Questions pratiques
Fixer des temps d’étude de Torah la nuit
Réponse
Il faut être particulièrement vigilant quant à l’étude de la Torah la nuit, encore plus que pendant la journée. Celui qui néglige l’étude nocturne encourt une sanction plus grande, car les Sages ont enseigné que la nuit n’a été créée que pour l’étude de la Torah. Toute personne qui s’adonne à l’étude de la Torah la nuit, Hachem lui accorde un fil de grâce durant la journée, comme il est dit : « Le jour, Hachem ordonnera Sa bonté, et la nuit, Son chant est avec moi. » De plus, celui qui étudie la Torah la nuit a la présence de la Chekhina en face de lui, comme il est dit : « Lève-toi, chante la nuit », et il est écrit ensuite : « Répands ton cœur comme de l’eau devant la face de Hachem. » Les talmide hakhamim qui étudient la Torah la nuit sont considérés comme s’ils accomplissaient le service du Beth Hamikdash. Le Rambam écrit que celui qui souhaite mériter la couronne de la Torah doit être vigilant toutes les nuits et ne pas en perdre une seule par le sommeil, la nourriture, la boisson ou la conversation. Même en été, lorsque les nuits sont courtes, il faut veiller à ne pas les perdre sans étude de la Torah. Toute maison où les paroles de Torah ne sont pas entendues la nuit sera consumée par le feu. Celui qui ne rajoute pas à son étude nocturne, à D.ieu ne plaise, mourra du monde.
Réponse
Le temps de sommeil d’une personne la nuit n’est pas fixé de manière stricte, tout dépend de la santé de chacun. Cependant, il est certain qu’il ne faut pas dormir plus que ce qui est nécessaire pour sa santé. Un excès de sommeil est nuisible pour les tsadikim et pour le monde, car ils ne s’occupent alors pas de l’étude de la Torah.
Réponse
Si une personne s’est fixé un temps d’étude quotidien et qu’elle a été empêchée de l’accomplir durant la journée, elle doit le compléter immédiatement la nuit. Même lors des nuits courtes, il est obligatoire de rester éveillé pour compléter sa part d’étude, car cela est considéré comme un vœu. En effet, toute pratique de mitsva que l’on accomplit trois fois sans préciser « sans vœu » devient pour lui comme un vœu.
Réponse
Il est permis de lire le Tanakh avec le commentaire de Rachi, ou des ouvrages similaires, la nuit, que ce soit seul ou en groupe. Il est également permis de lire des Tehilim la nuit après la moitié de la nuit, même les nuits de semaine, et a fortiori lorsqu’on lit pour un malade ou une femme en travail. Les nuits de Chabbat et de yom tov, il est permis de lire le Mikra toute la nuit. Une personne qui ne sait étudier que le Mikra ou le Tanakh est autorisée à lire le Mikra la nuit afin de ne pas rester inactif de paroles de Torah. Celui qui manque de temps est autorisé à lire le passage de « chnayim mikra ve-echad targoum » le vendredi soir. Il est aussi permis de lire la paracha de « Vezot Haberakha » en « chnayim mikra ve-echad targoum » la nuit de Simhat Torah.
Réponse
De prime abord, lorsqu’il est possible, il convient d’empêcher ses fils et ses filles de lire le Mikra ou les Tehilim la nuit, tant qu’il leur est possible d’étudier autre chose. Mais s’il ne leur est pas possible d’étudier un autre sujet, il est permis de lire le Mikra avec les enfants la nuit. De même, lorsqu’il y a un malade à la maison, il est permis aux jeunes enfants de lire des Tehilim même avant la moitié de la nuit, car cela est futile mais sans faute.
Réponse
Les Ashkénazes qui suivent l’avis du Rama et lisent dans le Sefer Torah la nuit de Simhat Torah n’ont pas à être empêchés de le faire sous prétexte qu’il est interdit de lire le Mikra la nuit, car dans ce cas il n’y a pas lieu de s’en inquiéter.
Lois de l’étude de la Torah
Réponse
Il existe une mitsva positive pour chaque homme juif d'étudier la Torah de manière pratique, selon ses capacités. Grâce à cela, il pourra également accomplir les mitsvot correctement et se préserver de toutes les interdictions de la Torah, comme il est dit : « Vous les étudierez et vous les garderez pour les accomplir. » Nos Sages ont enseigné : « L'étude est grande car elle mène à l'action. » C'est pourquoi chaque homme juif est tenu d'étudier la Torah, qu'il soit pauvre ou riche, en bonne santé ou souffrant, jeune ou âgé, même s'il est très affaibli. Même un pauvre qui vit de la charité et mendie, ou un homme marié avec des enfants à nourrir, doit fixer un temps pour l'étude de la Torah, de jour et de nuit, comme il est dit : « Ce livre de la Torah ne quittera pas ta bouche, tu le méditeras jour et nuit. »
Réponse
L'obligation d'étudier la Torah s'applique jusqu'au dernier jour de la vie, comme il est dit : « Prends garde à toi et veille bien sur ton âme, de peur que tu n'oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu'elles ne quittent pas ton cœur tous les jours de ta vie. » Tant qu'une personne n'étudie pas la Torah, elle oublie. Les paroles de la Torah ne subsistent pas chez celui qui se relâche dans leur étude, et la Torah ne se trouve pas chez ceux qui étudient dans le confort, en mangeant et en buvant, mais chez celui qui se sacrifie pour la Torah, qui afflige son corps en permanence, et qui ne donne pas de sommeil à ses yeux ni de repos à ses paupières. Les Sages ont fait allusion à cela en disant : « Cette Torah, l'homme qui meurt dans la tente », c'est-à-dire que la Torah ne subsiste que chez celui qui se sacrifie dans les tentes des sages. De même, il est dit : « Si tu faiblis au jour de la détresse, ta force est réduite. » Et encore : « Même ma sagesse m'est restée », c'est la Torah que j'ai étudiée dans la difficulté qui m'a été bénéfique. Ainsi est la voie de la Torah : tu mangeras du pain avec du sel, tu boiras de l'eau en petite quantité, et tu te fatigueras dans la Torah.
Réponse
Celui qui oublie une chose de son étude est considéré comme ayant commis une faute grave. Toutefois, cela ne concerne que celui qui s'occupe de choses futiles et ne révise pas son étude. En revanche, s'il a oublié à cause de la consommation d'olives ou d'autres aliments qui entraînent l'oubli, il n'y a pas là d'interdiction de la Torah.
Réponse
Certains disent que ce que les Sages ont affirmé, à savoir que « celui qui oublie une chose de son étude est considéré comme ayant commis une faute grave », ne s'appliquait qu'à l'époque des premiers, lorsqu'ils étudiaient tout par cœur. Mais après la rédaction du Chass, cette règle ne s'appliquerait plus. D'autres ne sont pas d'accord avec cet avis.
Réponse
Il est obligatoire de répartir son étude quotidienne en trois parties : un tiers pour la Torah écrite, c'est-à-dire le Tanakh, un tiers pour la Michna, et un tiers pour le Talmud. Par exemple, si une personne travaille pour subvenir aux besoins de sa famille pendant trois heures par jour et qu'il lui reste neuf heures, elle consacrera trois heures à l'étude du Mikra, trois heures à la Michna et trois heures au Talmud et aux décisionnaires, afin de comprendre et d'enseigner la halakha dans la pratique, et d'apprendre à déduire une chose d'une autre, pour établir la halakha selon la règle. Cette répartition concerne le début de l'étude d'une personne. Mais lorsqu'il aura progressé dans la Torah, il consacrera tout son temps à l'étude du Talmud et des décisionnaires, selon sa capacité de compréhension, afin de parvenir à la halakha pratique, de savoir comment accomplir les mitsvot, ce qui est permis ou interdit, et de comparer les cas pour comprendre et enseigner la halakha dans la pratique. À certains moments, il lira tout de même la Torah écrite et la Michna, afin de ne pas oublier les lois de la Torah.
Réponse
Toute cette règle selon laquelle il faut répartir son étude entre Mikra, Michna et Talmud concerne les talmide hakhamim qui ont du temps libre et étudient toute la journée, neuf heures ou plus, et ne sont pas occupés à trancher la halakha pour la communauté. Ceux-là répartiront leur étude comme indiqué. Mais les personnes actives qui n'ont que deux ou trois heures par jour pour étudier ne doivent étudier que les lois pratiques de la Torah à partir du Choulhan Aroukh et de ses commentateurs, de leur bouche nous vivons, car c'est la base et l'essentiel de l'étude dans notre sainte Torah, afin de savoir ce qu'Israël doit faire. Ils ne sont en aucune façon quittes de l'obligation de la mitsva de l'étude de la Torah par l'étude de la Michna et de la Guemara seules, car on n'apprend pas la halakha à partir du Talmud. De même, ce que les Sages ont dit : « Celui qui étudie les halakhot chaque jour est assuré d'être du monde futur », cela concerne les halakhot tranchées. Par conséquent, ces personnes doivent étudier avec un talmid hakham confirmé le Choulhan Aroukh et les Aharonim, afin de savoir ce qu'Israël doit faire, car c'est l'essentiel de l'étude qui mène à l'action. Mais ceux qui étudient uniquement le « daf yomi » du Talmud n'en sont pas du tout quittes de l'obligation de la mitsva de l'étude de la Torah, car il a été écrit par le Gaon Rabbi Meïr ben Migash qu'à notre époque, personne ne peut trancher la halakha à partir du Talmud, mais seulement selon les décisions des Guéonim. Ceux qui pensent pouvoir trancher la halakha par la seule force de leur analyse du Talmud, il convient de les empêcher de le faire, car il n'y a personne de qualifié pour cela à notre époque. Cependant, celui qui a quatre heures ou plus par jour pour étudier, consacrera trois heures à l'étude de la halakha, et le reste à l'étude de la Guemara et des Richonim, selon ses capacités.
Réponse
Une personne qui participait régulièrement chaque jour à un cours de Talmud dans le cadre du "Daf Yomi" et souhaite désormais assister à un cours de halakha sur le Choulhan Aroukh et les Aharonim, dispensé par un talmid hakham apte à enseigner, à la place du cours de "Daf Yomi", n'est pas considérée comme ayant pris un vœu par son habitude précédente. Elle est donc autorisée à interrompre l'étude du "Daf Yomi" sans avoir besoin d'une annulation de vœu, et peut fixer son étude sur la halakha pratique. De plus, si à l'heure du "Daf Yomi" il existe ailleurs un cours de halakha donné par un enseignant compétent, il convient de privilégier l'étude de la halakha sur celle du "Daf Yomi", car il s'agit d'une élévation dans la sainteté, afin de comprendre et de connaître les lois du permis et de l'interdit dans la pratique, et ainsi éviter de trébucher, à D.ieu ne plaise, dans la profanation du Chabbat ou dans une berakha vaine, ou autres cas similaires, car une erreur dans l'étude peut entraîner une faute volontaire. Un homme craignant Hachem accomplira les deux, et s'il lui est possible, il étudiera chaque jour à la fois le "Daf Yomi" et la halakha, et il trouvera ainsi le bien.
Réponse
Il est néanmoins juste et recommandé d'étudier de temps à autre des ouvrages de moussar et d'agada qui conduisent à la crainte du Ciel. Il ne faut certainement pas enseigner des paroles d'agada qui paraissent étranges aux yeux du grand public ou des personnes peu instruites, ainsi qu'aux jeunes élèves. Il est très bon de lire chaque jour le "Hok leIsrael". Les Hakhamim ont déjà institué de lire chaque jour la paracha du Tamid, le chapitre "Eizehou Mekoman" et la "Baraita de Rabbi Yishmael", afin que l'on soit considéré comme ayant étudié le Mikra, la Michna et la Guemara. Ainsi, un talmid hakham dont l'étude de la Torah est l'occupation principale n'est pas obligé de lire le "Hok leIsrael" et il s'acquitte de l'obligation de la triple étude dans l'ordre de sa tefila. Toutefois, il est bon et juste que même un ben yeshiva fixe un temps d'étude dans le "Hok leIsrael".
Réponse
L'essentiel de la mitsva de l'étude de la Torah ne consiste pas à réciter sans aucune compréhension, mais la mitsva du Talmud Torah est d'étudier en comprenant le sujet, et il ne suffit pas de comprendre simplement le sens des mots, a fortiori s'il ne s'agit que d'une simple récitation. Cela répond à ceux qui pratiquent une "segoula" pour terminer tout le Chas en un temps très court, sans compréhension approfondie, car il est clair qu'il s'agit d'une perte de temps et d'une annulation de l'étude de la Torah.
Réponse
L'étude approfondie de la Guemara et des Richonim, que ce soit dans l'ordre Nezikin ou dans d'autres domaines de la Torah, est une chose sublime et sans égal, et c'est là l'essentiel de l'étude : apprendre avec compréhension et analyse, et non de manière superficielle. Tout ben Torah ou avrekh doit examiner sa méthode d'étude, pour savoir s'il analyse avec des raisonnements justes ou non. Il doit s'éloigner des pilpoulim stériles et des distinctions forcées éloignées de la vérité, mais il doit se fixer pour objectif de conclure la souguia selon la halakha, et étudier avec une analyse droite et correcte. Pour garantir une compréhension authentique du texte de la Guemara, il convient d'étudier le Maharsha, dont la justesse d'analyse est impressionnante, peu de mots contenant beaucoup de sens dans la compréhension du sens simple, et d'étudier les Richonim sur la souguia, et parmi les Aharonim, comme le Ketsot HaHoshen et le Dishran, dans ce qui concerne la souguia, car leurs propos sont empreints de bon sens et de connaissance. Il convient également de consulter le Mishneh LaMelekh, le Mahane Ephraim et le Shaar HaMelekh, pour s'orienter dans les hiddouchim de Torah que l'on souhaite développer.
Réponse
Même celui qui ne peut pas étudier en raison de ses nombreuses préoccupations liées à la parnassa doit s'efforcer de trouver du temps libre pour s'occuper des halakhot et des lois de la Torah, en particulier pendant les Chabbatot et les fêtes, afin d'accomplir "Vechinantam levanekha". Il devra également s'efforcer d'étudier au moins deux halakhot chaque jour, afin d'entrer dans la catégorie de celui dont il est dit : "Quiconque étudie les halakhot chaque jour, il est assuré qu'il est destiné au monde futur."
Réponse
Quiconque ne peut pas étudier convenablement à cause de ses nombreuses préoccupations, ou parce qu'il ne sait pas étudier, devra contribuer généreusement aux institutions de Torah et aux yeshivot, ou soutenir un talmid hakham assidu dans son étude, et cela sera considéré comme s'il avait lui-même étudié la Torah. Comme il est dit dans Bereshit Rabba : nous voyons que Zevouloun s'occupait du commerce, apportait des marchandises par bateau et les vendait, puis donnait à Issakhar tout ce dont il avait besoin pour qu'il puisse se consacrer à l'étude de la Torah. C'est pourquoi, lorsque Moshé bénit les tribus d'Israël, il plaça la bénédiction de Zevouloun avant celle d'Issakhar, car sans Zevouloun, Issakhar n'aurait pas pu étudier la Torah. Issakhar mérita d'établir deux cents chefs de Sanhédrin. À propos de Zevouloun, il est dit : "Elle est un arbre de vie pour ceux qui la soutiennent, et ceux qui la soutiennent sont heureux." Néanmoins, même celui qui soutient la Torah, à l'image de Zevouloun, ne doit pas s'abstenir totalement de l'étude de la Torah, mais il devra fixer un temps pour étudier la halakha, afin de savoir comment agir en tant que Juif et observer le Chabbat comme il se doit, car s'il n'étudie pas, comment pourra-t-il accomplir ?
Réponse
Un sage qui étudie la Torah et reçoit une allocation de soutien régulière afin de pouvoir étudier toute la journée n’a pas à craindre que cette allocation ou cette récompense lui fasse perdre une partie de la récompense spirituelle de son étude. Même s’il signe un contrat de type Yissakhar et Zevoloun avec un bienfaiteur, il n’a aucune raison de s’inquiéter d’une diminution de sa récompense, et il recevra sa récompense entière. En tout état de cause, il est préférable d’agir ainsi plutôt que de subvenir à ses besoins par son propre travail manuel, ce qui l’obligerait à interrompre son étude plusieurs heures, car l’étude continue de la Torah tout au long de la journée procure une satisfaction accrue à Hachem.
Réponse
On ne doit étudier que le Mikra, la Michna, le Talmud et les poskim uniquement. Et non l'étude des autres disciplines, telles que la philosophie ou similaires. Comme il est enseigné : on profite de leurs fruits dans ce monde et le capital reste pour le monde futur, et l’étude de la Torah surpasse tout. Par cela, on mérite la vie dans ce monde et dans le monde futur. On ne trouve la crainte du Ciel, la diligence, la pureté, la sainteté et la véritable humilité que chez ceux qui se consacrent à l’étude de la Michna, du Talmud et des poskim. Ce n’est qu’occasionnellement que certains permettent de lire des livres de sciences naturelles ou d’autres disciplines, à condition qu’ils ne contiennent pas de paroles de minout. Celui qui ne croit pas en la Torah orale, c’est-à-dire la Michna et le Talmud, est considéré comme un hérétique et s’exclut du peuple d’Israël. Toutefois, ce n’est qu’occasionnellement qu’il est permis de lire des livres de sciences naturelles ou d’autres disciplines, à condition qu’ils ne contiennent aucune parole de minout ou d’hérésie.

