Questions pratiques
Lois de la mila pendant Chabbat
Réponse
Lorsqu'on chante des chants lors du repas d'une mila qui a lieu un Chabbat, il est préférable de commencer par les chants de Chabbat avant ceux de la mila. Toutefois, d'un point de vue strictement halakhique, il n'y a aucune obligation à ce sujet.
Lois de l’incendie pendant Chabbat
Réponse
Lorsqu'un incendie se déclare pendant Chabbat et qu'il est certain qu'il n'y a aucun risque pour la vie humaine, il est interdit de l'éteindre manuellement pendant Chabbat, sauf selon les méthodes qui seront expliquées plus loin aux paragraphes 4 à 6. En revanche, dès qu'il existe un risque pour la vie humaine, il est une mitsva d'éteindre l'incendie pendant Chabbat et d'appeler les pompiers par téléphone. De nos jours, de nombreux incendies présentent un danger, ou au moins un doute de danger.
Réponse
Si un incendie éclate dans un bâtiment isolé, et que toutes les personnes ont quitté le bâtiment, sans qu'il y ait de risque, même si le feu atteint les fils électriques ou les bonbonnes de gaz, il n'y a pas de danger tant que les personnes ont été éloignées à une distance raisonnable, il est interdit de profaner Chabbat pour éteindre l'incendie. Cependant, si le vent souffle et qu'il y a un risque raisonnable que le feu se propage à des maisons éloignées, ou si le bâtiment est proche d'autres maisons et qu'il y a un risque que la chaleur du feu se propage à d'autres habitations, ou que la chaleur atteigne des réservoirs de gaz, et qu'il y a dans les appartements voisins un vieillard, un malade ou de jeunes enfants qu'il n'est pas possible de sauver à temps, il est une mitsva d'éteindre l'incendie. Il est également permis d'appeler la compagnie d'électricité pour couper le courant du bâtiment, dès lors qu'il y a un risque de danger.
Réponse
Si un incendie éclate dans un immeuble à plusieurs étages et qu'il y a un risque que la fumée se propage aux autres étages, et qu'il pourrait s'y trouver un vieillard, un malade ou un enfant qu'il n'est pas possible de sauver, il est une mitsva d'éteindre l'incendie et d'appeler les pompiers par téléphone. Mais si toutes les personnes ont quitté l'immeuble et ont été éloignées à une distance raisonnable, de sorte qu'il n'y a plus aucun risque pour la vie humaine, et qu'il n'y a pas non plus de risque de propagation du feu à des bâtiments voisins, il est interdit d'éteindre l'incendie manuellement pendant Chabbat. Si toutefois il y a un risque que le feu atteigne des réservoirs de gaz et qu'il en résulte un danger, il est une mitsva d'éteindre l'incendie.
Réponse
Lorsqu'un incendie se déclare dans des usines chimiques ou des usines contenant des gaz toxiques ou similaires, et qu'il existe un risque que l'incendie provoque la diffusion de vapeurs et de gaz toxiques dans l'air, susceptibles de mettre en danger les habitants des environs, il est permis d'appeler les pompiers pour éteindre l'incendie, même si l'usine est fermée pendant Chabbat et qu'il n'y a personne à l'intérieur.
Réponse
Toute personne qui voit un incendie pendant Chabbat susceptible de mettre des vies en danger, et qui ne sait pas avec certitude si les pompiers ont déjà été appelés, ne doit pas craindre l'interdit de Chabbat et doit s'empresser d'appeler les pompiers par téléphone. Même s'il s'avère par la suite que plusieurs personnes ont appelé séparément les pompiers, et que certains ont ainsi profané Chabbat sans nécessité de sauver une vie, ils recevront tout de même une belle récompense de la part de Hachem pour leur bonne intention.
Réponse
Il est permis d'appeler les pompiers, même si cela entraîne que ceux-ci feront venir la police pour enquêter sur les causes de l'incendie, ce qui provoquera une profanation de Chabbat par les policiers sans nécessité de sauver une vie.
Réponse
Si la police demande des informations sur les causes d’un incendie et souhaite les consigner par écrit pendant Chabbat, il est interdit de leur répondre, même si cela devait entraîner la perte de tous ses biens. Malgré tout, il ne devra pas leur répondre, car il est dit : « ouvekhol meodekha », c’est-à-dire avec tout ton bien. Parmi tous les attachements possibles, il faut aimer Hachem plus que tout. Selon le Malbim, Hachem comblera son manque grâce au mérite de l’observance du Chabbat, comme il est dit : « À Moi l’argent et à Moi l’or, dit Hachem Tsevaot ».
Réponse
Lorsqu’un incendie éclate dans une maison, il est interdit de sauver des objets de la maison pour les sortir dans la rue, même s’il y a un erouv dans la ville. La raison en est que les Sages ont craint que, sous l’effet de la panique pour ses biens, la personne oublie qu’on est Chabbat et en vienne à éteindre l’incendie de ses propres mains. C’est pourquoi ils ont décrété qu’il n’est permis de sauver que la nourriture nécessaire pour ce Chabbat, les ustensiles dont on a besoin pendant Chabbat, et les vêtements que l’on peut porter. Ainsi, la personne se résigne à perdre le reste et n’en vient pas à éteindre l’incendie elle-même.
Réponse
Certains disent que la permission de sauver des biens concerne uniquement une cour ou un passage proches du domaine public et non couverts, car ils sont assimilés au domaine public. C’est pourquoi il n’est permis de sauver que la nourriture pour trois repas et les ustensiles nécessaires. Mais si l’on transfère les objets dans une autre maison avec laquelle on a fait un erouv, ou dans un appartement voisin, ou dans sa propre cour privée, il est permis de sauver tout ce que l’on souhaite. D’autres estiment qu’il n’y a pas de différence à ce sujet.
Réponse
Les habitants des maisons voisines d’un incendie, qui craignent que le feu atteigne aussi leur logement, ont le droit de prendre les devants et de sauver tout ce qu’ils peuvent de leur appartement, à condition qu’il y ait un erouv. Dans ce cas, les Sages n’ont pas craint que, si on leur permet de sauver leurs biens, ils en viennent à éteindre l’incendie, car tant que le feu n’a pas encore atteint leur logement, ils ne sont pas dans un état de panique tel qu’on doive craindre qu’ils éteignent le feu eux-mêmes.
Réponse
Celui qui possède des manuscrits de hidouché Torah et voit un incendie éclater dans sa maison pendant Chabbat, et craint que ces manuscrits ne brûlent et qu’il en soit très affecté, a le droit de les sauver de la maison en feu, à condition qu’il y ait un erouv. De nos jours, on sauve de l’incendie tous les écrits sacrés.
Réponse
Certains estiment que si un incendie éclate dans une maison, il est permis de sortir de la maison de l’argent et d’autres objets de valeur qui sont mouktsé pendant Chabbat, car en cas de perte, les Sages n’ont pas décrété d’interdiction. D’autres interdisent, et ainsi est l’avis principal pour la halakha : il ne faut pas transgresser l’interdiction de déplacer du mouktsé même en cas de perte. C’est aussi l’avis du Maran du Choulhan Aroukh. Toutefois, certains ont permis d’être indulgent même selon Maran en cas de grande perte financière, à condition de le faire par l’intermédiaire d’un non-juif, ou en modifiant la manière de déplacer (par un changement, ou en déplaçant de côté, ou d’une manière inhabituelle), mais pas de la façon habituelle avec la main.
Réponse
Il est permis de sortir de l'argent d'un endroit où il y a un incendie pendant Chabbat en utilisant une miche de pain ou un enfant, mais uniquement vers un domaine privé, et à condition qu'il y ait un érouv.
Réponse
Lorsqu'un incendie se déclare pendant Chabbat et qu'il n'y a aucun danger, bien qu'il soit interdit de l'éteindre directement avec les mains, il est malgré tout permis de provoquer indirectement son extinction. Par exemple, si une armoire prend feu d'un côté, il est permis de verser de l'eau sur la partie qui ne brûle pas, afin que lorsque le feu atteindra cet endroit, il s'éteigne.
Réponse
Il est également permis de placer près du feu des sacs en plastique ou des bouteilles en verre remplies d'eau, afin qu'elles éclatent sous l'effet de la chaleur et que l'eau éteigne le feu. Il est permis de prendre des bouteilles portant une étiquette avec une inscription, sans craindre de provoquer la combustion du papier.
Réponse
Après avoir appelé les pompiers, si ceux-ci constatent qu'il n'y a pas de danger dans l'incendie et souhaitent raccorder un tuyau au robinet principal, tuyau muni d'ouvertures rapprochées qui, par le flux d'eau, créeraient une sorte de mur d'eau empêchant la propagation du feu, il y a un doute si cela est permis ou non. Par conséquent, il faut s'abstenir de le faire.
Réponse
Si un incendie prend sur une nappe de table ou un tapis et qu'il y a un risque que le feu se propage rapidement et entraîne un danger, il est permis d'éteindre la nappe ou le tapis pendant Chabbat. Mais s'il n'y a aucun risque de danger, il est interdit d'éteindre l'incendie pendant Chabbat. Toutefois, il est permis de verser de l'eau sur l'autre côté de la nappe. Si la nappe est sale, il ne faut pas y verser d'eau, car cela constituerait un interdit de lessivage ; il faudra alors verser sur l'autre côté d'autres liquides, comme du vin ou du jus de tempo. Si la quantité de ces autres liquides n'est pas suffisante, il ne faut pas y verser d'eau, car il n'y a pas de danger et il n'est pas permis d'enfreindre l'interdit de lessivage pour éviter une perte d'argent. Ce n'est que si la nappe est propre, sans aucune saleté, qu'il est permis de verser de l'eau sur l'autre côté.
Réponse
Si un incendie se déclare dans une maison et qu'il n'y a aucun risque de danger, bien qu'il soit interdit d'éteindre l'incendie, il est permis de dire à un non-juif : « Celui qui éteint ne perd rien », même si le non-juif comprend et éteint l'incendie. Il est également permis d'appeler un non-juif, de l'amener sur les lieux de l'incendie et de lui dire cette phrase, ainsi que dans tout cas de dommage soudain. Cependant, il ne faut pas agir ainsi par l'intermédiaire d'un enfant.
Réponse
Si des câbles électriques se sont déchirés et sont tombés dans la rue, et qu'il existe un risque que quelqu'un les touche et soit en danger, certains estiment qu'il est permis d'appeler par téléphone la compagnie d'électricité afin qu'elle envoie des spécialistes pour couper le courant. Il n'y a pas d'obligation, selon la stricte halakha, de placer une personne sur place pendant tout le Chabbat pour surveiller que personne ne touche les câbles et ne se mette en danger. Toutefois, celui qui se montre rigoureux et reste sur place pour avertir les passants du danger, afin d'éviter qu'il soit nécessaire de profaner le Chabbat, sera béni.

