Questions pratiques
Lois du malade en danger vital pendant Chabbat
Réponse
Si l'on a besoin de cuire un médicament pendant Chabbat pour un malade en danger, il est permis de le faire immédiatement, même si le médecin affirme que le retard de quelques heures ne met pas sa vie en danger, tant qu'il faudra de toute façon le faire pendant Chabbat. Mais si les médecins disent qu'il est possible de repousser la cuisson du médicament après la sortie de Chabbat, sans aucun risque d'aggravation de l'état du malade, il est interdit de profaner Chabbat sans nécessité et il faut attendre la fin de Chabbat. Si l'on doit préparer deux portions pour le malade, l'une à donner pendant Chabbat et l'autre pouvant attendre après Chabbat, il est juste de ne pas cuire pendant Chabbat ce qui peut être repoussé à la sortie de Chabbat, et de ne pas augmenter les quantités pendant Chabbat.
Réponse
Un enfant enfermé dans une pièce pendant Chabbat, s'il est suffisamment lucide pour qu'on puisse le rassurer et qu'il n'y a aucun risque pour sa vie, il ne faut pas profaner Chabbat en brisant la porte pour le libérer. Mais s'il y a un risque que l'enfant soit en danger à cause de sa peur, on brise la porte pour le sauver. De même, si un enfant est enfermé dans un ascenseur et qu'il y a un doute sur un danger potentiel, il est permis d'appeler les pompiers ou la société d'ascenseurs pour le libérer, même si cela implique des profanations de Chabbat relevant d'interdits de la Torah, et il faut tout faire pour le sauver.
Réponse
Un jeune enfant qui a disparu et dont la sécurité suscite des inquiétudes, ou un enfant trouvé errant, apeuré et qu'il est impossible de calmer, sans que l'on connaisse ses proches, il est permis de profaner Chabbat si nécessaire, et d'informer la police de sa disparition ou de sa découverte.
Réponse
Pour un malade en danger dont le médecin dit que sa guérison nécessite de manger de la viande, et qu'il n'y a pas de viande cachère disponible, on abattra un animal pour lui pendant Chabbat, et l'on ne dira pas de lui donner de la viande non cachère. Mais si le malade doit manger immédiatement, que la viande non cachère est prête et que l'abattage prendrait du temps, on lui donnera la viande non cachère. Si un abatteur vient abattre une volaille pendant Chabbat pour un malade en danger, et qu'il y a une petite volaille suffisante pour le malade ainsi qu'une grande volaille dépassant ses besoins, l'abatteur peut choisir d'abattre la grande volaille s'il le souhaite, car en ce qui concerne l'interdit de retirer la vie, il n'y a pas d'interdiction d'augmenter la quantité. Petit ou grand, c'est la même chose.
Réponse
Pour un malade en danger dont le médecin dit qu'il faut lui préparer un plat spécifique, il convient de privilégier la cuisson au micro-ondes ou au turbo-grill. S'ils ne disposent pas de tels appareils, il vaut mieux utiliser tout appareil électrique plutôt que de cuire au gaz ou similaire. Ainsi, lorsqu'il est nécessaire de préparer du thé chaud pour un malade en danger, il est préférable de faire bouillir l'eau avec une fourchette électrique ou une bouilloire électrique plutôt que d'allumer le gaz. Toutefois, il ne faut pas retarder la préparation si cela risque de mettre le malade en danger. De toute façon, selon l'avis du Maran du Choulhan Aroukh, lorsqu'il y a un danger pour la vie, il n'est pas nécessaire de changer ses habitudes, afin que l'on ne vienne pas à penser qu'un danger pour la vie ne repousse pas Chabbat.
Réponse
Lorsqu'il est nécessaire de réaliser une radiographie pour un malade dont la vie est en danger pendant Chabbat, afin de déterminer la cause de la maladie et de savoir comment le soigner, il est certain qu'il est permis d'agir ainsi. En revanche, pour un malade dont la vie n'est pas en danger, il n'est pas permis d'être indulgent, car selon les grands décisionnaires récents, l'utilisation de la machine constitue une interdiction de la Torah.
Réponse
Si l'on peut obtenir de l'eau chaude chez des voisins pour un malade en danger de mort, certains estiment qu'il vaut mieux prendre l'eau chez le voisin plutôt que de chauffer de l'eau pendant Chabbat. Même si le voisin dort, il faut le réveiller pour qu'il donne de l'eau chaude. D'autres autorisent à cuisiner pour le malade si prendre l'eau chaude du voisin lui cause de la peine, par exemple s'il faut le réveiller de son sommeil ou si cela lui fera manquer d'eau chaude pour ses propres besoins.
Réponse
Si l'on a abattu un animal ou une volaille pour un malade en danger de mort pendant Chabbat, il faut saler la viande avant de la cuire, de peur que le malade soit en danger à cause du sang, car l'homme est naturellement dégoûté par le sang. Ceci est d'autant plus important que certains grands décisionnaires estiment que cuire du sang entraîne une interdiction de la Torah. De même, en temps de guerre où il n'y a rien à manger et qu'il est nécessaire de cuire de la viande pendant Chabbat, il faut saler la viande avant la cuisson pour en extraire le sang. Toutefois, s'il y a un risque que le malade soit en danger si l'on attend de saler la viande, on cuira la viande même sans la saler.
Réponse
Lorsqu'on abat un animal pour un malade en danger de mort pendant Chabbat, on récite la bénédiction sur la shehita. Cependant, on ne recouvre pas le sang pendant Chabbat, même si l'on dispose d'un pieu déjà planté avant Chabbat.
Réponse
Il est évident qu'il est permis d'examiner le cœur d'un malade en danger de mort à l'aide d'un appareil électrique, car rien ne fait obstacle à la préservation de la vie.
Réponse
Une personne qui doit subir une opération et qui peut choisir le jour de l'intervention doit la programmer en début de semaine, jusqu'à trois jours avant Chabbat. Cependant, pour une opération urgente comportant un risque pour la vie, ou si le spécialiste n'est disponible que le jeudi ou le vendredi, il n'est pas nécessaire d'être pointilleux sur ce point.
Réponse
Lorsqu'un malade dont la vie est en danger ne peut être soigné qu'en allumant la lumière électrique, il faut allumer la lumière pour lui pendant Chabbat. De même, si un malade en danger ne peut pas dormir à cause de la lumière et qu'il est impossible de le déplacer dans une autre pièce, il est permis d'éteindre la lumière pendant Chabbat. Si l'on doit allumer une lampe pour soigner un malade en danger et que l'on a devant soi deux lampes à pétrole, l'une contenant assez de combustible pour une heure (ce qui suffit jusqu'à ce que le malade s'endorme) et l'autre remplie pour brûler de nombreuses heures, ce qui n'est pas nécessaire pour le malade, il faut allumer la première lampe, celle qui contient la quantité nécessaire pour le malade et pas plus, car il s'agirait sinon d'un excès dans la quantité permise. Il en va de même pour l'allumage de la lumière électrique : s'il y a deux ampoules, il faut veiller à allumer celle dont l'intensité est la plus faible, car allumer la plus grande revient à brûler un filament métallique plus important.
Réponse
Si l'on doit allumer la lumière électrique pour soigner un malade dont la vie est en danger, certains estiment qu'il faut préférer allumer une ampoule ordinaire plutôt qu'une lampe fluorescente, car l'allumage du fluorescent implique trois allumages distincts. D'autres pensent que, puisque le filament du starter du fluorescent est plus petit que celui d'une ampoule à incandescence, il vaut mieux allumer le fluorescent. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas retarder les soins au malade pour cette raison.
Réponse
Pour un malade en phase terminale allongé dans une pièce sombre, il n'est pas permis d'allumer la lumière uniquement afin que les personnes présentes sachent si le moment de son décès approche et puissent l'aider à réciter le Vidouï ou le Chema. Il n'est permis d'allumer la lumière que si cela est bénéfique pour le malade ou pour sa guérison. Toutefois, si le malade est conscient et que l'allumage de la lumière lui apporte du réconfort et l'aide à garder son calme, il est permis d'allumer la lumière à cette fin.
Réponse
Si l'on a programmé une minuterie de Chabbat pour éteindre la lumière à une certaine heure et que la lumière gêne un malade (même s'il n'est pas en danger) pour dormir, il est permis d'avancer l'extinction de la lumière en modifiant les aiguilles de la minuterie. A fortiori, cela est permis pour un malade en danger. En cas de grand besoin, il est permis d'agir ainsi même avec une minuterie fonctionnant par vissage. Cependant, il faut veiller scrupuleusement à ne pas éteindre la lumière directement avec la main.
Réponse
Une personne ayant subi une opération des hémorroïdes est autorisée à s'asseoir pendant Chabbat dans un récipient contenant de l'eau chauffée avant Chabbat, afin de soulager ses douleurs. Un malade souffrant d'hémorroïdes qui a du mal à s'asseoir sur une chaise ou un banc à cause de la douleur, il est permis à autrui de gonfler pour lui pendant Chabbat un coussin en caoutchouc afin qu'il puisse s'asseoir dessus. Même l'utilisation d'une pompe est permise, et il n'y a pas à craindre l'interdiction de réparer un ustensile. Toutefois, il est préférable de gonfler le coussin avant Chabbat.
Réponse
Une personne en bonne santé souffrant d'une forme légère d'asthme et souhaitant se rendre à la synagogue pendant Chabbat, bien qu'elle craigne de souffrir ensuite de difficultés respiratoires dues à son asthme et d'avoir besoin de médicaments, est autorisée à aller prier à la synagogue et n'a pas à prier seule chez elle. Puisqu'il n'est pas certain qu'elle souffrira d'une crise d'asthme en se rendant à la synagogue, cela est considéré comme un acte non intentionnel, ce qui est permis, et non comme un cas certain d'entraîner une interdiction. Et même si l'on considère qu'il s'agit d'un cas certain, l'interdiction de prendre des médicaments pendant Chabbat n'est que rabbinique, par crainte de moudre des ingrédients, et il s'agit donc d'un cas certain d'interdit rabbinique, ce qui est permis. De plus, le déplacement à la synagogue est pour accomplir une mitsva, comme écouter la lecture de la Torah et les paroles de sainteté. Par conséquent, cela est permis.
Réponse
Il est permis de remettre un os qui s'est complètement déboîté à sa place pendant Chabbat. A plus forte raison, s'il y a un risque de perte d'un membre, il est évident qu'il est permis de le remettre.
Réponse
Il est permis de préparer une mèche à des fins médicales à partir d'aliments pendant Chabbat, car il n'y a pas de réparation d'objet concernant les aliments. Il est également permis de l'introduire dans le corps, sans craindre d'arracher des poils.
Réponse
Il est permis de mettre des toiles d'araignée sur une plaie pendant Chabbat, même si l'on craint qu'elles aient un effet curatif. Tout cela est valable selon la règle, mais de nos jours, puisqu'il est connu que cela peut entraîner une infection, il ne faut pas utiliser ce procédé.

