Questions pratiques
Lois du malade en danger vital pendant Chabbat
Réponse
Lorsqu'il est nécessaire de profaner le Chabbat pour un malade en danger, on s'efforce de ne pas le faire par l'intermédiaire d'un non-juif ou d'enfants, mais plutôt par des Juifs adultes et responsables. Cependant, si à ce moment-là il n'y a sur place que des femmes ou des enfants, on agit par leur intermédiaire, afin de ne pas retarder les soins et la guérison du malade en danger.
Réponse
Même si le malade est capable de s'occuper de lui-même et de profaner le Chabbat en cas de nécessité, il est tout de même permis à d'autres de profaner le Chabbat pour lui. Il en va de même si le malade peut agir sans contrainte : d'autres sont également autorisés à agir pour lui.
Réponse
Dans le cas d'un malade qui n'est pas en danger, si le malade lui-même peut effectuer l'acte médical permis pendant Chabbat, même s'il s'agit d'une interdiction rabbinique (issour de rabbanan), certains estiment qu'il vaut mieux que ce soit le malade lui-même qui le fasse plutôt qu'une autre personne. D'autres ne sont pas de cet avis. Il est recommandé d'adopter la rigueur sur ce point.
Réponse
Certains estiment que lorsqu'on transgresse le Chabbat pour un malade en danger, il faut effectuer les actions nécessaires d'une manière différente de l'habitude, à condition que cela ne provoque aucun retard ni risque de danger. Par exemple, lorsqu'on téléphone pendant Chabbat pour sauver une vie, il convient de soulever le combiné d'une manière inhabituelle, comme avec le coude, etc. D'autres pensent que cette exigence de changement ne concerne que la femme en train d'accoucher, bien que son statut soit celui d'une personne en danger, car les douleurs de l'accouchement sont naturelles et il est rare qu'une femme meure de l'accouchement ; c'est pourquoi on a été plus strict et on exige un changement lorsqu'il est possible. Mais pour un malade en danger, il n'est pas nécessaire de procéder différemment. En pratique, il n'est pas nécessaire d'effectuer les actions de sauvetage de Chabbat de manière différente, même selon ceux qui considèrent que le Chabbat n'est que repoussé et non totalement permis pour sauver une vie. Même s'il est possible de faire différemment, il ne faut pas le faire, de peur que l'on pense que la transgression du Chabbat pour sauver une vie n'est permise qu'en cas d'extrême nécessité, ce qui risquerait d'entraîner de la négligence. De plus, le fait de devoir agir différemment risque souvent de retarder les soins et d'aggraver le danger. Même pour la femme en train d'accoucher, on ne procède différemment que si cela ne cause aucun retard ; sinon, il est préférable d'agir normalement pour accélérer les soins. Toutefois, s'il y a un chauffeur non-juif disponible pour l'emmener à l'hôpital, il est préférable de le faire conduire par ce chauffeur, à condition que cela ne cause aucun retard.
Réponse
Lorsqu'il est nécessaire de prendre un aliment du réfrigérateur pour sauver une vie pendant Chabbat, et que l'ouverture de la porte allume automatiquement une lumière, il est permis de profiter de cette occasion pour sortir d'autres aliments destinés à d'autres usages. Cependant, il est interdit de refermer la porte du réfrigérateur, car éteindre la lumière n'est d'aucune utilité pour le malade. Si l'on doit placer des médicaments dans le réfrigérateur pour un malade en danger, et que ceux-ci risquent de s'abîmer si la porte reste ouverte, et qu'il n'est pas possible de les conserver chez un voisin, il est alors permis de refermer la porte du réfrigérateur.
Réponse
De même, pour une voiture dont l'ouverture de la porte allume une lumière, si l'on y fait entrer un malade, il est permis de refermer la porte. Avant de fermer la porte, il faut, si possible, régler l'interrupteur de façon inhabituelle pour que la lumière reste allumée après la fermeture. Si cela n'a pas été fait pendant le trajet, il faudra, de manière inhabituelle, couper le contact pour que la lumière ne s'allume pas à la prochaine ouverture de la porte pour sortir le malade. Si manipuler l'interrupteur entraîne directement l'allumage ou l'extinction de la lumière, il ne faut pas y toucher.
Réponse
Celui qui appelle un hôpital, une station de secours ou un médecin, et qu'il est possible que le destinataire ait besoin du téléphone pendant Chabbat pour une autre urgence vitale, il est permis à l'appelant de raccrocher le combiné pour libérer la ligne. Cependant, de nos jours, en Israël, si le destinataire raccroche, la ligne se libère automatiquement après quelques instants. Ainsi, si le médecin raccroche, même si l'appelant ne le fait pas, le médecin pourra recevoir d'autres appels urgents. Par conséquent, l'appelant ne doit pas raccrocher. Toutefois, s'il y a un risque raisonnable que le médecin ne trouve pas l'adresse correcte, il est permis à l'appelant de raccrocher afin de pouvoir rappeler pour vérifier l'adresse si besoin.
Réponse
Il est permis d’entrer dans une cabine téléphonique publique pendant Chabbat, même la nuit, pour appeler un médecin ou autre en cas de danger pour un malade, même si cela allume automatiquement une lumière dans la cabine. Certains estiment qu’après avoir téléphoné, il est interdit de sortir de la cabine si cela éteint la lumière. Selon eux, il faudrait déposer un objet dans la cabine avant de sortir, ou demander à un non-juif d’y entrer, puis sortir. D’autres permettent de sortir même si cela éteint la lumière, car il s’agit d’un cas où l’on n’a pas d’intérêt à l’extinction et que l’interdit n’est que rabbinique. C’est cette opinion qui fait autorité. Ainsi, s’il n’y a pas de non-juif, il est permis d’être indulgent et de sortir de la cabine.
Réponse
Il est permis à un membre de la famille ou à toute personne en qui le malade a confiance d’accompagner le malade à l’hôpital pendant Chabbat, afin de l’encourager, de le soutenir ou d’aider les soignants.
Réponse
Une personne qui a transporté en voiture un malade en danger vers l’hôpital n’a pas le droit de rentrer chez elle en voiture pendant Chabbat, car il n’y a pas là de situation de pikouah nefesh. Toutefois, certains permettent de rentrer chez soi en voiture pendant Chabbat, de crainte que, si on l’en empêche, la personne refuse à l’avenir de transporter un malade en danger pendant Chabbat.
Réponse
Celui qui a été envoyé pendant Chabbat pour chercher un médecin pour un malade en danger a le droit d’accompagner le médecin en voiture, afin de lui indiquer le chemin et de le presser dans son déplacement vers la maison du malade. Il en est de même lorsqu’il est possible qu’il soit nécessaire pour une autre mission concernant le malade, ou s’il est possible que le malade ait besoin de lui.
Réponse
Pour toute maladie que les médecins considèrent comme dangereuse, même si elle n’affecte que la surface du corps, on transgresse Chabbat pour soigner le malade. Si les médecins sont partagés sur le caractère dangereux de la maladie, on transgresse Chabbat par doute. De même, si deux médecins estiment qu’il faut transgresser Chabbat pour le malade et que d’autres, même cent, s’y opposent, on transgresse Chabbat par doute. Si un seul médecin affirme qu’il faut transgresser Chabbat pour sauver le malade, et que deux autres médecins pensent le contraire, si ce médecin unique est nettement plus compétent que les deux autres, on suit son avis contre les deux. Même les médecins qui estiment que la maladie n’est pas dangereuse sont tenus de soigner ce malade pendant Chabbat, même si cela implique de transgresser Chabbat.
Réponse
Si un malade en danger affirme avoir besoin de quelque chose qui implique une transgression de Chabbat, et qu’il ressent qu’il risque d’être en danger sans cela, alors que le médecin estime que ce n’est pas nécessaire, on écoute le malade, car « le cœur connaît l’amertume de son âme ». Toutefois, il faut s’assurer que le malade est lucide. Mais si le malade dit avoir besoin d’un certain traitement et que le médecin affirme que ce traitement lui serait au contraire nuisible, on écoute le médecin.
Réponse
Même pour une maladie interne, il est obligatoire d'agir selon les lois naturelles et de suivre les instructions des médecins. Cependant, il convient de renforcer sa confiance en Hachem afin qu’Il inspire aux médecins la compréhension et la connaissance des racines de la maladie et de sa guérison.
Réponse
Lorsqu’il n’y a pas de médecin pour déterminer s’il y a un danger dans une situation, on peut se fier à toute personne ayant une certaine expérience et qui affirme qu’il y a un risque de danger dans cette maladie. Toute personne est considérée comme ayant un minimum de compétence à ce sujet, car en cas de doute sur une question de vie, on adopte la position la plus clémente.
Réponse
Si un médecin non-juif affirme qu'il y a un danger pour la vie dans la maladie d'une personne, on l'écoute et il est permis de profaner le Chabbat pour soigner ce malade.
Réponse
Si un médecin juif qui profane publiquement le Chabbat affirme qu'il y a un danger pour la vie et qu'il faut profaner le Chabbat pour ce malade, il convient de s'assurer de la nature de ce médecin : s'il est consciencieux, qu'il ne cherche pas à piéger les personnes religieuses et qu'il n'est pas opposé à la religion, on peut se fier à ses propos et alléger en cas de doute concernant la vie.
Réponse
Si l'on a devant soi un médecin observant la Torah et les mitsvot, et un médecin qui ne les observe pas, il faut préférer prendre le médecin religieux, afin qu'il limite la profanation du Chabbat à ce qui est strictement nécessaire, à condition que cela ne cause ni retard ni doute concernant la préservation de la vie.
Réponse
Un malade en danger qui souhaite que l'on fasse venir son médecin personnel, et qui ne se sent pas à l'aise si l'on fait venir un autre médecin habitant à proximité, il est permis de faire venir son médecin personnel même si cela entraîne une profanation du Chabbat.
Réponse
Si le malade n'est pas attaché à un médecin en particulier et que l'on a fait appel au médecin disponible, ce dernier est tenu de profaner le Chabbat pour le malade en cas de doute sur un danger pour la vie, et il ne peut pas renvoyer les proches du malade vers le médecin personnel de celui-ci.

