
En mai 1998, mai 2005 et septembre 2008, "le maire de Sanary a invité des adultes, des lycéens et des collégiens à faire un long voyage: une traversée de l'Europe de Marseille à Cracovie pour effectuer un parcours de mémoire à Auschwitz". Cela dans l'esprit de faire prendre conscience à la jeunesse de cette horreur, et que le devoir de mémoire ne soit pas qu'une simple parole.
Deux photographes de Var Matin participèrent à deux de ces voyages, le maire expliquant: "je ne voulais pas que ces clichés restent rangés dans un tiroir, je souhaitais les partager et je vous remercie d'avoir accepté l'exposition de ces photos de qualité". Dominique Leriche nous expliquait: "on était des témoins, il fallait garder une distance et ne pas se laisser submerger par la charge émotionnelle du lieu", Laurent Martinat ajoutant: "le sujet appelle à la sobriété, il fallat rester à une distance respectable des témoins véritables.
On ne voulait pas faire d'images esthétisantes, graphiques avec ce sujet". Puis de spécifier: "on a ramené des images modestes. Il y a un devoir de mémoire important même si cette étrange période électorale nous montre que la bête est toujours là". Lors de cette inauguration de dimanche matin, il y avait un air solennel et parfois grave.
La rabbin Moha remercia le maire et insista sur ce point: "je me souviens lors de ce voyage du vertige devant cette grande étendue, de cette catastrophe". Et Jean Picano qui a participé à cette exposition dans la rédaction des commentaires fit une ode à Sanary: "j'ai dit ce matin à mes amis juifs et chrétiens: venez à Sanary il y a la liberté du discours... là où se trouve la liberté, là est la patrie".
L'exposition mérite le détour à bien des égards, et les deux photographes, avec un talent certain, rendent compte de la charge émotionnelle que l'on doit ressentir sur ce lieu. Les images sont évocatrices et d'une grande sobriété, ne tombant pas dans la facilité de l'émotion, laissant libre cours à chacun. Chaque cliché renvoie à une violence et la force des images ne pourra pas laisser indifférente.
Jean Picano écrivait dans ses carnets: "j'ai levé mes yeux pleins de larmes pour regarder notre jeunesse. Filles et garçons étaient aussi émus que nous et leurs mains déposaient la rose avec la délicatesse et la douceur qu'on doit avoir pour les choses sacrées... les jeunes gens silencieux, j'ai vu leur conscience politique s'éveiller..."
Source : six-fours.net
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