Questions pratiques
Lois du malade en danger vital pendant Chabbat
Réponse
Un ongle dont la majeure partie s'est détachée du doigt et qui cause une gêne, ainsi que des peaux détachées, peuvent être retirés à la main pendant Chabbat, à condition qu'ils se soient détachés vers le haut. Cependant, comme les décisionnaires divergent sur la définition de "vers le haut" — certains disent vers le bout des doigts, d'autres vers le corps — il faut tenir compte des deux avis et être rigoureux. Toutefois, toute cette rigueur concerne les peaux détachées, mais pour un ongle dont la majeure partie s'est détachée, il est permis de l'enlever.
Réponse
Pour un malade sans danger vital, mais dont l'absence de traitement risque généralement d'aggraver la maladie jusqu'à mettre sa vie en danger, il est permis de profaner le Chabbat pour lui. Mais si, en général, cette maladie n'entraîne pas de danger, même s'il existe un léger risque, on ne profane pas le Chabbat pour lui. Ainsi, une personne ayant une forte fièvre de quarante degrés, on profane le Chabbat pour elle si nécessaire ; mais pour une fièvre inférieure, on ne profane pas le Chabbat, sauf par l'intermédiaire d'un non-juif. Il est toutefois permis de prendre des médicaments pour faire baisser la fièvre.
Réponse
Une jeune fille blessée ayant une coupure profonde au visage, pour laquelle cinq points de suture suffisent à écarter tout danger, mais qui laisseraient une cicatrice inesthétique, alors que sept ou huit points fins rendraient la cicatrice moins visible : certains permettent au médecin de recoudre comme il le ferait en semaine afin d'éviter à la blessée une difformité qui la gênerait toute sa vie. Celui qui s'appuie sur cette opinion pour être indulgent a sur qui se reposer.
Réponse
Un malade ou une femme en train d'accoucher qui arrive à l'hôpital pendant Chabbat a le droit d'utiliser la malaït Chabbat (ascenseur programmé qui monte et descend automatiquement à intervalles réguliers et dont les portes s'ouvrent et se ferment seules), même s'ils sont capables de monter par leurs propres moyens. Selon la stricte halakha, il y a des arguments pour permettre à toute personne d'utiliser cet ascenseur, que ce soit pour monter ou descendre. Cependant, comme certains sont stricts concernant la descente dans un ascenseur automatique, il est donc bon et correct, lorsque cela est possible, d'adopter cette rigueur, sauf pour une personne âgée ou un malade.
Réponse
Une personne qui doit manger ou boire pendant Yom Kippour en raison d'un danger pour sa vie n'est pas obligée de consommer la nourriture ou la boisson d'une manière inhabituelle. Elle n'a pas non plus à s'abstenir de manger des aliments contenant du sel ou des épices, ni de boire des boissons sucrées. Elle mange et boit de façon normale. Toute restriction supplémentaire n'est qu'une rigueur. Cependant, pour la quantité de nourriture et de boisson, il faut se référer à ce qui est expliqué dans le Choulhan Aroukh au siman 618.
Réponse
Un malade qui n'est pas en danger, même s'il n'est pas alité mais qu'il souffre, il est permis de demander à un non-juif d'apporter des médicaments de la pharmacie pendant Chabbat, même en passant par un domaine public où il n'y a pas de erouv. Il est préférable d'informer le non-juif de ne pas s'arrêter pour se reposer dans le domaine public, mais de marcher d'un seul trait de la pharmacie jusqu'à la maison du malade. S'il n'y a pas de non-juif disponible, il est permis même à un juif d'apporter les médicaments par le domaine public, à condition de les transporter de manière inhabituelle, par exemple en les plaçant sous son chapeau ou de façon similaire, et sans s'arrêter du tout dans le domaine public, mais en marchant d'un seul trait de la pharmacie jusqu'à la maison du malade.
Réponse
Un malade qui n'est pas en danger et qui a besoin d'un médicament pour les jours de semaine, et le médecin non-juif qui prépare le médicament doit bientôt partir et ne peut le préparer que pendant Chabbat, il n'est pas permis de demander au médecin de le préparer, sauf si le médecin ne fait qu'une melakha derabbanan pour la préparation du médicament. Mais si le médecin non-juif effectue une melakha deoraita, comme cuire des ingrédients pour le médicament, il est interdit de lui demander de préparer le médicament pour la semaine. Toutefois, s'il y a un grand besoin pour ce médicament, il est permis de demander à un autre non-juif de dire au médecin non-juif de préparer le médicament pour la semaine, même si le médecin effectue une melakha deoraita.
Réponse
Si quelqu'un est blessé pendant Chabbat et que le médecin dit que les proches du blessé doivent venir donner leur sang pour le malade, dès qu'il y a un risque pour la vie, il est permis de profaner Chabbat et de les prévenir par téléphone afin qu'ils viennent rapidement, même si cela implique de voyager en transgressant Chabbat. De même, si le malade demande la présence de ses proches pendant Chabbat et qu'il y a un risque de grave détresse psychologique s'ils ne viennent pas, cela est permis en raison du danger pour la vie. Cependant, il faut s'efforcer, dans la mesure du possible, de voyager avec un chauffeur non-juif.
Pour qui transgresse-t-on le Chabbat
Réponse
A notre époque, il est permis de profaner le Chabbat pour sauver tout malade en danger, même s'il ne respecte pas la Torah et les mitsvot, et même pour quelqu'un qui transgresse publiquement le Chabbat. Outre le fait qu'il est possible de supposer qu'ils ont pu avoir une pensée de techouva dans leur cœur, il faut aussi craindre que des médecins non pratiquants refusent de soigner des patients religieux, ce qui pourrait entraîner un danger. Pour cette raison, même une personne non pratiquante blessée lors d'un accident survenu en profanant le Chabbat et ayant perdu connaissance, bien qu'il ne soit pas possible de supposer qu'elle ait fait techouva, il est permis à un médecin pratiquant de la soigner et de la sauver, même en accomplissant des actions interdites par la Torah. Il est recommandé aux médecins craignant Hachem, lorsqu'il est nécessaire de soigner pendant Chabbat des personnes qui transgressent publiquement le Chabbat, d'accomplir les actions interdites par la Torah à deux ensemble, car la règle est que deux personnes qui accomplissent une même action sont exemptées. Puisqu'il s'agit alors d'une interdiction d'ordre rabbinique, il est permis d'alléger même simplement pour éviter l'animosité. En cas d'attentat pendant Chabbat, il faut immédiatement appeler une ambulance pour soigner les blessés, même si tous ne respectent pas la Torah et les mitsvot. Il est également permis de profaner le Chabbat pour un enfant juif élevé parmi les non-juifs, dont on sait qu'il est de descendance juive, même s'il ne respecte pas la Torah et les mitsvot.
Réponse
Il est évident qu'il faut profaner le Chabbat même pour une personne mourante, même si cela ne permet de lui sauver la vie que pour un court instant et qu'il n'y a aucune chance, même minime, qu'elle survive plus longtemps. Malgré tout, pour préserver même une vie de courte durée, on profane le Chabbat pour elle. Il n'y a aucune différence entre une personne mourante naturellement et une personne mourante à la suite d'une blessure causée par autrui.
Réponse
De même, il est permis de profaner le Chabbat pour une personne considérée comme tréfa, c'est-à-dire atteinte d'une blessure ou maladie incurable selon la halakha.
Réponse
On profane également le Chabbat pour un malade en danger dont il est certain qu'il ne guérira pas, et qui ne vivra même pas jusqu'au prochain Chabbat pour pouvoir l'observer. Même si tous les soins qui lui sont prodigués ne lui permettront de vivre que quelques jours de plus, il est permis de profaner le Chabbat pour lui.
Réponse
Il est permis de profaner le Chabbat pour sauver la vie d'un sourd ou d'une personne atteinte de troubles mentaux, s'ils sont atteints d'une maladie mettant leur vie en danger.
Réponse
A notre époque, il est permis de profaner le Chabbat pour un nourrisson malade en danger, même s'il est considéré comme un "nfel", c'est-à-dire qu'il n'a pas encore atteint l'âge de trente jours.
Réponse
Si une personne a tenté de se donner la mort, par exemple en buvant un poison ou de manière similaire, et qu'elle se trouve en danger, il est obligatoire de tout faire pour la sauver, y compris de profaner le Chabbat pour elle. Même si elle a commis une faute très grave en essayant de mettre fin à ses jours, et même si elle s'oppose aux secours et crie qu'elle souhaite mourir, il ne faut pas l'écouter, car la vie d'une personne n'est pas sa propriété mais celle d'Hachem.
Réponse
Selon la halakha, un médecin juif a le droit de soigner des patients non juifs pendant Chabbat, dans les cas où le traitement ne peut être différé, même si cela implique des actions interdites par la Torah, lorsque cela est nécessaire pour sauver la vie de patients juifs hospitalisés dans des hôpitaux non juifs à l'étranger. En effet, si l'on ne profane pas le Chabbat pour un malade non juif, il y a à craindre qu'un médecin non juif se venge et que, dans d'autres cas, les hôpitaux refusent de soigner un malade juif en danger. A plus forte raison, il est permis d'être indulgent pour un médecin travaillant dans un hôpital, qui est légalement tenu de soigner tous les patients sans distinction d'origine, et qui risquerait une sanction s'il ne le faisait pas, car dans ce cas, il n'a pas l'intention de profaner le Chabbat mais d'éviter une sanction, et selon certains décisionnaires, cela est considéré comme une "melakha she-eina tsrikha legoufa" pour laquelle on n'est pas passible selon la Torah. A priori, il faut s'efforcer d'accomplir toutes les actions interdites par la Torah à deux personnes, afin d'entrer dans la catégorie de "shnaïm she-asouha petourim", ou de les faire différemment autant que possible. Mais si ce n'est pas possible et qu'il y a un risque que cela se sache si le médecin refuse de soigner un non juif, il est permis de profaner le Chabbat même par des actions pleinement interdites, pour sauver le malade. Toutefois, chaque fois qu'il est possible de se dérober, par exemple en prétextant être occupé à soigner un autre malade juif, il est obligé de le faire. Il serait souhaitable que les directions des hôpitaux en Israël veillent à ce que des médecins et infirmiers non juifs s'occupent des patients non juifs, et que les médecins juifs n'aient à intervenir que pour des interdits rabbiniques.
Réponse
Si un incendie se déclare dans une cour et que l'on craint que le feu ne se propage à une autre cour où se trouvent des personnes en danger, comme des malades ou des enfants incapables de fuir rapidement, et qu'il est impossible de les évacuer rapidement, il est permis d'éteindre l'incendie pendant Chabbat de toute manière, que ce soit en appelant les pompiers ou en agissant soi-même, afin d'éviter tout risque de danger.
Réponse
Si une personne est ensevelie sous un éboulement pendant Chabbat, il faut dégager les décombres pour la sauver, même s'il y a un grand doute qu'elle soit encore en vie, ou même s'il y a un doute qu'il y ait réellement quelqu'un sous les décombres, ou si l'on ignore s'il s'agit d'un juif ou d'un non juif. Il faut fouiller les gravats pendant Chabbat, même si cela implique des actions interdites par la Torah. Si la personne est retrouvée sous les décombres et que l'on constate qu'elle ne respire plus, il faut tout de même profaner le Chabbat pour elle, car de nos jours il est possible de pratiquer différentes techniques de réanimation qui peuvent lui permettre de reprendre une respiration normale. Tant qu'il existe la moindre chance de la sauver, il faut profaner le Chabbat pour elle. En effet, il est fréquent de voir aujourd'hui que la ventilation artificielle permet de ramener une personne à une respiration normale, même dans des cas complexes, comme après un accident de la route ou une chute de grande hauteur, et parfois après un certain temps la personne reprend une respiration normale grâce à la ventilation artificielle. Il est donc certain qu'il faut profaner le Chabbat pour elle, même si elle a cessé de respirer, dès lors qu'il existe une chance, même minime, de la sauver.
Réponse
De nos jours, le moment où l'on considère qu'une personne est décédée est le suivant : même si elle a cessé de respirer, il faut qu'elle soit allongée comme une pierre inerte, sans aucun pouls dans aucun membre du corps, même pas près du cœur ou du système respiratoire. Il arrive parfois qu'aucun pouls ne soit ressenti dans la tête, mais qu'un pouls soit encore perceptible près du cœur.
Réponse
Si une maison s'est effondrée et que de nombreuses personnes sont prisonnières sous les décombres, et que les sauveteurs doivent monter sur les ruines avec un tracteur et une grue pour sauver les personnes ensevelies, et qu'il est presque certain que les premières opérations de sauvetage entraîneront la mort de certains des prisonniers, mais que si l'on ne commence pas à dégager les décombres, tous les prisonniers mourront sous l'éboulement, certains estiment qu'il est permis de causer de ses mains la mort de quelques-uns pour sauver au moins une partie des prisonniers, à condition qu'il n'existe aucune autre solution. D'autres pensent qu'il vaut mieux s'abstenir d'agir.

