Questions pratiques
Lois de l’allumage des bougies de Yom Tov
Réponse
Comme expliqué dans les lois de Chabbat, la majorité des Richonim, en particulier les Gueonim et le Rambam, estiment qu’il faut réciter la berakha avant l’allumage. Seul le Sefer Hanayar pense autrement. Tel est aussi l’avis du Maran du Choulhan Aroukh. Celle qui récite la berakha après l’allumage prononce une berakha en vain, et il ne faut pas répondre Amen après elle. Ce qu’a dit un certain sage, qu’il faudrait selon la Kabbala réciter la berakha après l’allumage, n’est pas fondé. Il n’a pas compris les propos du Ben Ich Haï, qui n’a parlé que de couvrir les yeux après l’allumage et de prier pour les enfants, selon la Kabbala, mais non de réciter la berakha après l’allumage. De nombreux Aharonim ont également témoigné que la coutume est bien de réciter la berakha avant l’allumage.
Réponse
Une femme d’origine yéménite qui avait l’habitude, comme les autres femmes de sa communauté en diaspora, de ne pas réciter la berakha sur l’allumage des bougies la veille de Yom Tov, et qui vient s’installer définitivement en Israël, il est correct qu’elle agisse comme les habitants d’Israël et récite la berakha sur l’allumage des bougies la veille de Yom Tov : « Acher kidéchanou bemitsvotav vetsivanou lehadlik ner shel Yom Tov ».
Réponse
Les femmes qui ont pris l’habitude de réciter la berakha « Chehecheyanu » lors de l’allumage des bougies de Yom Tov n’ont aucun fondement halakhique pour cette pratique, et il convient qu’elles cessent d’agir ainsi et aient l’intention de s’acquitter de la berakha « Chehecheyanu » lors du Kiddouch de Yom Tov, comme l’ont institué les Sages. Toutefois, il ne faut pas réprimander avec insistance les femmes qui récitent « Chehecheyanu » ; seulement, qu’elles récitent cette berakha après avoir allumé au moins une bougie, afin qu’il n’y ait pas d’interruption entre la berakha de l’allumage et la mitsva d’allumer. Elles devront aussi veiller à ne pas répondre Amen à la berakha « Chehecheyanu » entendue lors du Kiddouch prononcé par leur mari, afin d’éviter une interruption entre la berakha « Boré Péri Hagafen » du Kiddouch et la dégustation du vin, puisqu’elles se sont déjà acquittées de la berakha « Chehecheyanu » lors de l’allumage des bougies. La nuit de Pessah, il leur est permis de répondre Amen, à condition d’avoir déjà récité « Chehecheyanu » lors de l’allumage des bougies.
Réponse
Certaines personnes sont rigoureuses et allument les bougies de Yom Tov avant l’entrée de la fête, tout comme il faut veiller à allumer les bougies de Chabbat avant l’entrée de Chabbat. Cependant, il n’est pas d’usage d’être strict à ce sujet, et la coutume est d’allumer les bougies de Yom Tov après la tombée de la nuit, avant le Kiddouch sur le vin, et il existe des bases solides pour cette pratique. Celles qui souhaitent être rigoureuses et allumer les bougies avant la fête seront dignes de bénédiction.
Réponse
Une femme qui a l’habitude d’allumer les bougies la veille de Yom Tov, près du Kiddouch, doit préparer les bougies dans le chandelier ou la ménora avant l’entrée de la fête, car il est interdit de chauffer une bougie en cire pour la fixer dans le chandelier ou la ménora pendant Yom Tov, en raison de l’interdit de « mémareah ». Si les bougies en cire n’ont pas été préparées avant la fête, il faudra allumer une bougie à l’huile avec des mèches prêtes, ou placer les bougies dans des chandeliers ou des tubes creux.
Réponse
Il est préférable, même pour la bougie de Yom Tov, de l’allumer à l’endroit où elle doit rester, et non de l’allumer dans un endroit puis de la déplacer ailleurs.
Réponse
Même à Yom Tov, on a l'habitude d'allumer deux bougies, bien que la notion de "zakhor" et "shamor" concerne le Chabbat, on maintient néanmoins cette coutume pour Yom Tov. Lorsque Yom Tov tombe un dimanche, il faut avertir le public de ne pas allumer la bougie de Yom Tov avant la tombée de la nuit, car c'est encore Chabbat ; il faudra donc allumer la bougie seulement après la sortie des étoiles, en transférant la flamme d'un feu déjà existant, conformément à la règle de Yom Tov. Lorsque Yom Tov tombe un vendredi, on allume la bougie de Chabbat pendant Yom Tov, environ vingt minutes avant le coucher du soleil. Celui qui n'a pas fait le erouv tavshilin la veille de Yom Tov peut malgré tout allumer la bougie en l'honneur de Chabbat, car l'essentiel du erouv tavshilin concerne la cuisson et la pâtisserie. La mention de l'allumage de la bougie dans le texte du erouv tavshilin n'est qu'une précaution supplémentaire. Toutefois, même si toutes les préparations pour Chabbat ont été faites avant Yom Tov, il convient de faire le erouv tavshilin avant Yom Tov pour l'allumage de la bougie, mais on ne récitera pas la bénédiction sur ce erouv qui n'est pas destiné à la cuisson ou à la pâtisserie.
Regle du transport pendant Yom Tov
Réponse
Il est permis de transporter un objet d’un domaine privé à un domaine public, ainsi que de déplacer un objet dans le domaine public pendant Yom Tov, car puisque le transport a été autorisé pour les besoins de la nourriture, il a également été permis même sans ce besoin précis. Cependant, il faut qu’il y ait un certain besoin pour la chose. Si c’est pour un usage le jour même, même si ce n’est pas pour l’heure actuelle, il est permis d’être indulgent même a priori. Ainsi, il est permis de prendre avec soi le mahzor le matin, même si on n’en aura besoin qu’à Minha. Il est aussi permis de rapporter le mahzor et le talit de la synagogue, car on a permis la fin à cause du début. A plus forte raison, il est permis d’être indulgent si, de toute façon, on porte déjà avec soi un objet nécessaire pour l’heure actuelle, comme un mouchoir ou autre chose similaire.
Réponse
Il est permis de sortir dans le domaine public avec des médicaments nécessaires pendant Yom Tov, à condition qu’on ait déjà dans sa poche un mouchoir, car tout cela est considéré comme un seul transport.
Réponse
Il est également permis de sortir avec une boîte de cigarettes pleine dans sa poche pendant Yom Tov, même si l’on n’a besoin de fumer que quelques-unes. Il n’y a pas d’interdiction liée à la quantité transportée pendant Yom Tov, comme il a été dit qu’une femme peut remplir toute la marmite de viande même si elle n’a besoin que d’un morceau, ou qu’un boulanger peut remplir un tonneau d’eau même s’il n’a besoin que d’une cruche. De même ici, chaque cigarette peut potentiellement être utilisée pour fumer, il est donc permis de transporter toute la boîte.
Réponse
Il est permis aux femmes de sortir pendant Yom Tov avec des bijoux, sans limitation, en raison de l’honneur et de la joie de Yom Tov. Il est aussi permis de transporter la clé d’une armoire à vêtements, qui contient également des bijoux, si l’on craint de la laisser à la maison. Cependant, il est interdit de sortir pendant Yom Tov avec la clé de la voiture dans sa poche lorsqu’on va prier Arvit avant la fête, dans le but de pouvoir partir immédiatement en voiture après la prière sans avoir à rentrer chercher la clé. Là où il y a un erouv, il est permis de transporter pendant Yom Tov même sans aucun besoin.
Réponse
Il est permis de transporter une montre d’un domaine à un autre pendant Yom Tov, que ce soit une montre-bracelet ou une montre de poche.
Réponse
Il est interdit de sortir pendant Yom Tov au-delà de la limite du tehoum, qui est de deux mille ama. Même pour un besoin lié à la nourriture, cela reste interdit.
Réponse
Lorsqu'un non-juif apporte un cadeau à un Juif pendant Yom Tov, si ce cadeau provient d'une espèce qui pousse encore sur le sol ou qui nécessite d'être chassée, il est interdit d'en consommer le jour même, même pour d'autres personnes pour qui le cadeau n'a pas été apporté. Il est également interdit de déplacer cet objet, car, n'étant pas apte à la consommation, il est considéré comme mouktsé. Après la sortie du premier jour de Yom Tov, même si c'est la nuit du second jour de Yom Tov en dehors d'Israël, il devient permis de le consommer, à condition d'attendre le temps nécessaire pour que le non-juif puisse effectuer la même action après Yom Tov. De même, si le cadeau a été apporté pendant le second jour de Yom Tov, il faudra attendre après Yom Tov le temps nécessaire pour que l'action puisse être réalisée. Cependant, pour les deux jours de Roch Hachana, même si le cadeau a été apporté le premier jour, il faudra attendre la sortie du second jour de Yom Tov pour pouvoir le consommer, en respectant le délai requis. Si Yom Tov est suivi immédiatement par Chabbat, il faudra attendre la sortie de Chabbat pour consommer le cadeau, en respectant également ce délai. Ce délai correspond au temps qu'il faudrait au non-juif pour aller à l'endroit où il a cueilli ou préparé l'objet, terminer la tâche et revenir. En cas de doute sur la provenance, on estime ce délai au temps nécessaire pour apporter l'objet d'une distance de deux mille amot, soit en dehors du techoum.
Réponse
Si un non-juif apporte à un Juif des poissons pendant le second jour de Yom Tov qui tombe la veille de Chabbat, et que ces poissons ont été apportés de l'extérieur du techoum, mais qu'il n'y a pas de crainte qu'ils aient été pêchés pendant Yom Tov, il est permis de les déplacer, car ils sont aptes à être consommés par un autre Juif. Il est donc permis de les cuisiner en l'honneur de Chabbat.
Réponse
Si un non-juif apporte un cadeau constitué d'une espèce qui ne pousse pas attachée au sol, mais que ce cadeau a été apporté de l'extérieur du techoum, il est interdit de le consommer pendant Yom Tov pour la personne à qui il a été destiné ainsi qu'à tous les membres de sa maison, mais il est permis de le déplacer. Après Yom Tov, il sera permis à la personne concernée de le consommer, après avoir attendu le temps nécessaire pour que l'action puisse être réalisée. Pour d'autres personnes, il leur est permis de le consommer même pendant Yom Tov, car l'interdiction de techoumin étant d'ordre rabbinique, les Sages n'ont pas été stricts pour interdire à d'autres Juifs. Si la personne a invité des invités pour Yom Tov, ceux-ci sont considérés comme membres de sa maison pour ce jour. Si des personnes se sont présentées par hasard, même si elles ne mangent pas chez lui de ce que le non-juif a apporté, il leur est tout de même permis de prendre et de consommer chez elles, car ce qui a été apporté à un Juif est permis à un autre Juif.
Réponse
En cas de doute si un objet a été apporté de l'extérieur du techoum ou non, si le non-juif réside dans la ville et que le cadeau est courant dans la ville, il est permis de le consommer. Dans le cas contraire, cela reste interdit. Dans une ville majoritairement peuplée de non-juifs, on considère que tout ce qui est apporté l'a été pour la majorité, et il est permis de consommer le cadeau même le jour même.
Réponse
Dans le cas d'un doute concernant la préparation d'un aliment, par exemple des fruits qui étaient attachés à l'arbre et dont on ne sait pas s'ils ont été cueillis avant ou pendant Yom Tov, ou si un non-juif a apporté des poissons à un Juif et qu'on ne sait pas s'ils ont été pêchés avant ou pendant Yom Tov, ils sont interdits pendant le premier jour de Yom Tov. Pendant le second jour de Yom Tov, il est permis de les consommer en raison du double doute : peut-être ont-ils été cueillis ou pêchés avant Yom Tov, et peut-être que ce jour est en réalité un jour profane. Même si le doute concerne un aliment apporté pendant le premier jour de Yom Tov, après le coucher du soleil, c'est-à-dire pendant le ben hachmachot, il est permis de consommer en raison du double doute.
Réponse
Il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov ou de transporter d'un domaine privé à un domaine public, ou même vers un karmelit, pour les besoins d'un animal domestique, sauvage ou d'un oiseau, comme il est dit : "Seulement ce qui sera mangé par vous, cela seul pourra être fait pour vous", c'est-à-dire pour vous et non pour les animaux ou les chiens. Le fait de transporter d'un domaine à un autre est une véritable mélakha, et les Sages n'ont pas permis cela pour les besoins des animaux. Seul le déplacement de nourriture pour animaux, qui n'est interdit que par les Sages, est permis pendant Yom Tov afin de pouvoir nourrir les animaux.
Lois de la joie pendant Yom Tov
Réponse
Il est une mitsva de partager la journée de Yom Tov en deux : une moitié consacrée à la synagogue et à l'étude dans le Beit Hamidrash, et l'autre moitié à la nourriture, à la boisson et à la joie.

