
Une opération qui fait la part belle aux rabbins issus du Collectif d’Initiative Rabbinique (CIR) que dirige le rabbin Mickaël Journo de Fontenay-aux-Roses. Dix de ses membres composent ainsi la nouvelle direction de l’Association du Rabbinat français. Avec le CIR, ces jeunes rabbins avaient tenté de « ruer dans les brancards » avant de voir leur énergie s’émousser. Ils comptent en tout cas profiter de leur nouvelle plateforme pour mener à bien leur projet « d’apporter un nouveau souffle au Consistoire ». En attendant, les treize membres devront désigner leur secrétaire général dans les prochaines semaines, dès que le grand rabbin de France, qui préside de droit l’Association du Rabbinat français, aura réuni le nouveau bureau.
Mais le renouveau de l’association va en réalité plus loin que l’alternance dans la composition de son équipe dirigeante. Ses statuts ont en effet été modifiés afin de l’impliquer plus dans la vie du Consistoire central. En veilleuse depuis de nombreuses années, elle peut espérer jouer un rôle clé dans certains secteurs.
L’un de ses représentants siégera ainsi désormais à la « commission de classement » aux côtés des grands rabbins de France et de Paris, du directeur de l’École rabbinique et d’un représentant des présidents de communauté. Chargée de présélectionner quatre candidats lors de l’ouverture d’un poste de rabbin dans une communauté, cette structure est destinée à mettre fin au débauchage sauvage des rabbins par certains présidents de communautés.
Autre nouveauté, l’Association du Rabbinat français disposera désormais de dix voix contre seulement deux auparavant à l’Assemblée générale du Consistoire central. Ce qui lui conférera un poids certain, puisque c’est là que sont désignés, entre autre, le grand rabbin de France et le président du Consistoire.
Mais cet accroissement du champ de compétence de l’Association du Rabbinat en interne risque fort de se voir concurrencer par une structure à la représentativité plus large. Ses statuts limitent en effet l’adhésion à l’association aux rabbins diplômés de l’École rabbinique. Une règle qui exclut de fait les nombreux rabbins qui animent des communautés consistoriales et qui, faute d’être passés par la rue Vauquelin, doivent se contenter du titre de « délégués rabbiniques ». Certaines autorités rabbiniques, comme le grand rabbin de Marseille Réouven Ohana, sont ainsi également concernés.
La création d’une nouvelle association ouverte à tous les rabbins ou délégués rabbiniques serait d’ailleurs en projet. Une structure dont le grand rabbin 'Haïm Korsia pourrait déposer les statuts dans les prochaines semaines. Interrogé par Hamodia, celui-ci ne dément ni ne confirme, mais livre une confidence sibylline : « Les statuts de l’Association du Rabbinat français sont très anciens et pas forcement adaptés aux nouvelles réalités. Il y a besoin d’un nouvelle association qui permette plus de liens, plus de mise en réseau, et plus de complémentarité ».
Source : Hamodia
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