamets, comme les autres années, c'est-à-dire un repas de pain ou de gâteau dépassant la quantité d'un kabeitsa (environ cinquante grammes). Cette interdiction commence une demi-heure avant le moment de la bedika. Cependant, il est permis de manger du pain jusqu'à la quantité d'un kabeitsa. Il est également permis de consommer des fruits, des légumes, ou des plats à base de riz et similaires, même en quantité supérieure à un kabeitsa. À plus forte raison, il est permis de boire une tasse de café ou de thé. De même, un premier-né qui jeûne pour le taanit bekhorot peut manger du riz ou des aliments similaires, ainsi que du pain jusqu'à la quantité d'un kabeitsa, avant d'effectuer la bedika. Parfois, il est même conseillé de goûter un peu afin de pouvoir faire la bedika avec calme et sérénité.
Réponse
Certains estiment qu'il est permis, d'après la halakha, de vendre le hamets le vendredi 13 Nissan durant toute la journée. D'autres sont plus stricts et exigent de vendre le hamets, comme chaque année, avant l'heure limite du biour, car la vente fait partie du biour. De même que pour le biour hamets il est préférable de le faire la veille de Chabbat avant la sixième heure, il en va de même pour la vente du hamets, afin d'éviter toute confusion les autres années. Il est donc recommandé, a priori, de vendre le hamets le vendredi avant la sixième heure.

