Questions pratiques
Effet indirect (grama) pendant Chabbat
Réponse
Le fait que la grama soit exemptée pendant Chabbat s’applique également à la melakha de zorea (semer). Même si l’essence de cette melakha ressemble à une grama, une véritable grama dans ce domaine n’est interdite que par les Sages.
Réponse
Certains disent qu’il est permis de provoquer indirectement, pendant Chabbat, la réalisation d’un acte interdit uniquement par les Sages. Par exemple, placer un récipient sous une table sur laquelle se trouve une bougie avant Chabbat, puis, pendant Chabbat, retirer la table de sorte que le récipient se retrouve sous la bougie, ce qui fait que l’on provoque l’annulation de la fonction d’un objet à sa place. Selon cette opinion, les Hakhamim n’ont interdit la grama pendant Chabbat que pour une melakha interdite par la Torah, mais pas pour celles interdites par les Sages. D’autres s’opposent et estiment que la grama n’est pas permise même pour une melakha interdite par les Sages. On peut associer la première opinion à un autre argument pour être indulgent.
Réponse
Bien que les Hakhamim aient interdit la grama pendant Chabbat, en cas de grande perte, comme lorsqu’un incendie éclate pendant Chabbat sans qu’il y ait de danger pour la vie, il est permis de provoquer indirectement l’extinction du feu pendant Chabbat.
Réponse
Certains estiment que dans un cas de psik reisha (conséquence inévitable), les Hakhamim n’ont pas interdit la grama pendant Chabbat. Ils n’ont interdit que si l’on a l’intention de réaliser la melakha par le biais de la grama, mais si l’on n’a pas cette intention, même si la melakha se produira inévitablement, cela est permis. D’autres ne sont pas d’accord.
Deux personnes accomplissant une melakha et melakha non necessaire a son but
Réponse
Lorsque deux personnes accomplissent ensemble une melakha pendant Chabbat, elles ne sont pas passibles d'une sanction d'après la Torah. Toutefois, cela reste interdit d'après les Sages.
Réponse
Celui qui réalise pendant Chabbat une melakha qui n'est pas nécessaire en soi est exempt, mais cela reste interdit. Par exemple, creuser une fosse dans l'intention de créer la fosse, mais n'avoir besoin que de la terre extraite. Ce cas n'est pas comparable à celui où l'on accomplit une action permise qui entraîne inévitablement une melakha interdite sans intention, car dans ce dernier cas, il n'y a aucune intention de réaliser la melakha interdite.
Réponse
Si la finalité de la melakha est pour un besoin médical, cela est considéré comme une melakha nécessaire en soi. Par exemple, traire directement dans l'oreille pour un besoin médical, même si l'on n'a pas besoin du lait pour le boire, est considéré comme une melakha nécessaire en soi, car il y a un besoin thérapeutique à cette action. Et cela n'est pas conforme à l'opinion de celui qui dit qu'en cas de grande douleur à l'oreille, il serait permis de faire couler du lait du pis dans l'oreille, car il s'agirait d'une melakha qui n'est pas nécessaire en soi.
Réponse
Certains affirment que celui qui fait pendant Chabbat une melakha qui n'est pas nécessaire en soi est exempt mais interdit par la Torah. Cependant, d'après les décisionnaires, il ressort que l'interdit n'est que d'ordre rabbinique.
Réponse
Une melakha qui n'est pas nécessaire en soi, même selon l'opinion qui considère qu'il y a une obligation dans le cas d'une melakha principale, pour une dérivée de melakha, tout le monde s'accorde à dire que l'on est exempt mais que cela reste interdit.
Réponse
Certains disent que pendant Yom Tov, tout le monde s'accorde à dire qu'une melakha qui n'est pas nécessaire en soi n'entraîne pas de sanction.
Cas de degradation et demi-mesure pendant Chabbat
Réponse
Celui qui accomplit une melakha de manière à abîmer ou détériorer, est exempt d'une sanction de la Torah, mais cela reste interdit par les Sages.
Réponse
Certains avis estiment que dans le cas d'un psik reisha où l'action entraîne inévitablement une détérioration, cela serait permis, car il n'y a pas d'intention de réaliser la melakha interdite.
Réponse
Certains disent que celui qui accomplit une melakha pendant Chabbat sans atteindre la mesure minimale requise n'est pas astreint d'après la Torah, car l'interdit de hatsi shiour ne s'applique pas aux lois de Chabbat. D'autres estiment que même d'un point de vue rabbinique, il n'y a pas d'interdiction dans ce cas. D'autres encore pensent que la règle de Chabbat est identique aux autres interdits, et que hatsi shiour est interdit par la Torah. Il est approprié de combiner la première opinion lorsqu'il y a un autre argument pour permettre.
Lois de Roch Hodech tombant Chabbat
Réponse
Lorsque Roch Hodech tombe un Chabbat, à Arvit, Cha'harit et Min'ha, on récite la Amida avec sept bénédictions et on ajoute Yaale Véyavo dans la bénédiction du service (Avoda). On ne mentionne pas le Chabbat dans Yaale Véyavo.
Réponse
On sort deux Sifrei Torah. Dans le premier, on lit pour sept personnes la lecture du jour, et dans le second, le maftir lit « Ouvéyom haChabbat » et « Ouvéroché Hodchékhem » jusqu'à la fin de la section. La haftara est « HaChamaïm Kissi », sauf si Roch Hodech Eloul tombe un Chabbat, où l’on lit « Ania Soara ». De même, si Roch Hodech Av tombe un Chabbat, la coutume est de lire « Shim'ou Dvar Hachem », comme il est d’usage pendant les trois semaines de deuil. Il est correct qu’à la fin de la haftara, le maftir récite le premier et le dernier verset de la haftara « HaChamaïm Kissi », afin de marquer clairement Roch Hodech. Les Ashkénazes ont une coutume différente à ce sujet, et chacun suivra sa tradition.
Réponse
Lorsque Roch Hodech Nissan ou Roch Hodech Tevet tombe un Chabbat, et que l’on sort trois Sifrei Torah, s’il est nécessaire d’ajouter des montées supplémentaires au premier Sefer Torah en plus de l’obligation du jour, il faut réciter un Kaddich après la lecture de chaque Sefer Torah, soit trois Kaddichim au total. Il en va de même pour Roch Hodech Adar qui tombe un Chabbat, où l’on lit dans trois Sifrei Torah : la paracha de la semaine, Roch Hodech et Chekalim ; si l’on a ajouté des montées dans le premier Sefer Torah, il faut dire un Kaddich après chaque lecture. Mais si l’on n’a pas ajouté de montées et que l’on a lu seulement six personnes dans le premier Sefer Torah, on ne dit le Kaddich qu’après le deuxième et le troisième Sefer Torah.
Réponse
Celui qui a acquis la montée de Chichi ainsi que celle de maftir lors d’un Chabbat et Roch Hodech où l’on sort deux Sifrei Torah, s’il monte pour la montée de maftir, puisqu’il est monté, il ne redescend pas. Mais s’il est monté pour la montée de machlim, il ne montera pas pour celle de maftir.
Réponse
Lorsque Roch Hodech tombe un Chabbat, il n’est pas nécessaire de manger un autre kazaït en l’honneur de Roch Hodech ; ce que l’on mange pour l’honneur du Chabbat compte aussi pour Roch Hodech, et il n’y a pas lieu de craindre de faire plusieurs mitsvot en même temps. D’autant plus que ce repas n’est pas une obligation comme les repas du Chabbat. Il en est de même si l’on participe à un repas de berit mila ou à un autre repas de mitsva à Roch Hodech : on s’acquitte aussi de la mitsva du repas de Roch Hodech.
Veille de Pessah qui tombe Chabbat
Réponse
Lorsque la veille de Pessah tombe un Chabbat, on avance le deracha de Chabbat Hagadol au Chabbat précédent, soit le 7 Nissan, afin d’enseigner au public la manière d’agir et les actions à accomplir concernant les lois de Pessah, comme la hagala et la hechcher des ustensiles, la vérification et l’élimination du hamets, la cuisson des matsot, et la vérification du maror contre les vers, en vue du seder de la nuit de Pessah. Toutefois, même le Chabbat qui est la veille de Pessah et qui est Chabbat Hagadol, il convient de faire un deracha en fin d’après-midi sur des sujets de agada, le récit de la sortie d’Égypte et le renforcement de la foi. Il faut développer le discours dans les exhortations morales, pour réprimander le public et les avertir également sur l’élimination du levain dans la pâte, c’est-à-dire les mauvaises actions, la fermentation des opinions erronées, et le gonflement des mauvais traits de caractère, afin de les ramener sur le bon chemin. De plus, pendant Yom Tov de Pessah, les rabbins de chaque communauté doivent faire un deracha sur le thème du jour, comme l’a institué Moché Rabbénou, et renforcer la foi en la venue du Machiah et la délivrance du peuple d’Israël.
Réponse
Lorsque la veille de Pessah tombe un Chabbat, on procède à la vérification du hamets le jeudi soir, c’est-à-dire la nuit du vendredi 13 Nissan. Cette vérification doit se faire à la lumière d’une bougie. Si l’on ne dispose pas de bougie en cire, il est permis d’utiliser une lampe de poche électrique, à condition qu’elle soit maniable et puisse être introduite dans les trous et les fissures pour vérifier correctement le hamets. Avant la vérification, on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Hachem… al biour hamets ». Après la vérification, on dit : « Kol hamira deika birchouti… » (tout le hamets et levain en ma possession que je n’ai pas vu ou éliminé soit annulé et considéré comme la poussière de la terre). Il faut veiller à mettre de côté le hamets restant destiné à être consommé vendredi et Chabbat, dans un endroit particulier, afin qu’il ne se disperse pas et n’oblige pas à refaire une vérification.

